” Revoir à la hausse l’échelle de nos valeurs humaines “

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soljeIl est impératif que nous revoyions à la hausse l’échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n’est pas possible que l’aune qui sert à mesurer l’efficacité d’un président se limite à la question de combien d’argent l’on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d’un gazoduc. Ce n’est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l’humanité peut s’élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.

Quand bien même nous serait épargné d’être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu’est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l’homme est au-dessus de tout ? N’y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l’intégrité de notre vie spirituelle ?

Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l’être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l’ère moderne. Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n’avons pas d’autre choix que de monter : toujours plus haut.

Alexandre Soljénitsyne, Harvard, 8 juin 1978

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Quand les Suisses étaient royalistes

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berthe3C’est l’insipide désincarnation républicaine qui oblige à multiplier les frais et confondre les rôles.” Régis Debray (La Puissance et les Rêves, 1984)

Sauf rares exceptions, les républiques démocratiques cultivent par nature le terne, le fade l’abstrait. À cette aune, le système helvétique, qui d’ailleurs ne remonte guère qu’à 1848, a atteint une sorte de “perfection” où l’anonymat confine à l’absence, où transparence et vide sont confondus avec probité… Dans cette “Confédération”, à présent on vote sur tout et rien, jusqu’à l’absurde: le triage des ordures, les cours d’”éducation canine” aux propriétaires de molosses, le retour des notes à l’école primaire, etc. En revanche, le chef du principal parti du pays a été débarqué de Berne pour avoir voulu réintroduire une pincée de nationalisme dans la politique… Maudit “nationalisme” sans lequel pourtant la Suisse n’existerait pas! Une Suisse qui, jadis, fut même royaliste avant que ne l’emporte les héritiers de l’archer républicain (et néanmoins ultra-nationaliste…) Guillaume Tell (voir notre chronique dans La NRH de mars-avril 2006).

“C’était quand la reine Berthe filait”, “C’était au bon temps de la reine Berthe”. Ces expressions populaires entendues en Genevois, dans la bouche d’une “dame paysanne” portant le prénom hugolien de Cosette, nous mirent naguère sur la piste du monarchisme helvète, aujourd’hui bien celé. Nous nous rendîmes donc à la grandiose abbatiale romane de Payerne (Vaud) où se trouve le tombeau de cette reine légendaire (sans rien de commun avec Berthe au Grand-Pied, mère de Charlemagne) au point de personnifier à elle seule l’ancien royalisme suisse. Et de fait, elle marqua son époque. Le personnage qui vécu de circa 905 à circa 978 et régna, uniquement comme épouse de rois, de 922 à 940, nous a magnifiquement été restitué par cet auteur suisse méconnu qui fut pourtant, sans doute, le plus grand essayiste romand de la première partie du XXe siècle, le plus original en tout cas: Charles-Albert Cingria (1883-1954).

Plongé dans les auteurs anciens, encore plus oubliés que lui, comme l’évêque Liutprand, l’abbé Dey, Muret ou Poupardin, Cingria a fait émerger de la légende cette maîtresse femme qui n’hésitait pas à se faire représenter avec sa couronne royale et également sa quenouille, symbole de féminité (d’où, d’ailleurs, l’expression imagée “tomber en quenouille” pour des droits héréditaires dévolus à une femme, faute d’héritier mâle…) . Fille de Boucard de la Souabe, duc d’Alémanie (on appelle toujours “alémanique” la Suisse germanophone), Berthe épousa successivement Rodolphe II, roi de Bourgonne (ce royaume avait alors pour centre une part de la Suisse actuelle) et d’Italie, les Annales sangallense nous ont laissé cette image de la jeune mariée se rendant à travers les Alpes, “en palanquin et traîneau” dans la partie italienne des États de ses époux. Le second d’entre eux se fit remarquer par son harem formé de quatre épouses “légitimes” (dont Berthe) et de six concubines. Les Sarrazins qui, en ces temps-là, venaient encore razzier jusqu’à Coire (Grisons) ne durent pas être dépaysés par les moeurs de ce monarque chrétien…

Parmi les enfants du premier lit de Berthe figura la future sainte Adélaïde, épouse d’Othon, premier empereur romain germanique; leur fille Emma devint “reine de France” en épousant le Carolingien Lothaire IV. Leur fils Louis V fut le dernier de cette lignée à régner, avant les Capétiens (987). Les mariages interdynastiques ont fait que sans doute du sang berthien circule encore aujourd’hui dans les veines des princes français. La “reine fileuse” (ou “filandière”) joua surtout un rôle politico-social pacificateur lors d’une active retraite d’environ 40 années. Installée dans le pays de Vaud, la douairière sema derrière elle monastères, églises et bienfaits divers, sous l’égide de l’Avignonnais saint Mayeul (906-994), abbé de Payerne et de Cluny. La tour Bertholo, à Lutry (Vaud), perpétue encore le souvenir de cette souveraine très chrétienne, intitulée jusqu’au bout “par la grâce de Dieu”. C’est peut-être au beau et modeste village de Collombier-sur-Morges, dans l’arrière-pays lémanique, qu’on peut se retrouver par le paysange dans l’atmosphère berthienne. On dit aussi que les porteurs du patronyme “Bertholet” se réfèrent d’une manière ou d’une autre au souvenir de la reine Berthe. Quand les Suisses étaient royalistes…

