Comment peut-on être rebelle aujourd’hui ?

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Je me demande surtout comment on pourrait ne pas l’être ! Exister, c’est combattre ce qui me nie. Etre rebelle, ce n’est pas collectionner des livres impies, rêver de complots fantasmagoriques ou de maquis dans les Cévennes. C’est être à soi-même sa propre norme. S’en tenir à soi quoi qu’il en coûte. Veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse. Préferer se mettre tout le monde à dos que se mettre à plat ventre. Pratiquer aussi en corsaire et sans vergogne le droit de prise. Piller dans l’époque tout ce que l’on peut convertir à sa norme, sans s’arrêter sur les apparences. Dans les revers, ne jamais se poser la question de l’inutilité d’un combat perdu.”

Dominique Venner

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Deux écrivains suisses : Gonzague de Reynold et Denis de Rougemont

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Même si la Confédération Helvétique ne fait pas partie de l’actuelle Union européenne, elle n’en est pas moins, avec sa devise, “L’Unité dans la Diversité”, le pays européen peut-être le plus exemplaire. Situé au carrefour de la germanité et de la latinité, du Nord au Sud, de la Tradition et du Progrès, ce petit État jaloux de son indépendance fournira à l’Europe quelques-uns de ses penseurs les plus singuliers. Deux d’entre eux gagneraient à être mieux connu du public de langue française : Reynold et Rougemont.

Né le 13 juillet 1880 à Fribourg, dans une famille catholique d’officiers suisses d’origine savoyarde, pétri de tradition alémaniques tout autant que romanes, Gonzague de Reynold fut toute sa vie hanté par le souvenir de la grande Bourgogne. Avant la Première Guerre mondiale, il affirme ses convictions européennes : “Notre pays, nous le voudrions ouvert au monde, et d’abord à l’Europe à laquelle nous appartenons. Mais cette Europe ne serait devenir une super-puissance centralisatrice opprimant ses minorités. Il serait bon qu’elle s’unifie, mais des les perspectives d’une confédération inspirée par le modèle helvétique. Ainsi, chaque petit peuple pourrait vivre en paix selon son propre génie, fraternel mais différent. Une démocratie centralisatrice étoufferait les hommes, leur esprit créateur, leur destin particulier, inaliénable.” Lors de la crise des années trente, il publie L’Europe tragique, où se révèle son esprit conformiste, à la fois nationaliste et internationaliste. Entre 1944 et 1957, il publie les huit tomes d’une fantastique somme géopolitique et historique, dans laquelle il répond lucidement à la plus importante des questions de notre temps, Qu’est-ce que l’Europe ?, s’attachant aux différents apports qui ont marqué le continent: Grecs, Romains, Celtes, Germains, Slaves. On peut y découvrir les racines mêmes de notre identité. Le Fribourgeois de Reynold, mort le 9 avril 1970, à 90 ans, fut un grand Européen.

Son cadet, Denis de Rougemont, s’inscrit dans une même ligne spirituelle. Né le 8 septembre 1906 dans le canton de Neuchâtel, ce fils de pasteur calviniste voyagea à travers l’Europe et vécu longtemps à Paris où il devint un des plus importants “non-conformistes des années trente” et fréquenta la revue Esprit. Son livre Penser avec les mains témoigne d’une belle originalité et en fait un des chefs de file du courant “personnaliste”. Séjournant en Allemagne et hostile au national-socialisme, avant d’être mobilisé pendant la guerre dans l’armée suisse, il sera envoyé en mission de conférence aux États-Unis. Au lendemain du conflit, il milite dans le mouvement européen et publie en 1961 un livre capital : Vingt-huit siècle d’Europe, soulignant l’importance fondamentale de la pensée grecque dans l’élaboration de notre civilisation. Il partage totalement les idées de son compatriote Gonzague de Reynold et écrit : “Pour moi, comme pour tant de Suisses, passer de la petite patrie à la plus vaste, ce n’est pas infidélité à ma race, à mon clos natal. C’est aimer plus loin dans le même sens.” Il restera toute sa vie soucieux d’une grande synthèse entre les contradictions apparentes : spirituel et matériel, technique et tradition, autorité et liberté, unité et diversité, sécurité et risque, personne et communauté. Il meurt à Genève le 6 décembre 1985, mais son oeuvre garde encore aujourd’hui tout son intérêt.

J.M. in La Nouvelle Revue d’Histoire n°20

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Eric Werner – Ne vous approchez pas des fenêtres

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Auteur : Eric Werner

Titre de l’ouvrage : Ne vous approchez pas des fenêtres (Indiscrétions sur la nature réelle régime).

Date de parution, éditeur, nombre de pages : 2008, Xenia, 140 pages

Sujet : analyses cyniques, lucides et souvent assez drôles qui prennent pour prétexte des brèves ou des dialogues avec des personnages réels pour certains et inventés pour d’autres. L’ouvrage embrasse des thèmes aussi variés que la culture, le terrorisme, l’immigration, la religion ou l’hypocrisie ambiante.

Résumé :

Ce livre a pour fil rouge le double langage des protagonistes. Car, selon l’auteur, il a deux langages fort différents qu’il nous convient de distinguer. Celui qui est employé en société, composé de phrases toutes faites, passe-partout et politiquement correctes et l’autre plus libre, tenu principalement entre amis ou en famille.

Le fossé existant entre ce qui peut être dit en publique et ce qui doit reste dans la sphère privé s’élargit, avec le temps, de plus en plus. Le contrôle social, la peur du qu’en dira-t-on, les menaces planantes sur la sphère professionnelle ainsi que l’autocensure entrent directement en conflit avec les valeurs démocratiques du libre débat et de la liberté d’expression.

