Histoire et tradition des Européens, Dominique Venner

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

dvennerAuteur : Dominique Venner

Titre de l’ouvrage : Histoire et Tradition des Européens – 30’000 ans d’identité

Date de parution, éditeur, nombre de pages : 2002, réédition 2004, Editions du Rocher, 270 pages

Sujet :

L’objet de ce livre est un retour aux sources, l’auteur s’interroge sur ce qu’est l’Europe et qui sont les Européens. Cette identité qui n’a rien à voir avec l’Union Européenne remonte à la préhistoire, comme le suggère le sous-titre « 30’000 ans d’identité ».

Résumé :

Le constat est clair, l’Europe est en grand danger. Partout dans le monde les identités s’affirment et seuls les Européens nient la leur.

Cette négation est expliquée par le nihilisme dont on trouve l’origine dans le matérialisme. L’auteur s’attache ensuite à expliquer comment les combattre. L’arme que les Européens ont entre leurs mains est la Tradition, il faut vivre selon celle-ci. C’est-à-dire :

Vivre selon la Tradition, c’est se conformer à l’idéal qu’elle incarne, cultiver l’excellence par rapport à sa nature, retrouver ses racines, transmettre l’héritage, être solidaire des siens. Cela veut dire également chasser de soi le nihilisme, même si l’on sacrifie en apparences aux normes pratiques d’une société qui lui est asservie par le désir. Cela implique une certaine frugalité afin de se limiter pour se libérer des chaînes de la consommation. Cela signifie retrouver la perception poétique du sacré dans la nature, l’amour, la famille, le plaisir et l’action. Vivre selon la tradition signifie encore donner une forme à son existence en se prenant pour juge exigeant, le regard tourné vers la beauté réveillée de son cœur plus que vers la laideur d’un monde en décomposition.

Pour vivre selon sa Tradition, encore faut-il la connaître. C’est pourquoi Dominique Venner nous propose ensuite une plongée dans l’identité européenne. Tout d’abord, il en éclaircit les origines qu’il fait remonter à la préhistoire et aux peintures rupestres des cavernes. Déjà à cette époque, de l’océan atlantique jusqu’à l’Oural on discerne une familiarité dans l’art animalier.

Sur cette aire d’expansion, on découvrira au XVIIIème siècle qu’une langue commune à tous les Européens fut parlée : l’Indo-européen. Cette découverte se base sur des comparaisons linguistiques entre les actuelles langues européennes.

Plus tard, des scientifiques s’engouffrèrent dans cette brèche pour découvrir que les mythologies des différents peuples européens étaient très familières, le père des ces études sur la mythologie comparée était Georges Dumézil. Ce fut également lui qui expliqua que les Européens ont très souvent organisé leurs cités et leur spiritualité selon la trifonctionnalité.

Toutes ces découvertes ont amené des scientifiques à s’interroger sur l’existence d’un peuple indo-européen. Cette hypothèse semble aujourd’hui être de plus en plus acceptée et l’on cherche même à définir quel fut le foyer d’origine du peuple indo-européen. L’auteur, en s’appuyant sur les récits mythiques de plusieurs peuples européens, situe celui-ci dans le nord de l’Europe.

Les Européens ont une origine commune mais ils ont aussi un poème épique qui de tout temps a été une source d’inspiration pour eux. En témoigne l’importance que les Européens lui ont toujours porté ; ce poème est le plus ancien que l’on connaisse. Malgré qu’il ait traversé trois millénaires, il nous est parvenu miraculeusement complet. Il s’agit bien entendu de l’œuvre d’Homère, l’Iliade et l’Odyssée.

On y voit les héros européens de toujours s’incarner dans les personnages d’Achille et d’Ulysse. Confrontés à la vie, à la mort, à l’amour et tourmenté par des sentiments comme la fidélité, l’infidélité, la haine, la pitié et le devoir de défendre sa patrie, les héros et donc l’œuvre d’Homère a donné au monde antique une organisation de vie spirituelle et de vie terrestre tout aussi fortement que le Christ au monde moderne dira Dostoïevski cité par Venner. Celui-ci ira même plus loin en déclarant que l’Iliade et l’Odyssée sont les livres sacrés des Européens.

Dans la guerre de Troie décrite par Homère dans ses deux livres, les Grecs se combattent entre eux. Quelques siècles plus tard, les Grecs d’alors seront confrontés à une menace très grave, l’invasion perse. C’est seulement à ce moment en se voyant dans l’œil de l’ennemi que les Grecs se rendront compte de leur unité. En effet, l’identité se perçoit quand il y a confrontation avec l’altérité.

Les auteurs grecs comme Platon diront que l’état normal entre les Grecs est la paix, mais face aux barbares l’état normal est la guerre. Aristote estimera que les barbares n’ont pas leur place dans la cité car ils sont un facteur de déstabilisation.

Pourtant une des plus grandes impulsions cosmopolites viendra de Grèce, lorsqu’Alexandre le Grand voulut unifier son immense empire asiatique à l’Europe. A titre d’exemple il prit pour femme une barbare asiatique et obligea ses 90 compagnons à en faire autant. A la mort de l’empereur, tous répudièrent leur femme à une exception près. L’empire immense, qui ne reposait que sur l’ambition démesurée d’un seul homme, s’écroula.

Rome trop bonne élève d’Alexandre mourra aussi de ses conquête. L’orientalisation de l’empire la tuera spirituellement, tandis que les barbares du nord réfugiés sur les terres d’empire aideront ceux qui sont restés en dehors à détruire les armées romaines.

Dominique Venner revient sur l’œuvre d’Homère qu’il confronte à plusieurs philosophes antiques dont Platon. Ce dernier n’appréciait pas la façon immorale dont les dieux se comportaient dans l’Iliade et l’Odyssée. Les néo-platoniciens eux, comme Jamblique, le divinisèrent. La postérité d’Homère devance celle de Platon.

L’autre immense apport antique à la civilisation européenne vient de Rome et ses nombreux legs en matière juridique, politique, morale et philosophique. Rome s’écroulera mais restera vivante chez les rois francs, les Habsbourg, Frédéric II et bien d’autres. Même au XXème siècle Venner voit dans les sacrifices pour leur pays de François-Joseph et du Maréchal Mannerheim l’expression de la devotio romaine.

L’imaginaire arthurien a notamment à travers les romans de Chrétiens de Troyes ou encore la Chanson de Roland permis à l’âme chevaleresque de survivre, aujourd’hui encore la chevalerie peut surgir là où on l’attend le moins.

