Et ça continue encore et encore…
Categorie(s) : Actualités, Textes, par JI Genève
Le 15 septembre dernier paraissait dans le journal français Le Point un article concernant la dénonciation d’une montée du racisme en Suisse par la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (Ecri). Celle-ci dénonce spécifiquement les campagnes et le discours de l’UDC ainsi que la séparation entre Suisses et récemment naturalisés lorsqu’il s’agit pour les media de qualifier les auteurs d’actes délinquants.*
Ce n’est pas la première fois que notre pays est la cible de critiques de ce genre. On se souvient des conclusions du rapporteur de l’ONU sur le racisme Doudou Diène, choqué aussi par les campagnes UDC et souhaitant à l’instar de l’Ecri des mesures politiques plus restrictives à l’encontre des actes et propos discriminatoires.**
Il est tout aussi intéressant de constater dans le dit rapport qu’il dénonce « les Suisses [qui] résistent toujours plus au processus du multiculturalisme en stigmatisant les immigrés extra-européens ». En comparaison, il n’est pas fait mention dans l’article du Point d’une stigmatisation explicite de cette catégorie d’immigrés. Néanmoins l’Ecri met au pilori l’institution de la démocratie directe l’accusant d’insuffisantes protections des droits fondamentaux en prenant comme exemple l’initiative sur les minarets qui sera bientôt soumise à votation.
Ainsi, la grande crainte exprimée dans ces rapports n’est non pas les problèmes inhérents aux sociétés multiculturelles, mais la résistance même d’une partie importante de la population au multiculturalisme. Prenant à partie l’UDC pour son discours jugé stigmatisant, l’Ecri semble oublier que cette stratégie est aussi utilisée par la gauche pour s’attaquer à une partie de la classe aisée de la population. Loin ici l’idée de discuter la véracité ou non de ce type de campagne, mais on voit que c’est du côté des rapports identitaires que se concentre toute l’attention des institutions politiques, et non plus sur les rapports de classes.
Plus que l’enjeu majeur de nos sociétés actuelles, le multiculturalisme est devenu le nouveau dogme auquel chacun de nous est tenu d’adhérer sous peine de condamnation au mieux morale, sinon bien concrète au moyen de censure voire de procès. Ceci n’est pas nouveau nous dira-t-on, mais l’intérêt de l’article du Point est l’intensité des demandes des diverses institutions internationales concernées par le problème. Celle de l’Ecri au sujet de l’interdiction de la discrimination appliquée aux relations entre particuliers est un exemple des plus frappants. Si l’on suit cette logique jusqu’au bout, on arrive à un renversement de l’objectif des Droits Fondamentaux. Censés protéger l’intégrité physique et morale d’un individu, ils seront désormais source de privation extrême de liberté et d’arbitraire, n’importe quel membre d’une communauté proclamée discriminée pouvant cette fois-ci se servir de cette excuse aussi dans ses relations les plus personnelles. Même si il pourra exister des garde-fous, le mal sera fait car ce genre de mesure exercera une pression énorme sur chacun de d’entre-nous. Nous ne seront certes pas conduits au bûcher, mais on aura franchi un pas de plus vers cette nouvelle inquisition.
A force de persister dans l’imposition d’un mode de société de plus en plus contesté, l’élite politique actuelle en vient à contredire ces principes les plus fondamentaux, elle se rattache à une idée réduite à sa propre logique, déconnectée de toute réalité. La légitimité d’une élite repose sur sa reconnaissance comme telle par celles et ceux qu’elle entend gouverner. En tentant de s’opposer à la volonté populaire, forte source de légitimité dans nos démocraties actuelles, pour faire valoir ses propres modèles, cette élite creuse sa propre tombe. Le plus grand problème est qu’elle risque aussi de creuser la nôtre.
Antoine
* Le Point du 15 septembre 2009
** Voir l’édition du Temps du 28 mars 2007

“L’Afrique du Sud est un putain d’endroit craignos. J’y suis retourné sans cesse depuis notre départ en 1997 – ma mère voulait que mes jeunes sœurs et mon petit frère ne grandissent pas dans la violence. Depuis, je suis allé dans les townships à Soweto plusieurs fois et le pays m’intéresse de plus en plus. Mais ce ne sont pas mes souvenirs que je filme dans District 9 : c’est une vision actuelle de l’Afrique du Sud. Le film ne parle pas uniquement d’une réalité locale. Les personnes déplacées, les disparités économiques grandissantes, la xénophobie, cela pourrait tout aussi bien se passer en Israël et Palestine, ou pendant des émeutes à Paris. Sauf que si vous voulez être aux premières loges pour le futur, allez en Afrique du Sud. Si vous voulez voir Paris dans soixante ans, allez à Johannesburg.”
« Toute élite qui n’est pas prête à livrer bataille, pour défendre ses positions, est en pleine décadence, il ne lui reste plus qu’à laisser sa place à une autre élite ayant les qualités viriles qui lui manquent. C’est pure rêverie, si elle s’imagine que les principes humanitaires qu’elle a proclamés lui seront appliqués: les vainqueurs feront résonner à ses oreilles l’implacable vae victis. Le couperet de la guillotine s’aiguisait dans l’ombre quand, à la fin du siècle dernier (ndlr : fin XVIIIe donc), les classes dirigeantes françaises s’appliquaient à développer leur « sensibilité ». Cette société oisive et frivole, qui vivait en parasite dans le pays, parlait, dans ses soupers élégants, de délivrer le monde de « la superstition et d’écraser l’infâme », sans se douter qu’elle-même allait être écrasée. »
Andréas Molzer,député européen, représentera le FPÖ !
