Dans ces nouvelles apparaissent plusieurs acteurs représentatifs tels que l’ethnologue, qui d’ailleurs préface l’ouvrage, ou le lecteur, le grand inquisiteur, l’auteur, le philosophe, l’étudiante, l’épouvantail, l’usurpateur, le sceptique et l’avocate. Que le lecteur s’amuse en devinant à quelle personnalité connue fait allusion l’auteur parmi cette galerie humaine.

Notre dictature « soft » ou démocratie-fiction (au choix) ne fait guère illusion aux yeux des gens. Tout ce que vous voyez, les autres aussi le voient très bien. Par contre ils ne tiennent par à ce que cela se sache. Carnaval hypocrite au milieu d’un climat de peur et d’une chape de plomb qui est pourtant bien réelle.

Citation(s) :

” On sait que la criminalité coûte cher, mais parallèlement aussi, ce qu’on oublie parfois, elle fait vivre beaucoup de monde. Les criminels eux-mêmes, bien sûr, mais pas seulement. Un grand nombre d’autres personnes encore. ” (page 133)

” L’islam n’est pas pour la censure, il veut simplement mettre hors-la-loi ceux qui le critiquent. C’est très différent. ” (page 37)

” On ne t’interdit pas exactement de sortir de chez toi, tu en as tout à fait le droit. Mais tu en prends seul la responsabilité. C’est à tes risques et périls. Pourquoi ne veulent-ils pas que je sorte de chez moi ? demanda le Collégien. C’est très simple, dit le Colonel. Moins tu bouges, mieux ils te contrôlent. Ils font donc en sorte que tu bouges le moins possible. ” (page 25)

” Quelle est la différence entre l’avant guerre civile et la guerre civile proprement dite, demanda le double ? La frontière n’est pas clairement délimitée, dit l’Auteur. Simplement, à un moment donné, on se rend compte qu’elle est franchie. ” (page 134)

Appréciation personnelle :

L’approche de l’auteur est assez originale. Aborder les grands problèmes de notre société par l’ironie, l’esprit et avec beaucoup d’humour fait toujours un bien fou. Faire comprendre certains enjeux avec ce style décapant et caustique est on ne peut plus efficace.

Une lecture agréable, mais un peu brève. C’est là un livre rafraîchissant au possible et un plaisir qu’il serait dommage de bouder.

Ivan

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L’identité européenne

Categorie(s) : Textes, Traditions, par JI Genève

L’européanité est attestée par l’histoire et le caractère transnational des grands faits de culture. Au-delà d’un art rupestre spécifique à toute l’Europe voici déjà 30.000 ans, au-delà des pierres levées et des grands poèmes fondateurs, ceux des Hellènes, des Germains ou des Celtes, il n’y a pas une seule grande création collective qui, ayant été vécue par l’un des peuples de l’ancien espace carolingien, n’a pas été vécue également par tous les autres. Tout grand mouvement né dans un pays d’Europe a trouvé aussitôt son équivalent chez les peuples frères et nulle part ailleurs. (…) Comme tous les peuples unis par une même culture, les Européens sont les dépositaires d’une très ancienne tradition, mais ils ne le savent pas. La perception leur en a toujours été refusée. En dehors des poèmes homériques, ils n’ont pas d’écriture sainte, bien que la matière en soit offerte par leurs légendes, leur littérature épique et la philosophie antique. (…)

Tout grand peuple a une histoire sacrée qui révèle ses valeurs propres, celles qui donnent un sens à la vie de chacun des siens. Mais la longue histoire des Européens ne leur a jamais été contée. Elle n’a jamais été montrée ni perçue pour ce qu’elle est, un flux continu, comme si un même être, porteur des mêmes significations, avait traversé le temps (…).

L’Europe n’est pas née des traités de la fin du XXe siècle. Elle est issue de peuples frères qui, entre la Baltique et l’Egée, sur quelques milliers d’année, donnèrent naissance à une communauté de culture sans égal. L’Europe peut donc se définir comme une tradition très ancienne, tirant sa richesse et son unicité de ses peuples constitutifs et de leur héritage spirituel. (…)

[On doit constater] la vigoureuse unité de culture des Européens de l’âge du bronze, de la Baltique à l’Egée, de la Cornouaille à la Volga, voici quatre ou cinq mille ans. [Il s'agit de] l’une de nos civilisations premières, [avec] ses dieux solaires, ses déesses-mères, ses héros invaincus, ses légers chars de guerre, les trésors somptueux de ses palais, ses longues barques audacieuses. (…) Découvertes sous un tumulus du Danemark ou dans une tombe de Mycènes, les épées semblaient toutes sortir d’un même moule, affichant l’unité esthétique d’un même monde.

Aussi antique soit-elle, cette culture du bronze n’est pas la première en Europe. Elle a été précédée sur notre espace géographique par une autre culture beaucoup plus ancienne encore, celle des gravures et peintures «préhistoriques», enfantées par des peuples qui sont nos ancêtres les plus éloignés dans le temps.

Illustrée par le bestiaire magique de la grotte Chauvet, au bord de la vallée de l’Ardèche, cette première grande culture européenne a plus de 30.000 ans. Ses représentations pariétales les plus nombreuses et les plus étourdissantes de beauté sont localisées du Rhône aux monts cantabriques, mais on en voit les manifestations partout, en Allemagne, en Bohême, jusque dans l’Oural avec les peintures de la grotte de Kapova. Par son ancienneté et son homogénéité dans la peinture ou les gravures de toute sorte, cet art animalier d’inspiration religieuse est spécifique à l’Europe et à elle seule. La production d’objets de même facture esthétique, armes en silex taillé, propulseurs de harpons en os ou en bois de cervidés gravés, s’étend, elle aussi, des Pyrénées à l’Oural, sur ce qui sera l’aire originelle des futurs Indo-Européens.