Lire: Charles-Albert Cingria, La Reine Berthe, L’Âge d’Homme, 1947, rééd. 1992. Cette maison a aussi publié les OEuvres complètes de l’essayiste.

In La Nouvelle Revue d’Histoire #41

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Recettes genevoises

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Zivela Srbija ! Kosovo je Srbija ! Hourrah !

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poljeBonjour mes amis Serbes, c’est un honneur pour moi de vous écrire de Moscou.

Dans quelques jours nous serons le 24 mars 2009, un jour tragique puisque il y a 10 ans, une coalition militaire des pays les plus puissants de la planète, fédérés au sein de l’OTAN, entamait une campagne de bombardement militaire de 78 jours sur la Serbie. Sur Votre Serbie.

Officiellement cette opération militaire a été déclenché pour arrêter les massacres, que dis je, le “génocide” en cours soit disant au Kosovo. Savez vous que en France le chiffre de 1 millions de morts a même été avancé au journal télévisé ?

Officieusement, nous savons tous très bien pourquoi l’OTAN a bombardé la Serbie : parce qu’elle était le seul état digne d’Europe, le seul état souverain et libre, le seul état à ne pas se plier au diktat libéral-atlantiste, et à “résister” à l’extension à l’est de l’OTAN.

Avec cette campagne nous disait on pourtant, nous allions pouvoir arrêter le génocide du Kosovo et faire de la Serbie un état “démocratique”, “libre” et “prêt à intégrer l’Union Européenne”, entendez la un état dirigé par un gouvernement de caniches prenant ses ordres à Bruxelles, c’est à dire en fait indirectement au Pentagone et prêt à vendre ses patriotes et ses héros.

10 ans plus tard, la Serbie n’a toujours pas intégré l’Union Européenne. Mieux, ceux la même qui crièrent au génocide virtuel ont découpés le pays, refaisant les frontières comme ils l’ont fait en Afrique et en Asie dans leurs ex-colonies, arrachant à la Serbie ce qu’elle avait de plus cher : son coeur ! Depuis un peu plus d’un an en effet, le Kosovo “serait” un “état indépendant”, reconnu par mois d’un état sur trois dans le monde à ce jour, au passage en grande majorité les pays de l’OTAN (qui ont bombardé la Serbie) et leurs nouveaux “alliés” libérés (Irak, Afghanistan :) .

Imagines t’on un organisme quel qu’il soit fonctionner sans son coeur ? Pour l’OTAN, au nom du droit international, c’est possible. Ils ont enfanté un monstre, une zone de non droit ou les églises brûlent, ou l’on assassine les gens en fonction de leur race et de leur religion, un peu comme au Rwanda, mais le tout au coeur de l’Europe. De la même façon, ces puissants ont créés un pseudo-tribunal (le TPI) pour rendre justice. Réflexion miroir de la société qu’il est censé représenter, cet ersatz de tribunal juge et condamne les gens en fonction de leur race et de leur religion et assassine certains prévenus sans même les juger.

Un commentateur avisé affirmait ceci : “sait on que le Kosovo est doucement en train d’être accaparé par l’Albanie ? Sait on que l’Albanie a permis au Kosovo l’utilisation du port de Shengjin situé au nord de l’Albanie? Que le préfixe international du Kosovo ne sera plus celui de la Serbie (+381) mais celui de l’Albanie (+355) ? Je ne suis pas non plus sur que le monde sache que les douanes entre le Kosovo et l’Albanie ont été abolies, tandis qu’au même moment la KFOR locale renforce les taxes douanières et le contrôle aux frontières entre la Serbie et le nord du Kosovo. La guerre du Kosovo a été une guerre de conquête et non une guerre de libération. Les « Kosovars » n’existent que dans les journaux occidentaux et le Kosovo est en train de devenir ni plus ni moins qu’une région d’Albanie”.

Voilà le résultat de 10 ans d’ingérence Américaine au coeur de notre Europe.