Au XXème on a parlé de la libération de la femme, comme si tous les siècles antérieurs n’étaient qu’un âge sombre pour le sexe féminin. Or, en Europe, la femme a toujours été respectée et a bénéficiée d’une place particulière comme en témoigne par exemple l’amour courtois. Dominique Venner voit dans le couple Ulysse – Pénélope l’expression de deux principes opposés et complémentaires, à la manière de Mars et Venus qui pour le premier représente les vertus guerrières et la virilité et pour la seconde l’amour et la féminité.

Le nihilisme occidental n’affecte pas seulement les traditions mais transforme petit à petit les consommateurs en zombies dont les désirs ne s’expriment plus que sur le marché, dont les seuls divertissements sont ceux qui se paient et dont la religion a pour fondement les Droits de l’Homme. Une nouvelle inquisition pourchasse ceux qui refusent ce modèle.

Bien que Venner dresse un tableau assez noir de notre époque en parlant de déclin et de décadence, il n’oublie pas que la civilisation européenne comme bien d’autres a connu des périodes sombres. Rien n’est inéluctable. L’histoire est cyclique, elle est une perpétuelle renaissance.

Venant d’horizons inattendus, les résistances sont nombreuses. Comme dans le conte de la Belle au bois dormant, la mémoire endormie se réveillera. Elle se réveillera sous l’ardeur de l’amour que nous lui porterons.

Le livre se termine sur une constante de l’identité européenne. Bien nombreux sont ceux qui furent attirés par l’exotisme, parfois mêmes des années durant. Il s’agit simplement d’un chemin pour se retrouver. A la manière d’Ulysse et des Argonautes, ou encore de Mircea Eliade pour qui leurs voyages furent une révélation de leur propre identité.

Citations :

Devant ce que leur impose le destin, les Européens n’ont pas d’autres choix que de rompre avec la fatalité et de revenir à leurs sources primordiales. A l’exemple de Perceval partant à la quête du Graal, il leur faut, dans la forêt des symboles, redécouvrir leur tradition pour y chercher les étalons d’une vie qu’ils peuvent faire différente. (p.13)

Les ingénieurs et architectes qui, vers 1975, conçurent les deux tours géantes du World Trade Center de New York avaient voulu en faire les plus hautes du monde. Elles incarnaient l’orgueil faustien dans ce qu’il y a de plus puéril. Au matin du 11 septembre 2001, elles disparurent en quelques instants après avoir été percutées par deux avions de lignes piratés, symboles, eux aussi d’hypertechnicité. Il n’en restait plus qu’un tas de gravas et de poutrelles tordues, recouvrant des cadavres. Alors que le Parthénon, Stonehenge et nos cathédrales avaient résisté aux siècles, aux catastrophes historiques et à quelques bombardements, l’effondrement soudain de ces châteaux de verre s’affichait comme un signe éloquent de l’époque. (p.222)

La mort d’une civilisation ne signifie pas que l’histoire s’arrête. Sur les décombres du système effondré apparaissent les pousses nées de ce qui a précédé. La table rase n’existe pas. Même l’âme des Aztèques a survécu à son assassinat par les conquistadors et les missionnaires. Au XXème siècle, celle de la Russie a résisté à 80 ans de table rase. Toujours se déploie la spirale et tourne la roue de la vie. (p.241)

L’auteur :

Dominique Venner est le directeur de l’excellente Nouvelle Revue d’Histoire qui parait tous les deux mois en kiosque. Dans sa jeunesse, il fut un militant nationaliste acharné, qui lutta pour l’Algérie française en tant que soldat mais aussi dans l’OAS. Il fit de la prison pendant plusieurs mois. Temps qu’il mit à profit pour écrire Pour une critique positive. Il continua plusieurs années à militer, notamment au sein du GRECE ou d’Europe Action. Il mit fin à sa carrière de militant en 1968 et se consacra à l’histoire mais ne renia jamais ses idéaux de jeunesse.

Appréciation personnelle :

Ce livre qui est selon les mots de Dominique Venner le fruit d’une souffrance surmontée, d’une très ancienne méditation et d’une volonté. Le style est celui d’un ancien, d’un sage, d’un vétéran qui raconte, à ses pairs et surtout aux jeunes, qui nous sommes. Ce livre est écrit avec ferveur et cela se ressent à chaque page. Il s’agit donc d’une lecture enivrante qui ne souffre d’aucun ennui ou longueur.

Ce livre est fondamental pour chaque militant identitaire ; Pas seulement pour ce qu’il contient mais également pour l’univers intérieur qu’il nous fait découvrir et l’envie qu’il nous donne de nous attaquer à des dizaines d’autres livres. Il donne soif de connaître, de savoir et de découvrir. Il est indispensable.

Jean-David

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Imminence d’un cataclysme géopolitique ?

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

La tourmente financière et économique mondiale actuelle aura certainement de graves conséquences dans d’autres domaines. En effet, ses retombées géopolitiques pourraient être bien plus graves que ce qui communément reconnu, et c’est un élément qui ne peut être négligé, ni par les hommes d’État, ni par les analystes.

Certains chercheurs estiment souvent que la politique et l’économie sont en quelque sorte séparées. Cette vision est profondément erronée, car la politique et l’économie sont étroitement liées. En réalité, le pouvoir politique et la prospérité économique se développent mutuellement. De même, les difficultés économiques tendent le plus souvent à amener des problèmes politiques, et l’inverse est aussi vrai.

Par conséquent, il est passablement raisonnable de soutenir que cette crise financière aura un impact majeur sur l’équilibre des forces du système international. Certains pays (dont les grandes puissances) pourraient redéfinir leurs priorités. D’autres pays sont dans une situation si désespérée qu’ils pourraient avoir à réajuster considérablement leurs politiques.

Prenons le cas des États-Unis. Après la fin de la Guerre Froide, les États-Unis avaient l’intention d’établir une ère unipolaire, dans laquelle leur position hégémonique resterait sans rival (le fameux « Project for a New American Century »). Washington a cependant dû faire face à plusieurs mésaventures et défis, comme la montée des autres grandes puissances (Chine et Russie), la prolifération des régimes opposés aux États-Unis (Iran, Venezuela) ainsi que les bourbiers militaires (Irak et Afghanistan). Ainsi, la position des États-Unis pourrait être affaiblie à la suite de la crise financière.