L’étonnant dans cette première culture européenne, ce n’est pas seulement son étendue spatiale, mais aussi sa durée, au moins deux cent siècles, une éternité. Elle s’est manifestée d’environ 32.000 à 12.000 ans avant notre siècle, et ne s’est éteinte que voici une douzaine de milliers d’années.

Nous qui sommes des hommes «historiques», imprégnés jusqu’à la moelle par la constance et la rapidité des changements au cours des quatre derniers millénaires, il nous est difficile d’admettre que nos très lointains ancêtres aient pu traverser des millénaires sans connaître apparemment de changements notables. Quinze mille ans au bas mot séparent les dessins de la grotte Chauvet et les fresques géantes de Lascaux. Or, ce que représentent ces figurations est, pour l’essentiel, analogue. Le réalisme puissant de leurs artistes est apparenté. Certes, on peut relever des différences de style ou de choix dans les représentations animales. Mais les analogies sont beaucoup plus évidentes que les différences. Cela signifie que les peuples frères se sont maintenus sur place pendant des millénaires, reproduisant la même culture artistique, elle-même reflet direct d’une certaine âme collective, d’une même vision du monde, d’une même relation à la nature, d’une même conscience religieuse. (…)

Si l’on en croit les paléontologues, ces peuples sont frères de l’homme de Cro Magnon, lequel ne présente aucune différence morphologique notable avec l’Européen actuel. Même si les informations manquent pour rattacher précisément les chasseurs de cette époque à aucun groupe présent, une partie de leur descendance s’est vraisemblablement maintenue en Europe après la fin de la période glaciaire, formant le substrat de son peuplement. (…)

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Les mouvements de jeunesse

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Les mouvements de jeunesse sont pleins d’hommes que, du dehors, on admire d’être si zélés, et qui ne le sont que parce que c’est là qu’ils satisfont le mieux leurs penchants fondamentaux ; ils ont fait coïncider leur devoir et leur plaisir, ce qui est la meilleure façon de donner au devoir une bonne trempe : que nos devoirs soient en même temps nos plaisirs, que nos plaisirs soient en même temps nos risques. Ils disent : « vous prétendez que ce n’est pas la vie ! Mais toute ma vie est là ». Leur seul agacement est qu’il puisse se trouver dans la foule un intelligent qui ricane un peu de leur ferveur. Ils voudraient le flairer, pour lui murmurer à l’oreille : « il y a aussi ce que vous ne savez pas ».

Henry de Montherlant, le Solstice de juin

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Ces Roumains qui ne sont pas des Roms

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L’idéologie médiatique totalitaire livre une guerre sémantique permanente. Comme elle contrôle par définition l’information, elle la manipule et la transforme par l’amalgame et la confusion. Cette volonté de tout mélanger pour nier les identités historiques est particulièrement forte dans tout ce qui concerne les racines ethniques des peuples.

Ainsi comme on confond gens du voyage et forains pour ne pas parler de gitans dans certains faits divers, on assimile les Roms aux roumains. La criminalité rom provoque de vives réactions ici et la et particulièrement en Italie. Mais comme ce sont des Roumains de nationalité, l’Europe dénonce le racisme anti-roumain des Italiens, ce qui est bien sur une imbécillité totale. Le Roumain est par l’apport romain commun certainement le peuple européen le plus proche des Italiens, notamment par la langue.

Les Roumains ne sont pas des Roms. Ils ne viennent pas de migrations indiennes constituant des minorités entre l’Inde et l’Atlantique (voire en Amérique du Nord), connues sous de nombreux exonymes dont les plus utilisés en français sont Gitans, Tsiganes, Manouches, Romanichels, Bohémiens, Sintis.

La Roumanie a vu s’épanouir de nombreuses civilisations premières sur notre sol européen. On peut citer celle du Boian au néolithique. La culture Boian est connue sur le territoire de la Roumanie en Valachie jusqu’à la vallée de la Jiu à l’ouest, en Dobrogea, au sud ouest de la Moldavie et au sud est de la Transylvanie. Au long de son évolution, qui a connu quatre phases, elle va s’étendre vers le sud jusque sur les rives de la Mer Egée. En Bulgarie, elle est connue sous le nom de Marica. Une importante civilisation s’est développée à l’âge du bronze.

La Roumanie est une matrice de cultures pré-européennes puis européennes.

Mais quand on pense aux Roumains anciens, on pense surtout aux Daces. Les Grecs les appelait les Gètes un peuple très proche des Thraces qui cohabitait dans l’espace roumain d aujourd’hui avec des Cimmériens, des Scythes et avec des Grecs. Les Daces faisaient donc partie de la grande famille des Thraces et leur civilisation semble avoir des racines dans des présences beaucoup plus anciennes, 5000 ans avant J.C. Les Daces occupent un territoire entre Carpates et Danube et la mer Noire. Ils sont organisés en tribus dés le IIème millénaire avant notre ère et ils sont cités dans les récits d’Hérodote. La Dacie était également peuplée par les Sarmates, les Scythes, et les Bastarnes. On relève quelques peuplements celtes, et probablement un certain nombre de colons grecs et commerçants romains. Les ennemis des Daces sont les Romains et parfois certains Celtes. Leurs alliés sont les Thraces et les Grecs, jusqu’à la conquête de la Grèce par l’Empire romain.

