Jean-Jacques! Aime ton pays.

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

Je me souviens d’avoir été frappé dans mon enfance d’un spectacle assez simple, et dont pourtant l’impression m’est toujours restée, malgré le temps et la diversité des objets. Le régiment de Saint-Gervais avait fait l’exercice et, selon la coutume, on avait soupé par compagnies. La plupart de ceux qui les composaient se rassemblèrent, après le souper, dans la place de Saint-Gervais, et se mirent à danser tous ensemble, officiers et soldats, autour de la fontaine, sur le bassin de laquelle étaient montés les tambours, les fifres, et ceux qui portaient les flambeaux. Une danse de gens égayés par un long repas sembleraient n’offrir rien de fort intéressant à voir ; cependant l’accord de cinq ou six cents hommes en uniformes, se tenant tous par la main, et formant une longue bande qui serpentait en cadence et sans confusion, avec mille tours et retours, mille espèce d’évolutions figurées, le choix des airs qui les animaient, le bruit des tambours, l’éclat des flambeaux, un certain appareil militaire au sein du plaisir, tout cela formait une sensation très vive qu’on ne pouvait supporter de sang-froid. Il était tard, les femmes étaient couchées ; toutes se relevèrent. Bientôt les fenêtres furent plein de spectatrices qui donnaient un nouveau zèle aux acteurs : elles ne purent tenir longtemps à leurs fenêtres, elles descendirent ; les maitresses venaient voir leurs maris, les servantes apportaient du vin ; les enfants, même, éveillés par le bruit, accoururent demi-vêtus entre les pères et les mères. La danse fut suspendue ; ce ne furent qu’embrassements, ris, santés, caresses. Il résulta de tout cela un attendrissement général que je ne saurais peindre, mais que, dans l’allégresse universelle, on éprouve assez naturellement au milieu de tout ce qui nous est cher. Mon père, en m’embrassant, fut saisi d’un tressaillement que je crois sentir et partager encore. « Jean-Jacques, me disait-il, aime ton pays. Vois-tu ces bons Genevois ? Ils sont tous amis, ils sont tous frères, la joie et la concorde règnent au milieu d’eux. Tu es Genevois ; tu verras un jour d’autres peuples ; mais, quand tu voyagerais autant que ton père, tu ne trouveras jamais leurs pareils.

Jean-Jacques Rousseau

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Dominique Venner, Ernst Jünger. Un autre destin Européen

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

Un nouveau livre de Dominique Venner : Ernst Jünger. Un autre destin Européen

En librairie depuis le 15 mai 2009. Il s’agit de la première biographie consacrée en France à Ernst Jünger, grande et énigmatique figure du XXe siècle. Le 9 janvier 1995, à la veille de son centenaire, il adressait ce message de connivence à Dominique Venner : « Nous autres, camarades, nous pouvons montrer nos blessures ! »

Image Hosted by ImageShack.usLe livre :
Très jeune héros de la Grande Guerre, nationaliste opposé à Hitler, ami de la France, Ernst Jünger (1895-1997) fut le plus grand écrivain allemand de son temps. Mais ce n’est pas rendre service à l’auteur d’Orages d’acier que de le ranger dans la catégorie des bien pensants. Il n’a cessé au contraire de distiller un alcool beaucoup trop fort pour les gosiers fragiles. C’est ce Jünger, dangereux pour le confort, que restitue Dominique Venner. Il y replace l’itinéraire de l’écrivain dans sa vérité au cœur des époques successives qu’il a traversées. Belliciste dans sa jeunesse, admirateur d’Hitler à ses début, puis opposant irréductible, subsiste en lui le jeune officier héroïque des troupes d’assaut qui chanta « la guerre notre mère », et l’intellectuel phare de la “Révolution conservatrice”. Mais il fut aussi le guerrier apaisé qui tirait gloire d’avoir donné son nom à un papillon.

Dans cette biographie critique, Dominique Venner montre qu’aux pires moments du siècle, Jünger s’est toujours distingué par sa noblesse. En cela il incarne un modèle. Dans ses écrits, il a tracé les lignes d’un autre destin européen enraciné dans les origines et affranchi de ce qui l’opprime et le nie.

Dominique Venner, Ernst Jünger. Un autre destin Européen. Editions du Rocher, 240 p..

Source : le site Internet Dominique Venner.