Il est inconnu à ce stade si l’hégémonie du dollar l’emportera et demeura intacte. Le dollar peut certainement survivre, mais sa position pourrait être gravement ébranlée. Il est extrêmement important de garder cela à l’esprit car l’hégémonie du dollar est l’un des deux piliers de la puissance étasunienne, l’autre étant la force militaire. La position du dollar US en tant que meilleure monnaie de réserve est ce qui a permis à l’économie étasunienne de financer un énorme déficit commercial. L’effet secondaire consiste en l’accumulation de la plus grande dette extérieure du monde, équivalente à presque 99,95% du PIB des États-Unis (!?). Cela veut dire qu’elle ne peut être remboursée. Ainsi, qu’arrivera-t-il si soudain les créanciers des États-Unis décidaient de recouvrer au moins une partie de cette dette ? Si les États-Unis refusaient de payer, comment réagiraient leurs débiteurs ?

De plus, la crise économique et financière pourrait fortement limiter les capacités opérationnelles de l’OTAN au-delà de ses frontières. L’alliance Atlantique envisage à présent de renforcer sa présence militaire en Afghanistan. Elle cherche aussi à avancer plus loin vers l’est, dans l’ancien espace soviétique. Cependant, pareil programme pourrait être entravé par d’autres préoccupations concernant de plus près ses propres pays membres.

Il s’avère que plusieurs pays européens (certains étant dans l’OTAN et dans l’Union Européenne) sont déjà confrontés à des complications sociopolitiques, déclenchées par leurs graves difficultés financières et économiques (manque de crédit, chômage, dépréciation de la monnaie, dette extérieure, croissance négative du PIB). Si leur situation continue à se détériorer, le déploiement éventuel des troupes de l’OTAN sur le territoire de l’un ou de plusieurs de ses membres, n’est pas du tout inconcevable. Le but officiel serait de préserver la stabilité politique. L’objectif non-officiel (et réel) serait d’empêcher la débâcle des gouvernements amis de l’OTAN. L’Islande, la Roumanie, la Hongrie, la Grèce, la Pologne et même l’Italie et la France sont dans une situation particulièrement lugubre. Selon Der Spiegel, la Grande-Bretagne elle-même (le berceau même de la finance moderne) est « au bord de la ruine financière. »

Ce scénario peut être rejeté comme tiré par les cheveux, mais même le secteur financier étasunien est en situation critique. Comme le Premier Ministre russe Vladimir Poutine l’a récemment fait remarquer « … les banques d’investissement, [autrefois] l’orgueil de Wall Street, ont pratiquement cessé d’exister. En à peine douze mois, elles ont enregistré des pertes dépassant leurs profits des 25 dernières années … »

La Fédération de Russie elle-même n’est pas à l’abri. Par exemple, le projet du Kremlin de faire un centre financier international à Moscou ne semble pas très vraisemblable à présent, à cause de la dépréciation du rouble. Malgré cela, le gouvernement russe sait qu’il a une importante capacité de manœuvre grâce à la crise. Son principal atout est sa grande réserve de devises étrangères (la troisième plus grande au monde), qu’il a accumulé durant ces dernières années. De plus, les exportations d’énergie et d’armes russes sont une source de revenu sûre.

Les autres pays de l’ancien bloc soviétique sont dans une situation plus délicate. Par exemple, le Kirghizistan a décidé de fermer la base aérienne de Manas (exploitée par l’US Air Force) en échange de concessions financières et économiques russes, ce qui signifie que Moscou a remporté une victoire géopolitique des plus décisives. Cela fournit une leçon essentielle : les moyens financiers sont très utiles pour mener à bien les objectifs géopolitiques. D’autre part, l’économie de l’Ukraine est quelque peu fragile, ce qui a fait courir la rumeur à Kiev sur le fait que le gouvernement pourrait reconsidérer sa politique étrangère en échange d’une aide financière.

Le fait que la Chine possède les plus grandes réserves de devises étrangères doit être pris en compte. Ainsi Pékin n’est pas entièrement sans protection. Toutefois, à cause de la crise mondiale, les Chinois doivent éviter les conséquences politiques potentiellement déstabilisatrices issues du chômage et du ralentissement économique généralisé. Quelques membres éminents de l’administration Obama ont au moins l’intention de diminuer le déficit commercial étasunien en faisant pression sur Pékin pour la réévaluation du yuan chinois, mais, de toute évidence, la Chine rechigne à restreindre artificiellement ses exportations. Ce désaccord ne doit pas être sous-estimé car il peut nourrir des tensions dangereuses entre les deux grandes puissances.

Il est encore trop tôt pour prévoir précisément les conséquences de la crise financière mondiale. Il semble néanmoins qu’elle déclenchera quelques réajustements géopolitiques imprévus. Le système financier approche d’un tournant des plus décisifs, remettant ainsi en cause l’équilibre des forces internationales.

José Miguel Alanso Trabanco

Source du texte : MONDIALISATION.CA via THEATRUMBELLI

sleepwalkingvide

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Affiche tes couleurs

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Autocollants : 5 CHF les 100 exemplaires (50 de chaque modèle)
Contact et commandes : geneve@jeunesses-identitaires.com

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Le manuel de la révolution colorée

Categorie(s) : Vidéos, par JI Genève

Pour illustrer les précédents articles que nous avons postés sur le sujet, nous publions un reportage sur les cerveaux et les petites mains de ces fameuses révolutions colorées. Un sujet tant intéressant sur les intentions américaines (l’Amérique-monde) que sur les méthodes employées (coups d’état pacifiques).

Note : L’introduction et les interviews sont en espagnol mais le reportage est bien en français.

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Hatebreed – I will be heard (Dominance tour)

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Deux poids, deux mesures

Categorie(s) : Communiqués, par JI Genève

Lorsqu’un musulman viole deux adolescentes genevoises le soir de Noël* personne n’hurle au racisme ou à la barbarie. Mais il suffit que la victime soit brésilienne et ses agresseurs soient prétendument des skinheads** pour que les médias s’emballent et que les politiciens réagissent.

L’emballement médiatique est bien du au fait que la victime soit issue d’une minorité. D’autant que dans ce cas, il est renforcé par le fait que les médias brésiliens, s’appuyant sur l’éternel culpabilité des pays du nord envers ceux du sud, disent avoir dorénavant peur de la Suisse. Remarque dont on appréciera le piquant tant on connait l’espérance de survie dans certaines favelas.

Cette affaire d’agression semble bien étrange et pleine d’incohérences. On a vu dans le passé deux affaires du même type en France (affaire du RER D) ou en Allemagne (affaire de Mittweida) s’avérer être des supercheries. Dans les deux cas il s’agissait d’une femme agressée pour des motifs racistes et qui aurait été tailladée au cutter. Sans doute les médias le savent-ils et profitent du doute pour faire monter la mayonnaise. Si les faits s’avèrent, comme nous le supposons, s’être déroulés différemment, peut-être aurons-nous droit à un entrefilet.