A l’origine, ils vivent dans des huttes de bois regroupées en villages entourés d’une palissade, puis, à une époque tardive, ils construisent des forteresses et des tours coniques en pierre. Leurs principales activités sont l’agriculture et l’élevage. Les chevaux sont surtout utilisés comme animaux de trait. Des mines d’or et d’argent sont exploitées dans l’actuelle Transylvanie. Les richesses des Daces sont constituées de très importantes réserves d’or, de sel et de céréales. L’organisation sociale des Daces est complexe. La population dace est divisée en deux classes : une aristocratie (tarabostes) et un prolétariat (comati). Seuls les aristocrates ont le droit de se couvrir la tête, et portent un chapeau de feutre (ainsi tarabostesei = pileati) ; ils forment la classe privilégiée. Les autres (soldats, paysans, artisans…) portent les cheveux longs (capillati). Les Daces ont une stratégie militaire avec des points de défense séparés des lieux de vie. La construction des points de défense profite au maximum des caractéristiques physico-géographiques de la région. Les structures militaires sont le résultat de l’union des tribus en cas de danger. Elles peuvent se focaliser sur un seul objectif, comme la construction d’un ensemble de défense. Pour la première fois, on peut parler d’une armée dace vers le IVe ou IIIe siècle, sous Dromihete, avec toutes les institutions d’un État.

On retrouve deux types d’armes : armes de lutte à distance et armes de lutte au corps à corps. La cavalerie a un rôle de harcèlement, pour essayer d’attirer l’ennemi, lui tendre des pièges, et le mettre en position défavorable. Les Daces n’utilisent pas de techniques massives avec des unités rigides et nombreuses.

Pour les luttes au corps à corps, les Daces préfèrent porter une arme spécifique, la sica, ornée des symboles sacrés. Cette arme est ensuite utilisée par une partie des gladiateurs à Rome, appelés thraces par les Romains.

Mais avant Rome les daces avaient leur structure leur art et leur religion très particulière et passionnante. Les Daces ont atteint un très haut niveau de spiritualité quand les Romains apprennent leur existence. Ils croient en l’immortalité de l’âme et dans un dieu suprême et sans nom, malgré la présence de quelques divinités. On sait qu’ils faisaient aussi la distinction entre les choses de la terre et les choses de l’esprit. Aussi, les Daces étaient tristes lorsque quelqu’un naissait, et ils étaient les plus heureux du monde quand ils allaient à la mort au combat. Après la mort, ils se rapprochaient tous de Zalmoxis, le dieu suprême assimilé à un prophète.

Le récit issu de la tradition est incroyable.

Un homme voyage dans le monde entier, spécialement en Égypte, entre 1800 et 1200 avant JC, probablement. Après avoir appris beaucoup de choses à l’étranger, il arrive en Dacie pour la première fois, et il dit aux Daces qu’il y a une vie après la mort, mais les Daces ne l’ont pas cru. Puis, il va vivre dans les montagnes sacrées (Kakaionon ou kaka), trois ans dans une cave, et il revient, et les gens qui se disaient qu’il était mort le voient vivant. Ils croient alors que ce qu’il disait est vrai, et ils croient qu’il parle directement au nom du dieu suprême qui n’a pas de nom. Voila qui est tout de même troublant quand on compare avec la vie du Christ par exemple. Selon un bruit, les Daces donnaient à toute personne qui pouvait parler à ce dieu le même nom, Zalmoxis, “celui qui est arrivé à la libération finale » un Bouddha cette fois ?

Les autres dieux sont plutôt des divinités liées à la vie matérielle, terrestre, et ils ne jouent aucun rôle après la mort.

Un simple homme est donc considéré comme plus grand que toutes les divinités. Max Müller introduit le mot d’hénothéisme (Henotheism), pour signifier “croire en un dieu unique, mais accepter la présence d’autres divinités”. L’hindouisme, le judaïsme avant Babylone, et même quelque forme de christianisme sont hénothèistes. Le judaïsme moderne et le christianisme qui croit que le même dieu se présente sous trois formes, père, fils et saint esprit, sont, par contre, monothéistes.

Ainsi pensaient les Daces qui avaient leur Zarathoustra. L’expansion de la Dacie sous le règne de l’unificateur des tribus Burebista va vite se heurter aux frontières de l’empire romain. Les légions sont repoussées au delà du Danube.

Rome transforme alors la Messie sur le territoire de l’actuelle Bulgarie en zone tampon. Les Daces vont envahir la messie et se heurter à l’empire. Le roi Décébale, après quelques succès, doit reconnaître la suzeraineté sur son royaume de Rome. Mais les hostilités reprennent très vite sous Trajan avec deux guerres des Daces. L’empereur fait ériger colonne triomphale qui rappelle ses victoires et reste un vestige unique avec le trophée d’Auguste à la Turbie dans les Alpes-Maritimes. Décébale le conquérant devient un résistant à la Vercingétorix. Vaincu il se réfugie avec ses fidèles dans les montagnes de Transylvanie ou plutôt que de se rendre ou d’être arrêté il se donne la mort. Un véritable héros européen.

La Dacie devient une province de l’empire romain. Elle porte alors le nom de Dacie heureuse. Elle était sous l’autorité d’un légat de rang prétorien. La legio XIII Gemina, avec de nombreuses troupes auxiliaires, avait ses quartiers dans la province.En 129, sous Hadrien, la Dacie fut partagée en Dacie supérieure et Dacie inférieure, la première comprenant la région actuelle de Transylvanie, la seconde la région actuelle de la petite Valachie ou Olténie. Peu de temps après une troisième province fut intégrée. Seule la Dacie supérieure possédait une légion, elle était donc dirigée par un sénateur avec le rang de légat impérial. La Dacie inférieure et la Dacie porolissensis étaient gouvernées chacune par un chevalier portant le titre de procurateur, leur garnison ne comptait que des troupes auxiliaires.