Disponible en particulier sur Libre-Diffusion.com.

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Les JI font de la diplomatie

Categorie(s) : Communiqués, Images, par JI Genève

Alors que des accords de réadmission ont été signés avec l’Algérie en 2006 déjà, les autorités suisses ont toutes les peines du monde à renvoyer les clandestins de ce pays. Il faut dire que le département de Micheline Calmy-Rey n’y met pas beaucoup du sien.  En effet, l’Algérie a pu faire l’acquisition d’un luxueux château pour établir sa mission sans que notre chère conseillère fédérale socialiste ne profite de l’occasion pour conditionner cette vente par le renvoi des clandestins algériens.

Angélisme cosmopolite ou incompétence, en tout cas les Jeunesses Identitaires ont décidé de faire comprendre au gouvernement algérien que les Genevois en avaient assez et qu’il est temps qu’il reprenne ses clandestins. Un message sans ambigüité a donc été accroché au portail de la mission algérienne.

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Le combat du Taureau suisse contre le Lion d’Autriche

Categorie(s) : Textes, Traditions, par JI Genève

A Sempach, devant la forêt, à Sempach, sur une prairie, le Taureau suisse a rencontré le Lion d’Autriche.
Il y avait longtemps que le Taureau cherchait le Lion, car sa patience était à bout.
Sa patience était à bout : le Lion d’Autriche avait recommencé à lui fouler son herbe, à lui ravir ses vaches et ses veaux.
Entre le Lion et le Taureau, point de trêve durable. Ils s’étaient déjà battus plusieurs fois, et toujours le Lion avait été vaincu, malgré ses griffes et ses crocs, et sa crinière, et sa queue en panache, et ses terribles rugissements. Le Lion portait au corps maintes blessures qui n’étaient pas cicatrisées.
Il portait au corps maintes blessures qui le brûlaient et qui se recouvraient ; il portait au corps maintes blessures dont il avait honte, car c’était un taureau qui l’avait blessé, car c’était une vache qui l’avait frappé. Il avait juré de se venger ou de périr : il y allait de son honneur.

*
*    *

A Sempach, devant la forêt, à Sempach, sur une prairie, le Taureau suisse a rencontré le Lion d’Autriche.
Le Taureau n’était pas très grand ; gris et noir, il ressemblait à un rocher couvert de mousse. Quand il avait posé dans l’herbe ou dans le sable, sur les pierres ou sur la terre ses quatre sabots fendus, on sentait bien, on voyait bien que nulle force ne le ploierait, qu’il arrêterait une avalanche.
Le Taureau était pacifique : si l’on n’entrait pas dans son domaine, on n’avait de lui rien à craindre. On pouvait l’approcher avec de bonnes paroles ; il se laissait flatter le col et l’échine.
On pouvait encore l’injurier longtemps avant qu’il ne bouge, l’injurier et lui jeter des cailloux et des mottes : d’abord il ne répondait pas, il ne daignait pas répondre, il continuait à brouter en chassant les mouches ; et puis il vous regardait de travers et ses oreilles remuaient ; et, tout à coup, il baissait les cornes. Alors, il fallait se hâter grimper à l’arbre, sauter par-dessus la haie.

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A Sempach, devant la forêt, à Sempach, sur une prairie, le Taureau suisse a rencontré le Lion d’Autriche.
Le Taureau dit au Lion : « Seigneur Lion, bonjour, bonsoir ! comment vas-tu ? comment vont tes blessures ? ta belle lionne est-elle toujours aussi exigeante ? tes lionceaux ont-ils toujours autant d’appétit ? je le suppose, puisque tu es ici. »
Le Lion dit au Taureau : « Fils de vache, qui couches sur la bouse, nous avons de vieux comptes à régler ensemble et la quittance n’est pas signée. »
La Taureau répondit au Lion : « Cela va bien ; je la signerai sur ta noble peau, une fois de plus, à la pointe de mes cornes, et ton sang me servira d’encre. Veux-tu combattre ici ? c’est un honneur que je ne puis refuser à un duc. »
Le Lion répondit au Taureau : « Je me souviens de bien des choses, elles sont toutes portées sur le compte.
» Je me rappelle que, devant Laupen, tu m’as navré outre mesure ; tu avais l’Ours de Berne avec toi… »
« Oui, répliqua le Taureau, mais tu avais avec toi pour te défendre le Lion de Kibourg, ton compagnon l’Oiseau de Gruyère, ton serviteur, le Cheval pie de Fribourg, et vingt autres bêtes encore : tu as pourtant reçu des coups. »
« … Je me rappelle qu’au Morgarten, toi et ta vache, vous m’avez surpris lâchement : vous m’avez lancé des troncs de sapin. Je me souviens de tout cela et toutes les autres injures. C’est pourquoi je me suis dit : le Taureau suisse a des remords, je vais aller le confesser ; je lui donnerai l’absolution avec mes griffes, avec mes dents je lui infligerai une pénitence. »