Je lisais récemment cette histoire incroyable dans un zoo de suède ou les employés racontaient que un de leurs singes, probablement plus évolués que les autres, préparait des projectiles qu’il alignait dans sa cage et les lançait contre les touristes qui venaient l’observer de trop près. Les employés du zoo bien que surpris du geste hautement technique de ce pauvre singe affirment avoir trouvé la solution pour qu’ils n’importent plus les clients, le castrer. Ainsi disent ils celui ci sera “plus docile”.
Voila ce qui a tenté d’être fait par l’OTAN en Serbie : une castration. Le vrai génocide est la.

En mars 2009 l’opinion mondiale constate eux tout ce que le Kosovo est devenu : une province occupée souillée à l’uranium appauvri, une province occupée au main de groupes mafieux blanchis par le TPI, pouvant retourner à leur occupation principale : la traite des blanches et le trafic de drogue à destination de l’Union de Bruxelles. Une province occupée ou des habitants vivent parqués dans des ghettos, sous le regard morne et vide du monde entier, comme notre singe au zoo en Suède.
Voila le résultat de la non unité Européenne.

Mais le Kosovo n’est pas perdu !

L’OTAN et ses valets Bruxellois n’ont pas fait plier la résistance Serbe qui vient de donner au monde entier un exemple inédit de courage, de force et de détermination. Car les Serbes doivent avant tout savoir qu’ils ne sont pas seuls ! L’UE, l’ONU n’ont toujours pas reconnu le Kosovo et ne le reconnaîtront jamais ! Au coeur de l’Europe : la Grèce, l’Espagne, la Roumanie, la Slovaquie, Chypre ont refusé de céder malgré des pressions énormes. A travers le monde, la Chine, l’Inde, le brésil, le Kazakhstan, l’Argentine, la Moldavie et bien d’autres sont …. opposés à l’indépendance du Kosovo !
Dans tous les autres pays, des centaines de milliers, des millions d’habitants soutiennent la Serbie.

Il y a aussi la Russie, cette grande soeur bienveillante qui a affirmé dès le premier jour que jamais elle ne reconnaitrait le Kosovo. La Russie dont les dirigeants, Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev en tête ont décidé de prendre leur destin en main. La Russie qui aujourd’hui propose aux Européens un “choix” absolument essentiel pour la survie de notre civilisation et de nos peuples.

Le temps est venu pour les Européens de prendre leur destin en main, cet avenir qui ne situe pas par delà l’atlantique au sein de l’OTAN mais derrière l’oural, dans une gigantesque alliance militaire continentale avec la Russie.

L’unité continentale voila le seul espace qui garantira aux Européens, Serbes en tête l’assurance de vivre en paix et en liberté sur leur terre, au Kosovo. Plus que tout, il est le Kosovo doit revenir à ses propriétaires, tout comme Chypre nord. Il est temps que l’Europe cesse d’être une terre occupée, que ce soit par l’armée Turque ou par les soldats Américains, sous bannière de l’OTAN.

Le 24 mars au soir je ne serais pas physiquement à Belgrade, mais mon coeur et mon âme seront avec vous mes amis Serbes. Dès le lendemain, la lutte reprendra et ne s’arrêtera que lorsque l’occupation du Kosovo cessera !

Plus que jamais ce soir je vous salue et vous rappelle mon serment de fidélité à l’égard de la Serbie : vive la Serbie, vive le Kosovo Serbe !

Zivela Srbija ! Kosovo je Srbija ! Hourrah !

Alexandre Latsa
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“Macho”, cette géniale trouvaille linguistique…

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Je songe à l ‘extraordinaire destin de ce mot, “macho”, cette géniale trouvaille linguistique des féministes des années 70 qui ont, avec un unique petit mot, transformé les hommes, tous les hommes, en accusés commis d’office, qui ont réussi à les inhiber, qui sont parvenues à renverser la vieille incantation séculaire “sois un homme, pas une gonzesse!”, qui ont transmuté l’éternel masculin en insulte.

Eric Zemmour, Le Premier Sexe

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Je me situe dans une histoire beaucoup plus longue…

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Je me situe dans une histoire beaucoup plus longue, celle de la tradition européenne qui a trouvé dans les poèmes d’Homère ses livres sacrés. A mes yeux, ce que nous vivons est à peu près aussi noir que l’imaginait Volkoff, à cette différence près que je crois à l’éternel retour. Au long des millénaires, nous, “vieux Européens”, avons déjà connu tellement d’autres périodes sinistres où tout semblait s’abolir ! Mais toujours sont venues des renaissances, surgies de la rivière souterraine de nos permanences. Celles-ci continuent de courir secrètement, ruisselet aujourd’hui, torrent invincible demain. Et peu importe de na pas vivre soi-même le futur réveil. L’essentiel est d’y croire et d’y travailler.