Quoi qu’il en soit, nous tenons à mettre en avant le deux poids deux mesures évident du traitement médiatique et politique de cette affaire. Il semblerait qu’aujourd’hui certaines victimes aient plus de droits que d’autres.

* http://www.lematin.ch/actu/suisse/arrete-viol-ados-68498

** http://www.lematin.ch/actu/suisse/laceree-cutter-83758

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L’Atlantisme comme nouveau totalitarisme ?

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

Après la domination espagnole (XVIIIe siècle) et anglaise (XIXe siècle), l’Amérique va entrer au XXe siècle dans un première phase de recomposition territoriale (unification après la guerre de Sécession, récupération de l’Alaska aux Russes, victoire sur les Espagnols, victoire sur les Britanniques…), puis se lancer dans un maillage intense de son territoire via des voies de chemin de fer qui stimuleront l’activité et le commerce et préfigureront sa position économique dominante pour le siècle suivant.

Au début du XXe siècle, la guerre entre le Japon et la Russie (1904) préfigure le siècle à venir, l’Amérique devient un acteur à l’extérieur de son territoire, dans le Pacifique. Pour la première fois, deux empires s’affrontent selon les moyens de guerre dits « modernes », pour la première fois un empire asiatique affronte un empire européen, et s’impose et surtout, pour la première fois, la paix est négociée en Amérique, sous la houlette de Théodore Roosevelt et du conseiller du Tsar, Serge Witte (qui au passage prônait le tunnel sous Bering !)

C’est le début du siècle américain, de la thallassocratie transatlantique et transpacifique et du nouvel ordre mondial.

Du monde bipolaire au nouvel ordre mondial

La grande guerre civile européenne de trente ans (1914-1945) laisse l’Europe (et le monde) divisé en deux pôles concurrents, le pôle « américano-occidental » et le pôle « soviétique ». La guerre froide durera quarante-cinq ans, jusqu’en 1991, année qui verra la disparition d’un des pôles et l’instauration pratique du nouvel ordre mondial. Dans les vingt-cinq années qui suivirent, le monde entra dans une fiction de courte durée, pendant laquelle on crut que l’extension de l’Otan (parapluie étoilé protecteur) et du nouvel ordre économique mondial (FMI, OMC, BERD, Communauté européenne, OCDE, European Round Table, club de Rome, Forum de Davos…) assurerait la pérennité et la sécurité a jamais. Pour la première fois dans l’Histoire, un « empire » semblait avoir la velléité et les moyens d’imposer ses règles à la planète entière. On parla même de fin de l’Histoire. D’autres affirmèrent même que demain tous seraient Américains. La Chine s’éveillait doucement, l’Inde également, le monde musulman semblait abasourdi par la frappe irakienne de 1991, la construction européenne prenait son envol sur les parallèles de l’Otan pendant que le cœur du défunt concurrent soviétique se mourrait. En 1999, le dernier grain de sable à « l’extension Est » (la Yougoslavie) fut anéantie. La Serbie (qui était à la Yougoslavie ce que la Russie était à l’URSS) fut anéantie en 78 jours et y fut construite la plus grande base militaire américaine de l’étranger, sur le flanc Est-oriental de l’Europe. La présence militaire américaine dans le monde à l’entrée du XXIe siècle était plus importante qu’aucune puissance ne l’avait jamais fait dans l’Histoire (Cf Listes des bases américaines). Néanmoins l’accalmie fut de courte durée : le 11 septembre 2001, des pirates de l’air proches des mouvances islamistes radicales lancèrent la première version du jihad aérien en détournant des avions de ligne pour les écraser sur des infrastructures aux État-Unis. L’empire était frappé au cœur. Ce fut la fin du nouvel ordre mondial tel que certain nous l’avait promis, il n’avait duré que trente ans. L’Amérique déclara alors une guerre planétaire au terrorisme que, sept ans plus tard, elle n’a toujours pas vaincu, enlisée avec l’Otan dans des conflits à basse intensité et sur des territoires incontrôlables et incontrôlés (Irak, Afghanistan, Somalie…).

Pourtant cet élément qui modifia l’Histoire n’était pas une surprise pour tous les spectateurs du théâtre des opérations. Certains avaient préconisé ce choc à venir entre les « civilisations » et notamment entre le Sud (musulman) et le Nord (Occident). Ceux-là préconisaient aussi que le monde était « divisé » en grands espaces, différents, et résolument adversaires, ou ennemis. Cette théorie des « civilisations en conflit » avait même ses défenseurs, au cœur du dispositif atlantiste. Ceux-là avaient déjà affirmé que l’Est et l’Ouest étaient deux mondes différents, voir opposés. Curieusement, la frontière entre ces deux Europe (« catholique-protestante » et « orthodoxe ») se situait sur l’ancienne délimitation de l’Europe post-soviétique et de l’Europe de l’Ouest (americano-occidentale). Pour les stratèges américains, après le contrôle des mers (effectif à la fin de la guerre froide), restait le contrôle des terres, notamment celles que les stratèges visaient depuis le début du siècle : le Heartland.

Les néo-conservateurs à la conquête du Heartland

Le XXe siècle a vu l’Amérique passer du statut isolationniste à celui de puissance impérialiste et dominante. Cette expansion hors frontières de l’Amérique s’est faite en deux étapes principales, la prise de contrôle des mers tout d’abord, puis la prise de contrôle des terres.

Tout d’abord l’expansion maritime (principe du contrôle des mers et du développement de la marine militaire pour protéger les échanges commerciaux). Ces théories ont été très clairement exposées par de nombreux stratèges américains à la fin du siècle dernier, dont Alfred Mahan qui énonça l’intérêt pour l’Amérique d’acquérir une marine aussi puissante que l’Angleterre afin d’acquérir une suprématie militaire et commerciale aussi importante. Cette théorie influencera grandement Théodore Roosevelt notamment au début du XXe siècle après la guerre russo-japonaise.

Cette prise de contrôle des mers effective, la guerre froide laissa néanmoins l’Amérique dans une position géopolitique difficile. Deux des plus grands stratèges en géopolitique, Nicolas Spykman et Halford John Mckinder de ce siècle vont en effet développer la théorie selon laquelle l’Amérique de par sa position insulaire éloignée ne peut, si elle veut rester aux commandes du monde (refus du déclin de la puissance américaine chez les néo-conservateurs) être éloignée du grand continent, du cœur des terres émergées, le Heartland eurasien. Le monde serait constitué selon ces stratèges d’un Heartland ou Continent géant (Europe-Asie), d’un océan géant (Atlantique-Pacifique) et d’un anneau d’îles (Amérique, Australie ou Outlyings Islands).