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*     *

A Sempach, devant la forêt, à Sempach, sur une prairie, le Taureau suisse a rencontré le Lion d’Autriche.
Le Lion se mit à rugir, le Taureau se mit à mugir ; ils s’observèrent, ils s’attaquèrent : ce fut le Lion qui commença.
Le Lion bondit sur le Taureau, mais le Taureau baissa la tête : il lui enfonça les deux cornes dans le ventre, il le secoua, il le rejeta en l’air derrière lui.
Le Lion tomba, le Lion voulu se relever ; mais il avait le ventre ouvert. La prairie, devant la forêt, devint rouge de sang.
Alors le Taureau dit au Lion : « Tu ne me fais guère pitié, tu n’as que ce que tu mérites. Si tu m’avais laissé tranquille, tu ne serais pas si malade.
» Mais voilà ! tu es incorrigible. J’en suis sûr, sitôt guéri, tu recommenceras.
» Maintenant je te donne un conseil : retourne auprès de ta belle femme ; tu lui raconteras que tu es tombé en chemin, que tu t’es fait mail au pied dans la montagne que tu ne lui rapportes rien encore.
» Ou bien tu lui diras que tu avais soif, que tu t’es arrêté à l’auberge et que tu as trouvé le voyage trop difficile. »
Et le Lion ne répondit mot : il se remit comme il put sur ses pattes il s’enfuit en boitant, la queue entre les jambes. « Où t’enfuis-tu riche Lion ? ta gloire, elle est vraiment petite ! »

Gonzague de Reynold, Contes et légendes de la Suisse héroïque

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Sigur Rós – Untitled #1

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Vladimir Volkoff – Petite histoire de la désinformation

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

Auteur : Vladimir Volkoff

Titre de l’ouvrage : Petite histoire de la désinformation (Du cheval de Troie à Internet)

Date de parution, éditeur, nombre de pages : 1999, éditions du Rocher, 290 pages

Sur l’auteur :

Vladimir Volkoff (1932-2005) fut un écrivain français d’origine russe talentueux et extrêmement prolifique. Ses parents, Russes blancs, ont été forcés à l’exil pour échapper à la barbarie bolchevique. D’où l’intérêt de Volkoff pour l’histoire russe, la religion orthodoxe et son combat contre toute forme d’obscurantisme tel que, par exemple, le communisme et l’islamisme.

Diplômé en lettres classiques et docteur en philosophie il fut l’auteur de nombres de romans à succès tel que : Le Retournement, le Montage ainsi que sa fameuse trilogie sur les hommes du tsar ayant comme toile de fond l’interrègne en Russie.

Volkoff fut aussi connu pour avoir été le premier en France à parler de la désinformation au grand public. Il en fut naturellement l’un des plus brillants théoriciens.

Sujet : Cet ouvrage expose l’histoire et la technique de la désinformation. Avec des exemples de toutes époques, les villages Potemkine et la guerre de Bosnie par exemple, il décortique avec précision, les méthodes des deux grandes puissances de l’ancienne guerre froide, U.R.S.S surtout.
La désinformation et l’orientation des opinions est partout, même où elle ne devrait pars y figurer normalement.