Dominique Venner in NRH n°21

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La bière artisanale genevoise

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murailles

La Brasserie des Murailles est une brasserie artisanale implantée à Meinier, commune de la rive gauche, au bord du Lac Léman. En 2001, ses deux fondateurs, grands amateurs de bière, émettent l’idée de créer une bière genevoise à la saveur authentique et traditionnelle.

Le projet ayant mûri, la production débute dès le mois d’avril suivant. Les produits, élaborés dans le plus pur respect de la tradition, sont 100% naturels (sans colorant, ni conservateur ou tout autre additif). Le but étant de faire (re)découvrir le goût d’une vraie bière de terroir.

Au vu du succès remporté auprès du public, la brasserie s’équipe, en 2003, de nouvelles installations de plus grande capacité et se déplace dans de nouveaux locaux. Du nouveau également du côté de nos bouteilles changent d’apparence, elle sont désormais sérigaphiées.

En 2004, pour répondre à une demande toujours grandissante, notre installation est une fois de plus modifiée pour atteindre sa surface actuelle de 380 m2. Des verres sérigraphiés rejoignent nos bouteilles.

Merci à toutes les amatrices et à tous les amateurs de nos breuvages pour la confiance qu’ils nous témoignent depuis le début de cette belle aventure!

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Fight Club

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fc2« Plus le corps est faible, plus il commande ; plus il est fort, plus il obéit.
Quand les corps diminuent, les caractères tombent, le peuple perd sa force physique et morale. Alors on entend le pas du Barbare qui s’approche et qui regarde si l’heure est venue d’enlever du monde ce vieillard de peuple. »

Jean-Jacques Rousseau

Aujourd’hui tout le monde connaît Fight club de David Fincher, sorti au cinéma en octobre 1999. C’est sans doute la production d’Hollywood la plus surprenante de ces dix dernières  années de par le paradoxe qui la caractérise. D’une part  elle est le pur produit d’un cinéma qui vise avant tout la rentabilité : réalisateur efficace – on doit Seven, The game ou encore Alien 3 à  Fincher / acteurs favoris – Brad Pitt, Edward Norton ; budget colossal). D’autre part, elle diffuse un message radicalement opposé au système marchand. Pour comprendre cette contradiction, il faut reconnaître au capitalisme cette aptitude à transformer ce qui peut lui être contraire en pur produit marketing et ainsi affaiblir la pertinence d’une opposition (la métamorphose de l’icône révolutionnaire Che Guevara en accessoire fashion en est un bon exemple). Néanmoins il se peut que des éléments subversifs se soient glissés dans le système pour le combattre – vieille technique trotskyste. Quoiqu’il en soit ce n’est pas uniquement sur le film que cet article se concentre, mais aussi sur le roman éponyme de Chuck Palahniuk.

L’histoire est complexe et dans un souci de clarté il est préférable de présenter les quelques subtilités du film, quitte à casser l’effet de surprise pour ceux qui ne l’auraient pas vu.

Jack, interprété par l’étonnant Ed Norton, et Tyler Durden sont à la fois les deux héros du récit et la même personne. Tyler, incarné par Brad Pitt, est imaginé par Jack :

« Tyler est une projection. C’est un symptôme de dissociation mentale. Un état de fugue psychique.
Tyler Durden est mon hallucination. » (p. 238 ; Fight club ; Folio SF n°95)

La subtilité réside dans le fait que le spectateur est ignorant de ce dédoublement de personnalité. Jack est devenu fou à cause de son insomnie, et l’entrée dans sa vie de Marla Singer (Helena Bonham Carter) le perturbe au point qu’il s’invente le personnage idéal de Tyler. En fin de compte, Fight club est l’histoire de la folie d’un homme, mais cette folie est une réaction face à un mal qui trouve ses racines dans notre société moderne. Par un étrange paradoxe, c’est par la folie que Jack prend conscience de la réalité et découvre le vrai visage de la société.

La folie : prélude à la prise de conscience

Qu’est-ce que la folie ? Nombreux sont les écrivains et les cinéastes qui se sont penchés sur cet état pathologique mais peu l’ont exploré de la même manière que William Faulkner. Le fou, chez lui, n’est pas un des personnages mais le narrateur lui-même. Or l’originalité de Fight club est d’avoir réactualisé ce procédé. Ainsi le narrateur raconte son histoire, celle de sa folie, mais cela on ne s’en aperçoit qu’au dénouement.

Jack est atteint de schizophrénie (pathologie chérie des anglo-saxons depuis Stevenson).  Tyler, son double qui n’a d’existence que dans son imagination, apparaît à un tournant de sa vie. Un beau jour l’appartement de Jack, cadre trentenaire et célibataire travaillant pour un constructeur automobile, part en fumée. Il se retrouve seul alors dans la rue, sans rien. Mais Tyler, représentant en savon rencontré par hasard, propose de l’héberger chez lui dans une maison délabrée à Paper street.