Le règne de Marc Aurèle amena une importante réforme administrative. Les trois provinces furent réunies sous la direction d’un légat de rang consulaire, cette nouvelle province étant nommée province des Trois Dacies. (tres Daciæ) Des forts furent construits pour résister aux révoltes de la population, aux attaques des tribus Carpes et plus tard contre les populations barbares. Trois grandes routes militaires furent construites pour unir les principales villes, tandis qu’une quatrième, nommée en hommage à Trajan, traversait les Carpates et pénétrait en Transylvanie.

Les “Daces libres”, qui se donnaient eux-mêmes le nom de Carpes (d’où le nom de Carpates) vivaient en dehors de la province romaine, sur les territoires au nord et à l’est de l’actuelle Moldavie, mais aussi au nord des Carpates, où ils avaient le nom de “Costoboces”, et dans l’ouest de la Transylvanie, sous le nom de “grands Daces”. Les invasions, encouragées par les Daces libres, qui apparaissent sur un fond d’insurrections dans la province de Dacie romaine sont la raison principale de la retraite d’Aurélien. C’est la première grande province perdue par l’Empire Romain à un moment où il était encore assez puissant. Cependant, la perte ne fut pas officiellement admise : le terme utilisé était que la province entière avait été déplacée au Sud du Danube.

Quelques historiens prennent à la lettre ce déplacement, et considèrent que les régions au nord du Danube sont restées faiblement habitées pendant une période allant jusqu’à 600. Mais pour la plupart des historiens, les Daces romanisés sont quand même et probablement les ancêtres des Roumains actuels.

Plus tard, après 256, les alliés des tribus daces restantes sont les Goths dans une « fédération de peuples barbares ». Les Goths sont les derniers à s’être alliés mais n’étaient qu’une minorité de ces peuples appelés dans les sources historiques “envahisseurs goths”. Ces envahisseurs englobaient surtout des peuples aussi divers que des Scythes/Sarmates, Daces/Gètes/Carpes ainsi que des Vénèthes du Dniepr (ancêtres des Slaves de nos jours (ces derniers, qui peuplaient une grande partie de l’Europe, étaient pratiquement inconnus des Romains avant ces invasions). Cette confusion entre Goths et les autres ennemis des Romains en Europe occidentale fait que les premières études historiques avaient tendance à mélanger Goths et Gètes, croyant qu’il s’agissait du même peuple (avant que l’on découvre l’origine germanique des Goths). On évoque aussi des alliances tardives avec les Huns vers le IIIe siècle (Zosimus, IV 34).

L’histoire de la Roumanie va recommencer avec celle de la Valachie déjà évoquée ici. Nos peuples ont des mémoires croisées mais des identités fortes.

Pierre LAMBERT

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Kosovo : un conflit sans fin ?, Dušan T. Bataković

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

Auteur : Dušan T. Bataković

Titre de l’ouvrage : Kosovo : un conflit sans fin ?

Date de parution, éditeur, nombre de pages : 2008, l’Age d’homme, 320 pages

Sujet : Histoire complète de la province serbe du Kosovo. Cet ouvrage traite avec une somme impressionnante de connaissances du conflit opposant Serbes et Albanais ainsi que l’épuration ethnique causé par ses derniers, dans le silence médiatique le plus total.

Quelques mots sur l’auteur:

Historien et diplomate, Dušan T. Bataković fut également l’auteur de nombreux ouvrages de référence sur l’histoire serbe. Opposant au régime de Milošević il fut nommé ambassadeur en Grèce (2001-2005), Il est élu en novembre 2005 membre de l’équipe de négociations serbe sur le statut futur du Kosovo, dans le cadre de l’ONU à Vienne. Élu directeur de l’Institut des Études balkaniques en octobre 2005, il est également rédacteur en chef de l’annuaire Balcanica. En 2007, il est ambassadeur au Canada.
Parcours prestigieux et hors norme qui nous éclaire de façon significative sur la qualité et le sérieux de l’auteur. Il semble donc excessivement difficile de trouver un expert plus pointu sur la question.

Résumé :

Une surexposition médiatique, contrairement à l’idée reçue, ne donne guère d’éclairage probant sur certaines questions. Autant dire que ce livre arrive à point nommé, tant il est vrai que les informations et l’histoire réelle du Kosovo est largement inconnue du grand publique. Ignorance entretenue à dessin.

Ce territoire balkanique est depuis le moyen-âge un enjeu entre grandes puissances. D’un côté, nous avons : les Serbes dont c’est là le berceau historique et de l’autre les Albanais, qui par différents soutiens successifs et intéressés (Empire Ottoman et Autriche-Hongrie) et la « discrimination positive » de l’ère titiste, ont fini par être majoritaire démographiquement.

Exposant avec précision et une documentation monumentale les différentes époques traversés par cette région, cet ouvrage traite des pointes suivants :

- De la bataille de la Maritza (1371) à la « pax ottomanica »
- De la révolution serbe (1804) à la première guerre mondiale
- La création du royaume de Yougoslavie
- Deuxième guerre mondiale, persécutions albanaises avec l’appui de l’axe.
- Dictature communiste de Tito
- Guerre civile
- Bombardement de l’Otan
- Les liens entre l’UÇK et le milieu mafieux albanais.

Le livre s’arrête peu après la « dite» indépendance du Kosovo.