La maîtrise de ce cœur continental est donc essentielle. De la même façon, elle devait se méfier des alliances entre puissances de la terre, notamment entre les deux grandes puissances terrestres et continentales, l’Allemagne et la Russie (empêcher l’émergence d’une puissance rivale chez les néo-conservateurs). Pour ce faire, la Seconde Guerre mondiale sera l’occasion tragique et inespérée pour l’Amérique de prendre position sur le continent, pour y empêcher toute alliance qui pourrait exclure l’Amérique des affaires du monde. Pour les stratèges américains en effet, la fin de la guerre froide n’est que l’opportunité à saisir pour mettre pied en Europe (anciennement majoritairement sous contrôle soviétique) et pouvoir ainsi grignoter toujours plus à l’Est et au Sud-Est vers le contrôle de continent, cette zone située au cœur de l’Eurasie.

Le point commun entre les « défenseurs du choc inévitable des civilisations », « les partisans de la conquête de l’Est, et du Heartland » ? Un courant idéologique propre à l’Amérique qui a contribué à accélérer la politique interventionniste américaine dans le monde, une nouvelle idéologie qui s’est rapidement propagée dans toutes les sphères de direction américaine (politiques, militaires, économiques…). Elle a pris à contre-courant les anciennes idéologies pour devenir en quelque sorte la raison d’être de l’Amérique, comme le sang l’est à tout être humain. Cette idéologie projette l’Amérique comme point central de l’humanité, d’aujourd’hui et demain. Le « néo-conservatisme » nous dit Wikipédia : « se distingue du conservatisme traditionnel et du néo-libéralisme. Anticommuniste et antifasciste, le néo-conservatisme est né sur le principe de « plus jamais Auschwitz ». Ils défendent la puissance militaire des États républicains dans les relations internationales afin d’asseoir un nouvel ordre international. Cela passe par quelques grands axes, notamment le refus du déclin de la puissance américaine (première puissance républicaine du monde) ; empêcher l’émergence d’une puissance rivale ; la fin de la complaisance envers les dictatures ; et la revalorisation de l’outil militaire pour répondre aux agressions.

Pour les « néo-conservateurs » l’Amérique est le modèle de civilisation le plus abouti. Elle a vaincu les grandes idéologies (le nazisme et le communisme) et se prépare à affronter son troisième ennemi (tout au moins celui qu’elle a déclaré comme tel) à savoir l’islamisme radical. Pour eux, le monde doit être modelé par les démocraties républicaines, selon ce modèle de civilisation via le démocratisme imposé, militairement s’il le faut. Le cœur de cette pensée est donc un interventionnisme très fort à l’extérieur du territoire américain, que l’on peut qualifier d’impérialisme idéologique.

Aux États Unis, récemment, un conseiller du président Carter a théorisé et remodernisé les théories post-guerre froide pour les distiller dans les mouvances néo-conservatrices influentes et au pouvoir. Ce dernier, Zbigniew Brzezinski a grandement influencé la création de mouvements d’opinions, les fameux thinks tanks, destinés a promouvoir la politique américaine dans le monde (Cf. Le Grand Échiquier en 1997 et Le Vrai Choix en 2004). En 1989, Brezinski devient l’éminence des cerveaux démocrates pour l’Eurasie (son fils Markl étant le conseiller de Barak Obama) dont il est certain qu’elle sera la zone concurrente essentielle de l’Amérique. En effet, cette gigantesque zone eurasiatique serait le cœur des masses humaines et surtout des ressources énergétiques (pétrole, gaz, minerais stratégiques) ainsi que de leur voies d’acheminements. Ces théories de maîtrise du Heartland se couplent généralement à une maîtrise de l’océan Arctique (voir l’article lié) tout aussi important au niveau énergétique. (voir la carte la). Brezinski reprendra dans Le Grand Échiquier le projet de démembrement en trois de la Fédération russe (Moscovie, Oural, Sibérie), un projet déjà défini dans les années 1940 par le nazi Rosenberg. Cette théorie sera développée à la même époque en Pologne sous le nom de Prométhéisme qui fera son chemin pendant la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, en France, en Turquie et en Allemagne, puis en Amérique. Curieux hasard ( ?) du destin, il s’agit des plus grandes puissances mondiales d’aujourd’hui et des piliers de l’Otan. Autre hasard, Brezinski est lui aussi d’origine Polonaise tout comme Joseph Pilsudski, fondateur du Prométhéisme.

Brzezinski va alors se consacrer à la lutte pour prévenir la réémergence de la Russie comme superpuissance et pour conquérir l’Eurasie. Il développe « un plan pour l’Europe » qui passerait par l’extension de l’Otan aux Républiques baltes, prônera le projet d’oléoduc Bakou-Tblissi-Ceyhan. Ce projet représente pour lui la meilleure concrétisation de ses ambitions qui visent à empêcher la Russie de se relever. Parallèlement, il préside dès 1999 le Comité américain pour la paix en Tchétchénie (American Committee for Peace in Chechnya), installé dans les locaux de l’association Freedom House. Cette union des extrêmes (indépendantistes musulmans et activistes américains) n’est que la continuité – sous sa variante anti-Russe – de l’alliance du même genre existant pendant la guerre froide, à l’époque où la CIA entraînait et finançait les Mujhaidins contre l’URSS.

Les armes des Atlantistes pour la conquête énergétique

Après la chute du mur et la fin de l’URSS, l’Amérique se retrouve sans ennemie, elle se lance alors dans une logique de conquête absolue des zones nécessaires au maintien de son hégémonie embryonnaire et notamment l’Eurasie. L’extension de l’Europe comme alliée indéfectible, l’adhésion de ces États à l’Otan et leur participation aux interventions armées à l’étranger en est le fil conducteur. L’Europe continentale de l’Ouest offre servilement à l’Amérique les moyens de sa domination planétaire. Lorsque l’Amérique créa en 1949 l’Otan pour répondre au pacte de Varsovie, celui-ci n’avait d’objectifs que défendre le monde occidental contre une éventuelle attaque soviétique. À l’effondrement de cette dernière, l’Otan ne disparut pas pour autant. Bien au contraire, il devint l’élément-clé de l’extension pan-occidentale, le porteur des messages préliminaires tout autant que le bourreau et le justicier des réfractaires. L’Otan devint l’arme destiné à faire plier les régimes non alignés, tout autant qu’à marquer la fin de la complaisance avec les « dictatures ». En 2001 néanmoins, les Américains ont commencé à prendre conscience de l’erreur tactique essentielle qu’ils avaient fait à utiliser les Moujahidines contre la Russie soviétique, les premiers retournant leur savoir (acquis par les stratèges de la CIA avec la bénédiction du Pentagone) contre leurs anciens maîtres.