Résumé :

Edité quelques années après « la désinformation arme de guerre (1986) » cet ouvrage ce veut une analyse et une synthèse plus abordable et actualisée. La définition que nous en fait l’auteur est assez explicite : « La désinformation est une manipulation de l’opinion publique, à des fins politiques, avec une information traitée par des moyens détournés. »

N’omettant aucune référence historique (cheval de Troie, Sun Tzu, la Vendée ou la dépêche d’Ems) , ce manuel définit également avec précision tous les mécanismes d’autres techniques de manipulation de masses tel que la publicité, la propagande ou l’intoxication psychologique.
Bien qu’à la même année, Volkoff écrivit un livre sur l’agression de l’O.T.A.N en Serbie (Désinformation : Flagrant délit ; même éditeur) et la désinformation tant journalistique que politique hors norme à la veille et pendant ce conflit. Un chapitre de qualité fait référence à la guerre de Bosnie et la manipulation des consciences occidentales.
Une partie mérite particulièrement l’attention, elle traite y de la désinformation politique destinée aux enfants par le support d’outils pédagogiques. Le procédé y est décrit avec nombres d’exemples édifiants. Les manuels français d’histoire, de sciences humaines ainsi que certains dictionnaires sont infestés de définitions, au premier abord anodines, mais lues avec attention apparaissent ouvertement orienté.
En bref ce livre fourmille de cas d’école étonnants et passionnants.

Citation(s) :
« De même que, selon la légende, quiconque a été saigné par un vampire devient vampire lui-même, le désinformé est amené à devenir désinformateur, quelquefois par candeur, mais souvent avec un enthousiasme morbide, débouchant, comme dans la propagande et la publicité sur l’irrationnel. » (Page 38)

« L’opportuniste Sun Tzu sait bien que le discrédit des valeurs traditionnelles est destructeur de l’identité d’un peuple, même sans mauvaises intentions de la part d’un tiers. » (Page 41)

« Appliquant les principes de Sun Tzu, le KGB a, en tout temps, encouragé le pacifisme chez l’adversaire, cependant que la propagande officielle était souvent belliciste en URSS. » (Page 109)

« Il faut prendre conscience du fait que nos enfants sont livrés à peu près sans défense à des maîtres dont certains sont endoctrinés par des théories subversives qu’ils essayent de propager sous l’effet d’un idéalisme probablement sincère et d’autant plus nocif. » (Page 163)

«Il existe à l’heure actuelle une tendance décadente qui consiste à nier qu’il y ait une vérité parce que reconnaître qu’il y en ait une impose des obligations, et d’abord celle de ramer, si besoin est, à contre-courant. Ce qui est bien fatigant pour des natures époumonées comme les nôtres. » (Page 269)

Appréciation personnelle : Ce livre pourtant technique n’est jamais indigeste, la plume de ce grand écrivain y est pour beaucoup. Rarement manuel fut aussi complet et nous permet de comprendre les procédés techniques de la désinformation avec autant de facilité et plaisir.
Livre indispensable à conseiller à tous, et cela sans prendre le moindre risque.

Ivan

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Comment peut-on être rebelle aujourd’hui ?

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Je me demande surtout comment on pourrait ne pas l’être ! Exister, c’est combattre ce qui me nie. Etre rebelle, ce n’est pas collectionner des livres impies, rêver de complots fantasmagoriques ou de maquis dans les Cévennes. C’est être à soi-même sa propre norme. S’en tenir à soi quoi qu’il en coûte. Veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse. Préferer se mettre tout le monde à dos que se mettre à plat ventre. Pratiquer aussi en corsaire et sans vergogne le droit de prise. Piller dans l’époque tout ce que l’on peut convertir à sa norme, sans s’arrêter sur les apparences. Dans les revers, ne jamais se poser la question de l’inutilité d’un combat perdu.”

Dominique Venner

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Deux écrivains suisses : Gonzague de Reynold et Denis de Rougemont

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Même si la Confédération Helvétique ne fait pas partie de l’actuelle Union européenne, elle n’en est pas moins, avec sa devise, “L’Unité dans la Diversité”, le pays européen peut-être le plus exemplaire. Situé au carrefour de la germanité et de la latinité, du Nord au Sud, de la Tradition et du Progrès, ce petit État jaloux de son indépendance fournira à l’Europe quelques-uns de ses penseurs les plus singuliers. Deux d’entre eux gagneraient à être mieux connu du public de langue française : Reynold et Rougemont.