Il traite aussi considérablement du déplacement forcé des populations serbes menacées par les pogroms, des églises détruites ou profanés. (Photos explicites en annexe) Sujet si souvent occulté, lui aussi, par les médias.

Citation(s) :

“L’ «intervention humanitaire armée » était surtout défendue par ceux qui, idéologue ou lobbyiste, avaient soutenu dans le passé l’intervention de l’OTAN à l’encontre des Serbes de Bosnie, passant sous silence des obstacles légaux ainsi que la présence de mercenaires et de moudjahiddines dans les rangs de l’armée des Bosniaques musulmans.”

“Lors du pogrom perpétré par les extrémistes albanais contre la communauté serbe du Kosovo les 17 et 18 mars 2004, la cathédrale serbe de Prizren fut incendiée et attend toujours sa restauration. Une dizaine d’églises serbes médiévales connurent un sort semblable à Prizren, lors du même pogrom de mars 2004 : elles furent incendiées et profanées par la foule albanaise.”

“Il devint clair que les albanais du Kosovo avaient choisi l’option militaire afin d’obtenir, comme en Bosnie et en Croatie, l’appui de l’Occident et réaliser leur but principal : la séparation du Kosovo de la Serbie par tout les moyens possibles. “

Appréciation personnelle :

Remarquablement bien traduit, la chose est assez rare pour être appréciée, le plaisir de lire va de paire avec la solidarité que tout lecteur doté d’une certaine sensibilité (même minime) éprouverait pour tout peuple dépossédé de la terre de ses ancêtres.
Lecture profondément instructive et émouvante qui est agrémentée par diverses cartes, tableaux et photos qui ajoutent une dose de clarté appréciable. C’est là un ouvrage de référence très complet qui répond à une foule de questions tant pertinentes que légitimes.

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Au delà des droits de l’homme, Alain de Benoist

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

Auteur : Alain de Benoist

Titre de l’ouvrage : Au delà des droits de l’homme

Date de parution, éditeur, nombre de pages : 2004, Editions Krisis, 150 pages

Sujet : La recherche des fondements de l’idéologie des droits de l’homme, les droits de l’homme face à la diversité des cultures et face à la politique, la liberté et la démocratie.

Résumé : Il est impossible de résumer succinctement cet ouvrage d’Alain de Benoist tant nombreux sont les arguments et les citations d’auteurs. Néanmoins de chaque chapitre on peut tirer quelques idées principales.

Le premier chapitre s’articule autour de la question suivante : les droits de l’homme sont-ils du droit ? L’idéologie des droits définit les droits de l’homme comme étant innés et inhérents à la nature humaine. Les hommes naissant à « l’état de nature » possèdent intrinsèquement ces droits. Hors ce postulat est contredit par la notion même de « droit ». A l’origine ce dernier n’est qu’une discipline visant au partage des biens entre les hommes. « Le juriste est celui qui détermine cette juste répartition. » Le droit ne doit donc pas être confondu avec la morale qui elle, recèle les règles et les normes de conduites. Jusqu’à là, rien de terriblement excitant. Mais plus loin l’auteur poursuit comme suit : « si les droits de l’homme sont du droit, celui-ci n’a donc plus rien à voir avec ce que l’on entendait par « droit » lorsque celui-ci a été fondé. Le droit naturel classique a été remplacé par un droit naturel moderne, qui argumente à partir de bases théologiques radicalement différentes, et ne trouve plus en face de lui que la platitude et l’insuffisance manifeste du positivisme juridique (…). Les droits de l’homme constituent l’habillage juridique d’une revendication morale de la notion biblique de justice. » Alain de Benoist conclut le chapitre par ces mots : « L’idéologie des droits de l’homme vise à soumettre l’humanité entière à une loi morale particulière relevant de l’idéologie du Même. »

Le deuxième chapitre est consacré à la recherche d’un fondement pour les droits de l’homme. « Lorsque L’UNESCO eut décidé, en 1947, de lancer une nouvelle Déclaration universelle des droits de l’homme – celle-là même qui allait être solennellement proclamée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations-Unies -, ses dirigeants entreprirent de procéder à une vaste enquête préalable. (…). Environ 150 intellectuels de tous les pays se virent ainsi demander de déterminer la base philosophique de la nouvelle Déclaration des droits. Cette démarche se solda par un échec, et ses promoteurs durent se borner à enregistrer des divergences inconciliables entre les réponses obtenues.» Que l’on justifie les droits de l’homme par l’utilitarisme, par la nature de l’homme ou de son soi-disant antique « état de nature », par la volonté (Würde) kantienne, par l’impossible universalisme de ces derniers, par la raison, la « dignité de l’homme » et son appartenance à l’humanité ou par le fait qu’ils sont simplement des « droits naturels », rien ne résiste à l’analyse de l’auteur. Dans le dernier cas par exemple, les droits de l’homme vont soit à l’encontre de ce que l’on observe effectivement dans la nature (« la nature ne peut conseiller que le crime » selon Baudelaire), soit ils concernent des choses sur lesquelles la nature ne dit strictement rien. Le chapitre se clôt avec ses mots : « au bout du compte la théorie se ramène à dire qu’il est préférable de ne pas subir d’oppression, que la liberté vaut mieux que la tyrannie, qu’il n’est pas bien de faire du mal aux gens, et que les personnes doivent être considérées comme des personnes plutôt que comme des objets, toutes choses qu’on ne saurait contester. Un tel détour était-il nécessaire pour en arriver là ? » A vous d’en juger.