Évidemment, la construction européenne qui marche main dans la main avec l’Otan s’est déjà sabordée. En étant incapable d’avoir ses propres systèmes de défense ou sa propre armée, en participant à des conflits qui ne la concernent pas, et n’ont pour conséquence que d’augmenter le ressenti de nombre d’États à son égard, cette dernière s’est fait entraîner dans une logique infernale de partage des dépendances américaines, en énergie tout autant qu’en besoin de protection.

Comme je l’expliquais dans un précédent article : pourquoi partager la croisade lancée contre le monde arabo-musulman à des fins énergétiques en nous aliénant des centaines de millions de musulmans dans le monde, alors qu’un partenaire disponible et fiable, la Russie, est à nos portes. Réponse toute simple : l’Amérique ne veut pas d’une alliance Europe-Russie qui constituerait une puissance concurrente. Pour preuve récente l’opposition violente de Zbigniew Brezinski au « Russo-Allemand » North Stream.

Les opérations militaires ne sont pourtant pas partout évidentes, ni pratiques. Les stratèges ont bien compris la grande difficulté de créer une entreprise de désinformation comme cela a été le cas pour la désintegration de la Yougoslavie (dès 1991) et la campagne violemment serbophobe qui a suivie. Parfois même les opérations militaires ne sont pas suffisantes. Voir injustifiées. Les stratèges vont développer une méthode de révolution pacifique, dite colorée, qui a le mérite de mieux passer au yeux de l’opinion internationale (toujours critique quant aux actions militaires). Experimentée en Serbie en 2001 (la campagne militaire n’ayant pas suffit à faire tomber Milosevic), elle consiste à lever une partie de la « société civile » contre le pouvoir, via des relais dans le pays, en fait officines de la CIA. Le schéma est toujours le même, utiliser des mouvements de jeunesses pour feindre le côté spontané. Le projet est de faire tomber un pouvoir politique jugé « hostile » pour le remplacer par un candidat démocrate, c’est-à-dire « aux ordres » de Washington. L’État concerné passe ainsi dans le giron « occidental » sans intervention militaire. Autre avantage : le changement passe pour une légitime révolution populaire d’une population lasse du « tyran » qui la gouverne. Pourtant en y regardant de plus près, ces mouvements de jeunesse révolutionnaires, que cela soit Zubr en Bielorussie, Otpor en Serbie, Kmara en Géorgie, Pora en Ukraine, Mjaft en Albanie ou encore Oborona en Russie ne sont pas des émanations spontanées de la « société civile », mais au contraire des fabrications sponsorisées à millions de dollars par les relais de l’ingérence états-unienne dans les points chauds qui concernent directement l’Europe (Balkans, le Caucase, l’anneau circulaire de l’Eurasie (voir cette carte !). Leurs membres ont été entraînés, dressés au bazar de rue et à l’agit-prop politico-médiatique pour intervenir au moment opportun, recevoir la publicité des médias occidentaux et délégitimer les pouvoirs en place. Sur la base des théories dites de la « guerre civilisée » du Pr Gene Sharp (Albert Einstein Institution, ancien de la John Hopkins University), ces groupes naguère formés dans de grands hôtels de Budapest et de Sofia, conduisent des opérations de déstabilisation ciblées qui relèvent de la guerre psychologique et de la guerre civile et non d’une action pacifique ou de simple lobbying comme on voudrait nous le faire croire. (NB : lire cette analyse ici ou encore la).

Quant aux relais de ces mouvements révolutionnaires financés par la CIA, ce sont ces associations civiles du nom de USAID, National Endowment for Democracy (NED), Open Society Institute (Fondation Soros),le German Marshall Fund of the United States, Freedom House, la fondation héritage, ou encore la jamestownfondation, la fondation Carnégie, ou encore le mémorial des victimes du communisme, ces associations travaillant sous l’égide de quelques organisations plus importantes comme le PNAC, le CFR, la trilatérale,l’American institute.ou encore l’ICG , officie « publique »de la CIA (dirigé un temps par Morton Abramowitz l’homme qui livra naguère les missiles Stinger au moudjahidine afghan proches d’Osama Ben Laden) ! Nous sommes là au cours du dispositif d’ingérence américain en Eurasie. Ces mouvements ne sont pas seuls. On a fabriqué aussi pour les besoins de la cause une série de sites internet chargés de renforcer la propagande virtuelle, et des instituts de sondage (comme le CeSID en Serbie) qui « accompagnent » les élections des pays-cible, c’est-à-dire désignent à l’avance les vainqueurs et influencent psychologiquement les votes en donnant des résultats que n’ont pas encore les commission électorales.

Cette alliance de suprématie militaire et d’associations faussement civiles n’ont en fait qu’un but : encercler la Russie et prendre le contrôle des zones essentielles que sont les Balkans (anciennes colonies soviétiques et vitales à l’extension Est de l’Europe), le Caucase (avec la Caspienne) et enfin l’anneau de contour eurasien. La preuve ? Les États du Guam, visés par les révolutions colorées ceinturent la Russie. Le but ? Éloigner la Russie de l’Europe, la repousser au Nord et à l’Est pour lui couper l’accès aux mers et aux ressources énergétiques d’Asie centrale et faire cesser son influence sur la région centro-asiatique. N’oublions pas que la lutte pour cette région (tout comme pour le Nord arctique) l’est principalement pour des raisons énergétiques. (NB : cette révolutionnite aiguë ne frappe pas que l’Eurasie, mais également l’Amérique du Sud et le Venezuela de Chavez).