Né le 13 juillet 1880 à Fribourg, dans une famille catholique d’officiers suisses d’origine savoyarde, pétri de tradition alémaniques tout autant que romanes, Gonzague de Reynold fut toute sa vie hanté par le souvenir de la grande Bourgogne. Avant la Première Guerre mondiale, il affirme ses convictions européennes : “Notre pays, nous le voudrions ouvert au monde, et d’abord à l’Europe à laquelle nous appartenons. Mais cette Europe ne serait devenir une super-puissance centralisatrice opprimant ses minorités. Il serait bon qu’elle s’unifie, mais des les perspectives d’une confédération inspirée par le modèle helvétique. Ainsi, chaque petit peuple pourrait vivre en paix selon son propre génie, fraternel mais différent. Une démocratie centralisatrice étoufferait les hommes, leur esprit créateur, leur destin particulier, inaliénable.” Lors de la crise des années trente, il publie L’Europe tragique, où se révèle son esprit conformiste, à la fois nationaliste et internationaliste. Entre 1944 et 1957, il publie les huit tomes d’une fantastique somme géopolitique et historique, dans laquelle il répond lucidement à la plus importante des questions de notre temps, Qu’est-ce que l’Europe ?, s’attachant aux différents apports qui ont marqué le continent: Grecs, Romains, Celtes, Germains, Slaves. On peut y découvrir les racines mêmes de notre identité. Le Fribourgeois de Reynold, mort le 9 avril 1970, à 90 ans, fut un grand Européen.

Son cadet, Denis de Rougemont, s’inscrit dans une même ligne spirituelle. Né le 8 septembre 1906 dans le canton de Neuchâtel, ce fils de pasteur calviniste voyagea à travers l’Europe et vécu longtemps à Paris où il devint un des plus importants “non-conformistes des années trente” et fréquenta la revue Esprit. Son livre Penser avec les mains témoigne d’une belle originalité et en fait un des chefs de file du courant “personnaliste”. Séjournant en Allemagne et hostile au national-socialisme, avant d’être mobilisé pendant la guerre dans l’armée suisse, il sera envoyé en mission de conférence aux États-Unis. Au lendemain du conflit, il milite dans le mouvement européen et publie en 1961 un livre capital : Vingt-huit siècle d’Europe, soulignant l’importance fondamentale de la pensée grecque dans l’élaboration de notre civilisation. Il partage totalement les idées de son compatriote Gonzague de Reynold et écrit : “Pour moi, comme pour tant de Suisses, passer de la petite patrie à la plus vaste, ce n’est pas infidélité à ma race, à mon clos natal. C’est aimer plus loin dans le même sens.” Il restera toute sa vie soucieux d’une grande synthèse entre les contradictions apparentes : spirituel et matériel, technique et tradition, autorité et liberté, unité et diversité, sécurité et risque, personne et communauté. Il meurt à Genève le 6 décembre 1985, mais son oeuvre garde encore aujourd’hui tout son intérêt.

J.M. in La Nouvelle Revue d’Histoire n°20

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Les Identitaires et l’Europe

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Dans le cadre de la tournée des Identitaires sur « l’Europe que nous voulons », les jeunes Identitaires du Dauphiné ont décidé de s’inviter à une conférence-débat sur le thème « être citoyen européen ». La conférence se tenait à la médiathèque de Valence le mercredi 13 mai 2009.

Le conférencier se borna surtout à présenter ce qu’est un citoyen, plutôt qu’à expliquer ce qu’est un Européen. On aura retenu que le citoyen européen d’aujourd’hui est quelqu’un qui « décide de son avenir », que c’est une personne « qui prend des décisions ». L’Europe quant à elle est « un objet politique hybride », « un espace indéfini » qui serait « né en 1957 ».

Il n’a alors pas été difficile pour notre jeune camarade de lancer le débat en prenant à revers le discours du conférencier et en emportant l’approbation de la salle. Au vu des applaudissements et des discussions engagées à la suite de cette intervention, nous pouvons dire que notre vision de l’Europe trouve un écho très favorable parmi la population.

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Denez Prigent & Lisa Gerrard – Gortoz a ran (J’attends)

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Reconnu comme un des plus grands chanteurs des pays celtes, Denez Prigent a su marier son chant avec des instrumentations électroniques d’avant-garde. En 1999, le journal Le Monde écrit : « Son exigence et son formalisme en font le seul à avoir réellement abouti » (Le Monde 2 juin 1999)

Conquis par ses compositions, le réalisateur américain Ridley Scott intègre un de ses chants dans la bande originale de son film « Black hawk down »

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En direct du Mouvement Identitaire Genevois