Dès le premier soir de leur rencontre, Tyler essaye de déciller les yeux de son nouvel ami en le mettant en face des réalités. Oui, ses biens ont été détruits et alors ? Ce n’était que des objets qui n’avaient de valeur que celle qu’on leur attribuait :

« On achète des meubles. On se dit : ce sera le dernier canapé dont j’aurais jamais besoin de toute mon existence. On achète le canapé, et pendant quelques années on se satisfait du fait que, quoi qui puisse arriver, au moins on a réglé le problème du canapé. Et ensuite le bon service de table. Ensuite le lit parfait. Les rideaux. Le tapis.
Ensuite, on se trouve pris au piège de son adorable nid d’amour, et les choses qu’on possédait, ce sont elles qui vous possèdent maintenant. »   (p. 60)

Ce passage constitue une formidable charge contre le matérialisme quotidien. Jack, jusqu’à sa rencontre avec Tyler, est l’archétype de l’homme moderne. Sa seule ambition est de consommer et d’amasser. Mais il n’atteint jamais l’état de satisfaction, plus il en a, plus il en veut. Et finalement il y perd sa liberté, et notamment sa liberté d’agir par peur des conséquences nuisibles à son capital. Les causes du mal-être de Jack sont là. Ses ambitions purement matérielles ne lui apportent que des satisfactions partielles et beaucoup de soucis inutiles. Il aspire à autre chose, une chose plus complète ; et c’est cette aspiration qui le pousse vers la folie. Il possède tous les éléments qui peuvent participer du bonheur, mais pas ce qui fait le bonheur. Il le dit lui-même, il a « une maison pleine de condiments et pas de véritable nourriture » (p. 61).

C’est ainsi que Jack prend conscience de sa servilité et décide de recouvrer sa liberté avec l’aide de l’étrange mais fascinant Tyler :

« Puis-je n’être jamais complet.
Puis-je n’être jamais satisfait.
Puis-je n’être jamais parfait.
Délivre-moi, Tyler, d’être jamais parfait et complet. » (p. 63)

C’est la profession de foi de Jack contre l’esprit bourgeois, qui se caractérise par l’autosatisfaction et la cupidité, et contre l’idéal prêché par les ambassadeurs de la société de consommation.

Mais il ne suffit pas d’ouvrir les yeux sur son propre état pour en changer. Une fois devant la situation, c’est une question de volonté. La liberté n’est pas un acquis naturel, elle se prend. Le passage de l’état d’esclave à celui d’homme libre ne se fait pas sans douleur. Il demande abnégation et sacrifice. Ce passage se fera par le combat. Cette évolution de Jack se fait de manière quasi naturelle, il n’a pas l’impression de suivre un programme. Il ne suit et ne répond qu’aux propositions de Tyler et notamment à celle qui va tout changer :

«Je veux que tu me frappes aussi fort que tu peux. » (p. 64)

C’est ainsi que naît le «fight club».

Le Fight club : expression de la révolte

La création du fight club, qui est un club de boxe clandestin, est une réaction spontanée contre l’état d’esclavage devenu insupportable. Mais en quoi le fait de se battre est-il un acte révolutionnaire et libératoire ? Qu’espèrent trouver ces hommes par la violence ? Qu’est-ce que le sang, les coups, la douleur peuvent leur apporter ?
La société actuelle nous propose de vivre dans un monde aseptisé, virtuel, loin des réalités, des duretés et des risques de la vie réelle. Tout au long du film et du livre, Tyler dresse le constat des pertes et des catastrophes engendrées par ce modèle de société qui nous régit.

Aujourd’hui tout le monde peut constater une perte de l’identité dans l’uniformisation globale. On prétend respecter les différences et en vérité on les annihile. Plus de races, plus de peuples, plus de classes, plus que des hommes… qui ne sont plus rien au final ! C’est ni plus ni moins ce qu’affirme Tyler :

« Notre culture a fait de nous des individus absolument identiques. Personne n’est plus véritablement blanc ou noir ou riche. Nous voulons tous la même chose. Individuellement nous ne sommes rien. » (p. 193)

L’enjeu de notre société de consommation est d’embourgeoiser toutes les classes sociales, surtout les plus démunies car ce sont celles qui sont les plus susceptibles de se révolter ; le but est de les abolir dans un consumérisme général où les valeurs du paraître, de l’égoïsme et de la cupidité ont remplacé celles de l’être, de la solidarité et de l’abnégation. C’est ainsi qu’on a vu au fil des ans les plus féroces attaquants de la bourgeoisie devenir ses plus serviles représentants. Ils luttaient contre une classe sociale et non contre l’esprit bourgeois et le système qui les a absorbés. Ce triste retournement nous a révélé que la colère qui animait ces gens ne provenait pas d’un sentiment de justice mais d’envie, que le système s’est empressé de satisfaire.