Le troisième chapitre est beaucoup plus intéressant d’un point de vue identitaire. Il démontre l’incompatibilité des droits de l’homme et de sa volonté universaliste avec la diversité des cultures. Ceci est agrémenté d’exemples concrets et d’actualité (lapidation, excision…). Le postulat selon lequel les droits de l’homme sont valables en tous lieux et en tous temps constitue une prétention d’universalité qui par extension constitue à son tour une prétention de vérité absolue. « Le problème devient spécialement aigu lorsque les pratiques sociales ou culturelles dénoncées au nom des droits de l’homme ne sont pas des pratiques imposées, mais des pratiques coutumières jouissant de toute évidence d’une faveur massive au sein des populations concernées. » « Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui a servi de base à la décolonisation, contredit d’emblée le droit d’ingérence à vocation « humanitaire. » A titre d’exemple, on peut citer l’intervention américaine de 1993 pendant le guerre civile somalienne.

Si les droits de l’homme sont une vérité universelle, si tout un chacun naît égal en dignité et en droit, comment expliquer que ce soit uniquement l’Occident qui en a fait la découverte avant tout le monde ? Si les droits de l’hommes sont réputés universels, absolument vrais et inaliénables, comment se fait il qu’il faille les imposer par les armes ? Au nom de quoi, hormis l’expansion des marchés, l’Occident se permet-il de faire du prosélytisme « droidelhommiste » au reste du monde ? Pourquoi affirmer des droits communs du fait de l’appartenance à un seul échelon biologique, l’espèce humaine, et du même coup refuser des droits communs à d’autres échelons, plus petit ou plus grands ? En raisonnant de cette façon, on peut affirmer que les droits de l’homme ne sont finalement qu’une poignée d’écrits émanant de volontés purement « spécistes ». Pourquoi ne pas étendre les droits de l’homme à tous les être vivants, afin de renforcer cette idéologie du Même qui rend les êtres interchangeables ? Et de l’autre côté, pourquoi condamner des pratiques « juridique » qui ne sont propres qu’à un seul peuple ?

Pour conclure cette courte synthèse, je tiens à citer quelques passages judicieusement choisis du dernier chapitre qui s’articule autour des notions de liberté, de politique et de démocratie :

« Toute justice a besoin d’une puissance politique qui lui serve au moins de force d’exécution. En l’absence d’un gouvernement mondial, la puissance appelée à jouer le rôle d’une police planétaire ne peut être que celle des forces armées assez puissantes pour que nul ne puisse leur résister. Comme les armées sont toujours au service d’États particuliers, cela revient donc à consacrer l’hégémonie des superpuissances, dont il serait naïf de croire qu’elles ne chercheront pas d’abord à servir leurs propres intérêts, fût-ce en couvrant leurs agressions du manteau de la morale et du droit. »

« L’idéologie des droits de l’homme ne veut connaître que des individus abstraits, la démocratie ne connaît que des citoyens. » La première « équivaut à une obligation faite aux citoyens de renoncer à n’être gouvernés que par les dirigeants qu’ils ont élus. Elle implique que l’autorité ultime à laquelle les citoyens doivent obéissance n’est plus celle de ces dirigeants élus, mais celle d’instances ou de juridictions internationales dont les membres, parlant en quelque sorte au nom d’une vérité révélée, n’ont pas la moindre légitimité démocratique. »

Avec ce petit résumé j’espère avoir simplement éveillé votre curiosité et votre envie d’en savoir d’avantage.

Citation(s) :

« Une évidence est de l’ordre du dogme : elle ne se discute pas. C’est pourquoi il paraît aujourd’hui aussi inconvenant, aussi blasphématoire, aussi scandaleux de critiquer l’idéologie des droits de l’homme qu’il l’était autrefois de douter de l’existence de Dieu. »

« De même, enfin, que les croyants pensaient naguère avoir le devoir de convertir par tous les moyens « infidèles » et mécréants, les tenants du credo des droits de l’homme se considèrent comme légitimement investis de la mission d’en imposer les principes au monde entier. »

« Associé à l’expansion des marchés, le discours des droits de l’homme constitue l’armature idéologique de la globalisation. »

« La question des libertés ne saurait se résoudre en termes de droits ou de morale. Elle est avant tout une question politique. Elle doit être résolue politiquement. »

« Contester l’idéologie des droits de l’homme, ce n’est donc évidement pas plaider pour le despotisme, c’est bien plutôt contester que cette idéologie soit le meilleur moyen d’y remédier. »

« L’utilitarisme ne saurait fonder les droits de l’homme, puisqu’il pose en principe qu’il est toujours légitime de sacrifier certains hommes si ce sacrifice permet d’augmenter « la quantité de bonheur » d’un nombre d’homme plus important. »

« Les droits de l’homme ne sont universels que s’ils incluent le droit de ne pas croire au dogme de l’universalité des droits. » Giuliano Ferrara

« Tout universalisme tend à l’ignorance ou à l’effacement des différences. »

« Si le respect des droits individuels (droits de l’homme) passe par le non-respect des cultures et des peuples, faut il en conclure que tous les hommes sont égaux mais que les cultures que ces égaux ont crées ne sont pas égales ? »

Appréciation personnelle :

Ce livre qui contient une myriade de notes, de citations et de références, fait partie de ceux qui se dégustent. Ceux devant lesquels il faut réfléchir et revenir souvent plusieurs phrases en arrière afin d’en comprendre tout le sens. Les phrases sont souvent complexes, parfois longues ; et les principes détournés, ce qui demande beaucoup d’attention ou mieux, l’expérience de la littérature philosophique et du vocabulaire inhérent à ce genre d’ouvrage. Bien que relativement courte (environ 133 pages), la lecture de ce livre devrait être appréciée des érudits. L’intérêt de ce récit d’un point de vue identitaire n’est pas à démontrer, tant aujourd’hui la société est basée sur la religion des droits de l’homme. « Le sacre des droits de l’homme, a écrit Marcel Gauchet, est à coup sûr le fait idéologique et politique majeur de nos vingt dernières années. »

Pour conclure, la lecture de ce livre et de ses nombreux « piques argumentaires » permettront d’améliorer le discours de nombreux militants en la matière.

