
Auteur : Jean-Claude Michéa
Titre de l’ouvrage : Impasse Adam Smith – Brèves remarques sur l’impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche
Date de parution, éditeur, nombre de pages : 2006, Champs Flammarion, 185
Sujet : Le livre se compose de trois séries de propositions numérotées (I, II et III) suivies de scolies (notes complémentaires).
Qui est Jean-Claude Michéa ?
Jean-Claude Michéa, agrégé de philosophie montpellierain et enseignant à l’université et au lycée, est un socialiste orwellien (Georges Orwell, auteur du roman visionnaire 1984), c’est-à-dire partisan d’une “société libre, décente et égalitaire”. Dans ses œuvres successives, Michéa dénonce l’esprit nomade, cosmopolite, “sans-frontièriste” et soixante-huitard du capitalisme, et impute les échecs successifs de la gauche à son adhésion à cet esprit et aux valeurs correspondantes.
Résumé du livre
Face à “l’utopie libérale” portée par les “différents maîtres du monde” qui cherchent à nous imposer “toutes les modernisations” supposées nous apporter “un progrès merveilleux vers la Terre promise”, il faut mener un combat radical fondé sur la décence commune (selon l’expression common decency inventée par Georges Orwell), c’est-à-dire la morale des “gens ordinaires”. Mais d’abord consommer une “une rupture radicale avec l’imaginaire intellectuel de la Gauche”, devenue incapable de lutter efficacement contre le rouleau compresseur libéral. En diffusant “l’esprit” nomade, libertaire et multiculturel du capitalisme dans la société (par la propagande publicitaire, l’informatique à l’Ecole, via la libéralisation des mœurs, etc.), la gauche participe à la “fabrication” totalitaire de “l’homme nouveau”, utile à l’utopie libérale dont l’objectif est “l’enrichissement de tous dans un monde pacifié, toujours plus libre et toujours plus heureux”. L’homme moderne doit “s’épuiser à être de gauche pour que le monde continue à être de droite” (droite et gauche sont des termes employés par commodité de langage, pour Michéa ce clivage n’existe pas). Autrement dit : le capitalisme exige que “tout ce qui est sacré soit profané” (Marx, 1848). Aujourd’hui, la “tâche politique fondamentale” est de combattre cette “idéologie terriblement destructrice pour l’humanité” que veulent nous imposer les élites. L’ennemi prioritaire est le Système politico-économique actuel : libéral dans les mœurs et libéral en économie. Par conséquent, le conservatisme comme “désir de conserver les choses anciennes”, qui “conduit aux transformations les plus radicales”, est la base de toute révolution possible.
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