Le combat au contraire permet de se libérer des sirènes de la fée consommation. Il permet aussi de retrouver une identité perdue et constitue une sorte de quête de la virilité. En effet il est curieux de constater que l’uniformisation de la société en arrive au point de produire des individus asexués. A l’heure actuelle, il n’y a plus grand-chose qui distingue l’homme de la femme (la mode vestimentaire en est un exemple). L’homme est devenu, dans les mains de la femme, un « mollusque geignard voué à la consommation et à l’illusion du principe de plaisir… » (Alain Soral, éléments n°113). C’est aussi ce qui explique le succès du fight club :

« Ce que vous voyez au Fight club, c’est une génération de fils de femmes, d’hommes élevés par des femmes. » (p. 70)

Pour Tyler les vertus du combat ne s’arrêtent pas là. Le combat permet l’expérience de la réalité, un redéploiement de la personnalité avec la force retrouvée ;  mais il constitue aussi un acte d’autodestruction volontaire. Avant de continuer, il convient d’exposer ce qu’est le Fight club, ce qu’il procure, et donc de laisser parler son inventeur :

« Nulle part vous n’êtes vivants comme vous êtes vivants au Fight club. Quand il s’agit de vous et d’un autre mec, un seul, sous cette lumière au milieu de tous ceux qui regardent. Le Fight club, ce n’est pas une question de perdre ou de gagner des combats. Le Fight club, ce n’est pas une question de mots. Vous voyez un mec qui débarque au Fight club pour la première fois et son cul, c’est rien qu’une miche de pain blanc. Vous revoyez le même mais six mois plus tard, et il donne l’impression d’avoir été taillé dans du bois massif. Ce mec a en lui la confiance d’entreprendre n’importe quoi. Ça grommelle, ça fait du bruit au Fight club comme à la salle de gym, mais le Fight club, ce n’est pas une question de porter bien, de porter beau et de paraître. On y hurle des langues incompréhensibles comme chez les mystiques à l’église et lorsqu’on se réveille le dimanche après-midi, on se sent sauvé. » (p. 72)

On peut garder une certaine réserve devant un tel exposé, mais quoiqu’on en pense, pour comprendre les actes de Tyler, il faut connaître sa conception du monde, qui est plus que pessimiste. Les solutions qu’il propose, qui ne sont pas toutes bonnes mais méritent d’être étudiées, découlent de cette vision des choses. Pour lui, « peut-être que l’amélioration de soi n’est pas la réponse. (…). Peut-être que la réponse, c’est l’autodestruction » (p. 69).

Pour être libéré, pour être sauvé, il faut toucher le fond :

«Ce n’est qu’après avoir tout perdu, dit Tyler, qu’on est libre de faire ce que l’on veut. » (p. 99)

« Se faire virer, dit Tyler, c’est la meilleure chose qui pourrait nous arriver, tous autant que nous sommes. De cette manière, nous cesserions de remuer du vent et nous ferions quelque chose de nos vies. » (p. 117)

« Le désastre est une part naturelle de mon évolution, murmura Tyler, vers la tragédie et la dissolution. (…). Je suis en train de rompre mon attachement à tout pouvoir, toute possession physique, murmura Tyler, parce que ce ne sera qu’à travers ma propre destruction que je découvrirai le pouvoir supérieur de mon esprit. (..). Le libérateur qui détruit ma propriété, dit Tyler, combat pour me sauver l’esprit. Le professeur qui nettoiera mon chemin de toutes mes possessions me libérera. » (p. 156-7)

Derrière cette espèce de vœu de pauvreté, on l’aura compris, Tyler Durden reste un nihiliste qui ne cherche son salut qu’en lui-même, et c’est son erreur. Sa réaction est séduisante parce qu’elle dénonce des maux réels et apporte quelques solutions, mais peut-être que l’autodestruction selon Tyler n’est pas la réponse. Toujours est-il que du Fight club, est sensé sortir un nouvel homme prêt à combattre le système, un homme libéré.

Conscient des succès individuels engendrés par son Fight club, Tyler alias Jack décide désormais de changer la société dans son ensemble : le « Projet Chaos » est né.

De la révolte individuelle à la révolution : le Projet Chaos

Le Projet Chaos a pour but d’agir sur la société par des actions illégales (« nous voulions libérer le monde de l’histoire par l’explosif » confie Jack)  et en agissant sur chaque individu. De même que les membres du Fight club doivent toucher le fond pour connaître la liberté ; la société, tel le phénix, doit être consumée pour renaître de ses cendres.