De Khodorkovski a Beslan

Lorsque le 31 décembre 1999, Boris Eltsine laisse les rênes à Vladimir Poutine, la décrépitude eurasienne est totale. L’URSS s’est effondrée, les Républiques se fragmentent, les communautés religieuses s’affrontent, le chaos est total. Dès sa prise de pouvoir, Vladimir Poutine va restaurer l’autorité et la souveraineté de l’État sur le territoire russe, ce qui passe par reprendre le pouvoir y crompris à des hommes d’affaires enrichis et devenus plus puissants que les élus eux-mêmes : les oligarques. L’histoire est connue, Vladimir Poutine va chasser un à un ces oligarques qui succédèrent aux « innombrables mafias » qui pillèrent la Russie dans les années 1990. Ceux qui affirmaient contrôler à une douzaine l’économie et le pouvoir russe durent répondre de leurs actes devant une justice réaffirmée. C’est en 2003, lors de l’arrestation du plus fameux d’entre eux que les atlantistes (néo-conservateurs) comprirent la détermination réelle du pouvoir russe. L’arrestation de M.Khodorkovski a ouvertement déclenché une contre-offensive néo-conservatrice qui dure encore à ce jour. Pourquoi ? Le réseau Voltaire nous donne quelques précisions (lisez cet article c’est à tomber par terre, ici)… La prise de contrôle de Yukos par Khodorkovski s’est faite par le biais du système de « prêts contre actions » organisé par Vladimir Potanine au gouvernement de Viktor Tchernomyrdin en 1995. Les oligarques ont ainsi pu racheter des entreprises pour des bouchées de paille, voire les posséder par de simples promesses d’investissements ! Celui-ci organise ensuite un système de sociétés off-shores pour s’auto-racheter du pétrole et des matières premières à très bas prix et le revendre sur le marché international. Simultanément, le géant bradait son pétrole à l’Amoco Eurasia Petroleum Company. Les sur-revenus générés lui permirent, une fois blanchis de prendre le contrôle politique de nombreux partis dont le Parti communiste, l’Union des forces de droite (SPS), Labloko et « Unité ». En 2003, Khodorkovski décida se présenter à l’élection présidentielle. Il essayait déjà de dicter ses vues au gouvernement concernant la guerre en Irak à laquelle il était favorable, comme en économie ou en politique intérieure. À cette même époque, Khodorkovski était sur le point de vendre la moitié de Yukos à Exxon Mobil. Il entendait aussi construire un réseau privé d’oléoducs assurant sa totale indépendance. Les liens entre Yukos et le monde de la finance et du renseignement anglo-saxon étaient déjà bien établis, les États-Uniens avaient compris que tant que le gouvernement contrôle les tuyaux, il est le seul à décider de la quantité de brut qu’il veut mettre sur le marché. Charles Ryan, le leader du United Financial Group, et d’autres investisseurs appelaient de tout cœur à une « Yukosization » de la Russie, en fait à une destruction de l’État, seul obstacle sur le chemin des vastes richesses russes. En lien avec Henry Kissinger et George Soros, il aurait trahi son pays et aurait préparé un renversement de Vladimir Poutine après avoir soudoyé des cadres de l’armée, la décision de son arrestation aurait été prise in extremis pour empêcher un « quasi-coup d’État », elle eut lieu le 25 octobre 2003, à Novossibirsk. Khodorkovski était devenu un maillon-clé du dispositif visant à mettre à genoux le géant russe. Devenu membre du Carlyle group, celui-ci se préparait à mettre une bonne partie des ressources pétrolières russes entre les mains des États-Unis.

On comprend mieux en effet la colère des « chacals » du Pentagone, lancés dans une guerre en Irak et privés des ressources eurasiatiques. Leur réponse ne s’est pas fait attendre, ceux-ci ont lancé une offensive de grande ampleur contre le pouvoir russe, la plus terrible étant la tragédie de Beslan (3 septembre 2004) que l’opinion internationale bien manipulée par la presse aux ordres continue d’attribuer à Poutine, tandis que les théoriciens néo-conservateurs affirmaient que la Russie n’échapperait pas à une guerre des civilisations, elle non plus, et devait donc rejoindre la croisade lancée par l’Otan. Pourtant, comme l’a très bien résumé Mikhail Alexandrov, un expert de l’institut CIS de Moscou dans le journal du ministère russe de la Défense, Krasnaya Zvezda : « La situation en Ossétie du Nord doit être appréhendée dans le contexte de la bataille croissante pour le contrôle de la Transcaucasie entre la Russie et les puissances anglo-saxonnes. Les Anglo-Saxons prétendent expulser la Russie de la Transcaucasie et ont besoin pour cela de déstabiliser le nord du Caucase et la Russie en général. » (lire ici sur la responsabilité anglo-saxonne à Beslan ou encore les liens étroits entre les Américains et les Tchétchènes).

L’affaire Beslan est un déclencheur fondamental puisque, à la suite de cette affaire, un « comité des 115 » se créa pour dénoncer la politique du gouvernement Poutine, jugé « responsable » de la prise d’otage de Beslan. Cette lettre ouverte, signée par 115 personnalités atlantistes, a été adressée, mardi 28 septembre 2004, « aux chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne et de l’Otan » avec copie à l’agence Reuters. Les auteurs affirment « qu’il est temps de repenser les modalités et les limites de notre engagement avec la Russie de Poutine ». Véritable déclaration diplomatique de guerre, il est tout à fait intéressant de lire le texte même de la lettre et les signataires de cet appel (ici et la). Lire à ce sujet la réponse aux intellectuels atlantistes du Pr Viatcheslav Dachitchev.

Comme l’explique très bien Alexandre Douguine en 2005 : « le complot contre Vladimir Poutine est en marche depuis qu’il a été élu. L’entourage de Eltsine ne s’attendait pas à ce que Poutine renforce les pouvoirs du gouvernement aux dépens des minorités libérales, oligarchiques ou pro-états-uniennes. Désormais, les opposants ont décidé de le faire sauter où au moins d’affaiblir sa position au maximum. C’est une forme de complot où agissent deux centres, un pour l’extérieur à Washington et Londres, et un pour l’intérieur constitué par les groupes oligarchiques et les libéraux au gouvernement. La zone de contact se trouve être dans certains pays de la CEI comme l’Ukraine ou la Géorgie. Pour moi, Mikhail Khodorkovsky a mené une véritable campagne contre la souveraineté de notre pays par l’intermédiaire de corporations transnationales et des États-Unis. »

La déstabilisation tchétchène a néanmoins connu deux coups d’arrêts en 2005 (liquidation de Maskhadov) et en 2006 (liquidation de Bassaiev), n’en déplaise aux intéressés dont les troupes sont enlisées dans les sables d’Irak et les montagnes d’Afghanistan.

Le réveil eurasien, vers un monde multilatéral

Nous l’avons vu, le réveil russe, maintien essentiel de l’équilibre en Eurasie, est la clé d’un monde multipolaire, ou tout du moins bipolaire en ce qu’il empêche l’Amérique de prendre contrôle du continent eurasiatique. La Russie, tout comme les « grands en devenir » de ce monde, l’Inde et la Chine, entendent maintenir sur le continent, et dans le monde, une approche multilatérale et multipolaire des problèmes, basée sur le dialogue et le consensus.