« Le but était d’enseigner à chaque homme du Projet qu’il avait le pouvoir de commander à l’histoire. Nous, chacun de nous, pouvons prendre les commandes du monde. » (p. 175), raconte Jack. Il ne faut pas être nombreux pour changer le cours des choses, il suffit d’être déterminé. Un grain de sable peut enrayer la machine la mieux huilée.

Ce monde est près de sa fin, ne vaut plus rien et n’est bon qu’à être détruit :

« Le recyclage et les limitations de vitesse sont de la connerie, a dit Tyler. Comme quelqu’un qui cesserait de fumer sur son lit de mort.
C’est le Projet Chaos qui va sauver le monde. Un âge glaciaire culturel. Un âge de ténèbres prématurément induit. Le Projet Chaos va forcer l’humanité à se mettre en sommeil ou en rémission suffisamment longtemps pour que la terre récupère de ses maux.
A toi de justifier l’anarchie, dit Tyler. A toi d’imaginer et de comprendre. » (p.178)

On se doute combien un tel projet peut devenir mortifère, et Jack finit par s’en rendre compte. Tel un savant fou, il réalise qu’il ne maîtrise pas sa création. L’erreur de tous les idéologues est de croire qu’ils peuvent conduire la révolution où ils veulent et l’arrêter. Mais à un moment elle devient autonome, la machine s’emballe et on ne peut plus revenir en arrière : les bonnes intentions deviennent sources de malheur. Ses efforts sont vains, le Projet Chaos est en marche.

En guise de conclusion et pour vous donner un aspect significatif de l’œuvre, vous laissant apporter les dernières considérations vous-mêmes, nous terminerons par cette longue citation en forme d’appel car certains constats résonnent curieusement à nos oreilles en ces temps de crise :

«Je vois les hommes les plus forts et les plus intelligents à avoir jamais vu le jour, (… ) et ces hommes vendent l’essence à la pompe et font le serveur.
(…) Si nous pouvions mettre ces hommes en camp d’entraînement et finir de les faire grandir.
Tout ce que fait une arme, c’est de focaliser une explosion dans une direction donnée.
Tu as une classe entière de jeunes hommes et femmes forts et solides, et ils veulent donner leur vie pour quelque chose. La publicité les fait tous courir après des voitures dont ils n’ont pas besoin. Ils travaillent dans des métiers qu’ils haïssent, par générations entières, uniquement pour pouvoir acheter ce dont ils n’ont pas vraiment besoin.
Nous n’avons pas de grande guerre dans notre génération, ni de grande dépression, mais si, pourtant, nous avons bien une grande guerre de l’esprit. Nous avons une grande révolution contre la culture. La grande dépression, c’est nos existences. Nous avons une grande dépression spirituelle.
Il faut que nous montrions à ces hommes et à ces femmes la liberté en les réduisant à l’esclavage, que nous leur montrions le courage en leur faisant peur.
Napoléon se targuait d’être capable de former des hommes à faire le sacrifice de leurs vies pour un morceau de ruban.
Imagine, quand nous appellerons à la grève et que tout le monde refusera de travailler jusqu’à ce que nous redistribuions les richesses du monde.
Imagine de chasser l’élan dans les forêts humides des canyons autour des ruines du Rockfeller Center. » (p. 214-5)

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Les huit péchés capitaux de notre civilisation, Konrad Lorenz

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

konradlorenz

Auteur : Konrad Lorenz

Titre de l’ouvrage : Les huit péchés capitaux de notre civilisation

Date de parution, éditeur, nombre de pages : 1973, Flammarion, 166 pages

Sujet :

Huit menaces majeures pèsent sur l’avenir de l’humanité. Dans cet ouvrage, le biologiste et zoologiste autrichien Konrad Lorenz les décrit et détermine leur cause.

Résumé :

Le progrès technologique est responsable indirectement de bon nombre de menaces. En effet, il permet de satisfaire plus rapidement et de manière trop facile un nombre croissant de besoins. Le confort dans lequel se vautrent les citadins occidentaux les amollit.

La surexploitation des ressources naturelles et la dévastation de la nature sont des menaces évidentes sur la pérennité de la vie humaine. Elles font perdre à l’homme tout respect de la beauté et de la grandeur d’une création qui le dépasse.

On aurait pu croire que le surpeuplement de la terre engendrerait un rapprochement entre les être humains. En réalité, il a pour conséquence de forcer les gens à s’isoler tant les capacités sociales des gens sont trop sollicitées. A force de se marcher dessus dans les grands centres urbains, l’agressivité entre les gens est à son comble.

La compétition entre les hommes, cette course contre eux-mêmes induite par notre modèle économique, empêche les hommes d’être attentifs aux valeurs véritables et les prive de la réflexion. Ceci les mène à la déshumanisation.

Il n’existe aujourd’hui plus aucune forme de sélection ce qui entraine une dégradation génétique et l’apparition de plus en plus de parasites sociaux.

Autre grave problème : la rupture des traditions, les jeunes générations n’arrivent plus à s’identifier à celles qui les ont précédés et une sorte de « néophilie » (attirance pour tout ce qui est nouveau) a prit la place de l’héritage, conséquence de la diminution des contacts entre parents et enfants.

L’augmentation des moyens pour diffuser l’information et l’augmentation du nombre d’hommes rassemblés en un groupe culturel permettent d’influencer l’opinion publique et de créer l’uniformité des vues. Manipuler des foules devient alors très facile pour celui qui tient dans sa main les mass-médias. Des thèses fausses et dangereuses peuvent être disséminées dans la population. Le Meilleur des mondes n’est pas loin.

Le dernier danger dont parle Konrad Lorenz dans son livre est le conflit nucléaire, pourtant celui-ci semble le moins probable et le plus facile à éviter parmi les autres précités.

Ces phénomènes de déshumanisation, dont nous avons parlé du premier au septième chapitre, sont favorisés par une doctrine pseudo-démocratique qui affirme que le comportement social et moral de l’homme n’est absolument pas déterminé par l’évolution phylogénétique de son système nerveux ou de ses organes sensoriels, mais qu’il est uniquement influencé par le « conditionnement » qu’il a subi au cours de son ontogenèse du fait de son environnement culturel. (p.166)

Citation(s) :

Il faut avoir demandé l’hospitalité dans une région peu peuplée, où plusieurs kilomètres de mauvaise route séparent les voisins les uns des autres, pour mesurer combien l’être humain est hospitalier et capable de sympathiser avec autrui, lorsque ses facultés de contact ne sont pas perpétuellement sollicitées à l’excès. (p.26)

Comparons, d’un œil critique, le centre ancien de n’importe quelle ville d’Allemagne, avec sa banlieue moderne qui prolifère honteusement à travers la campagne alentour, ou bien avec des localités encore épargnées. Comparons ensuite la coupe histologique d’un tissu organique sain, avec celle d’une tumeur maligne. On trouvera d’étonnantes analogies ! (p.41)

L’estimation à sa juste valeur d’un homme normal exige, de plein droit, l’affirmation de son individualité. De par sa phylogénèse, il n’est pas fait, comme le termite ou la fourmi, pour pouvoir supporter d’être réduit à un élément anonyme et parfaitement interchangeable, parmi des millions d’individus rigoureusement identiques. (p.43)

L’une des pires conséquences de l’agitation, nourrie par l’angoisse, est l’incapacité manifeste des hommes modernes à rester seuls en face d’eux-mêmes, ne serait-ce qu’un seul moment. (p.54)

Cet amour de la nouveauté ou « néophilie », affecte à peu près tous les rapports avec le monde extérieur dont l’homme est capable. Pour ceux qui sont atteints par cette maladie culturelle, une paire de soulier, un costume, une voiture perdent complètement leur attrait en peu de temps d’usage, exactement comment la personne aimée, l’ami ou même la patrie. (p.72)

Sans cette hiérarchie, la forme la plus naturelle d’amour humain, celle qui unit normalement les membres d’une famille, n’existerait même pas. Des milliers d’enfants sont devenus de malheureux névrosés, du fait de la célèbre éducation « anti-autoritaire » destinée à éviter les frustrations. (p.119)

C’est une vérité éthique incontestable que tous les hommes ont droit aux mêmes possibilités de développement. Mais on commet fréquemment l’erreur de fausser cette vérité, en disant que tous les hommes sont virtuellement égaux. La théorie du béhaviorisme va plus loin, en affirmant que tous les hommes deviendraient égaux, s’ils pouvaient se développer dans les mêmes conditions extérieures, et qu’ils deviendraient des hommes idéals si les conditions étaient idéales. Ainsi les hommes ne peuvent pas, ou plutôt ne doivent plus posséder des qualités héréditaires, aucune surtout de nature à déterminer leur comportement ou leurs besoins sociaux. (p.139)

Appréciation personnelle :

Ce livre est traduit de l’allemand, ce qui ne l’empêche pas d’être tout à fait agréable et rapide à lire. On aurait pu s’attendre à un livre compliqué de la part d’un zoologue, biologiste, ethologue et psychologue qui a reçu le prix Nobel de médecine en 1973, il n’en est rien. Mis à part quelques mots qui demanderont la présence d’un dictionnaire à vos cotés, le livre est parfaitement compréhensible, même pour les profanes.

Jean-David


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Apocalyptica – Hall of the Mountain King

Categorie(s) : Vidéos, par JI Genève

via Chez xyr

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