Pour l’élite russe, la Russie doit tracer une nouvelle voie entre l’orientation pro-occidentale et libérale et la nostalgie du passé communiste, tout en évitant les excès démagogiques du populisme extrémiste et du nationalisme étroit. Pour ce faire, a notamment été créée l’OCS, l’Organisation de la coopération de Shanghai, une gigantesque alliance militaire continentale regroupant plus d’un humain sur deux… Il est pourtant coutume d’entendre que la Russie a recours à des méthodes et des rhétoriques dignes de la “guerre froide”, mais que devait-on attendre comme réaction de la part de la Russie après que l’Europe laisse l’Amérique installer des bases militaires, des systèmes d’écoutes et des batteries missiles à ces frontières ? Que devrait-elle penser alors que ceux-la mêmes adhèrent à la théorie de détruire la Russie pour en faire trois Etats (Moscovie, Oural, Sibérie), tout comme ils ont fait de la Yougoslavie (devenue Serbie, Croatie, Slovénie) ? La vérité, c’est que la réciprocité logique au déploiement militaire à l’Est de l’Europe serait le déploiement militaire russe aux frontières américaines, par exemple à Cuba, ce que vient précisément d’évoquer le président Medevedev ! Enfin, un détail, mais sans doute d’importance, l’extension de l’Europe vers l’Est et l’obsession des Etats-Unis à y intégrer la Turquie (Seconde armée de l’Otan et pays non européen) sont bien les preuves de souhait d’inféodation totale à l’Otan d’une Europe qui n’a plus d’européenne que son appellation. Vladimir Poutine n’a-t-il pas cessé d’appeler les Européens à quitter l’Otan ?

Alexandre Latsa

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Aymeric Chauprade sur la démographie russe

Categorie(s) : Actualités, par JI Genève

Il y a quelques jours nous faisions la promotion du dernier livre du géopoliticien français Aymeric Chauprade. Entre temps, le ministre français de la défense, Hervé Morin, l’a licencié de son poste de professeur au Collège Interarmé de Défense, où il formait les officiers de l’armée française, pour des motifs fallacieux. Nous souscrivons totalement au communiqué du Bloc Identitaire et nous soutenons Aymeric Chauprade dans cette épreuve difficile.

Nous reproduisons ici sont excellente analyse sur la démographie russe et européenne.

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Le combat contre la mondialisation continue

Categorie(s) : Communiqués, par JI Genève

C’est près de 60% de la population suisse qui accepte de suivre la politique naïve d’ouverture des frontières et cela à la veille d’une crise systémique et au lendemain de l’annonce d’une augmentation de 10’000 chômeurs pour le seul mois de janvier. Le peuple choisit la fuite en avant plutôt qu’une rupture courageuse.

C’est pour nous une défaite qui a un goût amère, car l’UDC a tardé à se mettre d’accord et à lancer la campagne. Si elle avait duré un mois de plus, le score aurait été certainement différent. C’est aussi une défaite qui inquiète, comment la majorité des votants a-t-elle pu céder devant la pauvreté argumentaire des partisans ? Ils n’avaient que la croissance à court terme à proposer et nous refaisaient le coup de l’apocalypse en cas de non, un peu comme le fameux 6 décembre 1992 et le refus courageux des Suisses de l’adhésion à l’EEE.

Il s’agit maintenant de rebondir. Nous avons perdu une bataille mais de loin pas la guerre dans laquelle nous sommes engagés contre les mondialistes. Rappelons-nous qu’alors qu’il manquait plus de mille signatures le jour ultime du référendum, personne n’aurait, dans le camp du non espéré un tel score. Ce « camp patriotique » ne représente dans les urnes, pas plus de 30% du peuple et était divisé. Il a donc clairement débordé de son lit dans des conditions difficiles, malgré l’insistance des médias à faire croire l’inverse.

Pour nous Identitaires, d’autres signaux encourageants viennent clore cette campagne. Premièrement on peut noter une radicalisation du camp des opposants. On est passé au simple non à l’extension, qui n’était qu’un problème de forme, à une remise en cause du principe même de libre circulation. Des concepts ont fleuri chez certains élus, tels que le localisme et le rejet du nomadisme qui a pour conséquence le déracinement. Dominique Baettig Conseiller National UDC, proposa même une sortie du modèle économique basé sur la croissance à tout prix. Deuxièmement, le Tessin a sèchement rejeté la libre circulation avec près de 65% des votants. On peut l’attribuer, entre autre, à une implication et un travail local énormes depuis plusieurs années de la Lega.

Pour ce qui est de la campagne d’affichage menée par les Identitaires Genevois, elle se solde par une victoire symbolique. La seule commune ayant rejetée la libre circulation est Vernier, lieu où notre campagne fût la plus vive. Outre les réalités locales nous pouvons nous féliciter d’avoir contribué à ce refus. A nous donc de continuer ce combat local face à la menace globale.

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La TSR donne son avis, encore…

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

Propagande médiatique : « Fin de campagne indigeste pour le scrutin sur la libre circulation » selon la TSR

Voici un texte qui semble à première vue nous venir tout droit d’un quelconque comité pour le oui à la libre circulation mais qui en réalité provient du site de la TSR.

« Une fin de campagne nauséabonde Le Blick livre à ses lecteurs une fable en vue du scrutin du week-end. Une fable avec un corbeau -celui de la pub des opposants à la libre circulation- qui dénonce sur une pleine page la sale campagne des milieux économiques, partisans du oui. Une fin de campagne où tous les coups sont permis. Côté romand, c’est une Tribune de Genève suffoquée par la teneur des propos de ces derniers jours qui en appelle au calme sous la plume de son rédacteur en chef adjoint. “On se calme” lance Arthur Grosjean en direction des auteurs des attaques verbales perpétrées contre les frontaliers, transformés en boucs émissaires de façon odieuse sur le forum internet du quotidien du bout du lac. La Julie en est même venue à décider de fermer son forum sur le site “tdg.ch ” en raison de l’accumulation exceptionnelle de propos injurieux et scandaleux à l’égard de nos voisins. »

Avec une telle prise de position, la TSR nous montre quelle est incapable de rester impartiale lors des scrutins populaires et prouve une fois de plus qu’elle est largement politisée et sous influence d’idéaux progressistes. Cette propagande alarmiste et malhonnête ne serait-elle pas révélatrice d’une peur croissante chez les mondialistes devant l’augmentation des opposants à leur libre circulation ?

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