Le livre complet est disponible gratuitement au format pdf à l’adresse suivante :

http://www.alaindebenoist.com/pdf/au-dela_des_droits_de_l_homme.pdf

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Y-a-t-il une vie après l’activisme ?

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

Dans un monde moderne où règnent en maîtres le bougisme, la consommation et le goût du “zapping” et de l’éphémère, l’engagement militant s’apparente trop souvent à un engouement passager, voire furtif, qui, s’il est parfois d’une grande intensité, ne s’inscrit que trop rarement dans la construction et la durée, pourtant facteurs indispensables de crédibilité et d’efficacité.

Pour beaucoup, le militantisme n’est en effet qu’un “temps” de l’existence, compris généralement entre le début des études et l’entrée dans la vie active, une sorte de parenthèse avant “les choses sérieuses” que sont les modalités de la vie bourgeoise. Bref, une sorte de crise d’adolescence plus ou moins tardive qui ne résiste pas aux exigences matérielles et aux responsabilités de l’âge adulte.

Ainsi, après, au mieux, quelques “coups d’éclat”, quelques pugilats plus ou moins romancés et surtout de très nombreuses soirées de révolution éthylique, on remise son drapeau et ses tracts dans le coffre à souvenirs, entre le camion de pompiers et le premier roman inachevé, pour revêtir l’uniforme grisâtre de l’employé modèle qui croit ainsi devenir un “bon citoyen”, aimé et respecté, et un “bon père de famille” alors qu’il n’est en réalité qu’un déserteur de seconde zone et un traître à l’avenir de son peuple et de ses enfants qu’il croit pourtant “protéger” en renonçant à combattre.

Cette démission est d’autant plus accablante qu’elle démontre avec nitescence qu’il n’a donc jamais été question de foi ni même de convictions mais simplement de théâtre et de jeu.

Derrière les mots, il n’y avait que la stérilité de la posture, sous les pas faussement assurés, que le sable mouvant de la mise en scène…

C’est parce que ce désespérant constat est trop fréquent que les exceptions qui lui échappent méritent d’être mises en lumières et honorées. C’est pourquoi Id Magazine a décidé de donner la parole à quelques uns des rescapés des tumultueuses années 80/90 qui sont encore investis et impliqués dans le combat politique.

Afin qu’ils soient, pour nous tous, des exemples de constance, de persévérance et de fidélité.

P. Chatov

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Balles perdues, Slobodan Despot

Categorie(s) : Textes, par JI Genève

sloboAuteur : Slobodan Despot

Titre de l’ouvrage : Balles perdues

Date de parution, éditeur, nombre de pages : 2002, L’Age d’Homme, 120 pages

Sujet :

Ce recueil de divers textes, même si pour la plupart ont pour toile de fond le drame serbe, ont pour fil conducteur (au dire de l’auteur) : la défense de l’âme et de la raison contre les mirages créés par une manipulation totalitaire de plus en plus perfectionnée.
Il s’agit aussi d’une véritable compilation de divers cris venant d’un cœur rebelle.

Quelques mots sur l’auteur:

L’auteur, autrefois directeur de collection à l’Âge d’Homme et qui a collaboré à de nombreux ouvrages dont, à ma connaissance, l’excellent et très documenté « Kosovo : un conflit sans fin ? » de Dusan Batakovic et l’indispensable « Désinformation : Flagrant délit » du regretté Vladimir Volkoff.

Actuellement, Slobodan Despot s’occupe de sa propre maison d’édition : Xénia qui, il faut le dire, possède déjà un catalogue vaste et varié où les titres pertinents sont légions.

Résumé :

« Contre le pouvoir, l’écrit paraît souvent n’être qu’une balle perdue. D’où le titre de ce livre. Mais les balles perdues, quelquefois, frappent là où on ne les attend pas. » Comment espérer une plus belle introduction ?

Face à la propagande omniprésente, ce livre est plus que bien venu. Il est même un salvateur bain d’oxygène tant est étouffante la comédie de nos médias. Il expose le traitement médiatique de la Serbie, l’histoire véritable du Kosovo (très peu connue du grand public), les deux visages du mondialisme, la manipulation des esprits et des âmes ainsi que la désinformation en général. Cet ouvrage est composé de textes tout aussi essentiels les uns que les autres. Pour ceux qui veulent réfléchir par eux même, comprendre la tragédie Serbe, démasquer l’imposture mondialiste et décrypter l’information moderne, ce livre est pour vous…

Citations :

« L’ordre économique, qui en Occident détermine tout, ne tolère pas les nations, soudées et souveraines. Il veut des individus, solitaires et malléables. Comme le communisme à ses débuts, il pactise avec de petites nations lorsqu’elles peuvent servir à disloquer de plus grandes. »

(A propos de mondialistes et des alter mondialistes)

« La boucle est bouclée. Le Yin et le yang ne sont qu’un seul et même monde, scindé en deux générations : les maîtres de la terre et leurs enfants qui les haïssent, eux et leur prospérité qui leur a permis de naître riches et culpabilisés. »

« Les Serbes d’aujourd’hui n’ont pas plus le droit de marchander ces églises (au Kosovo) que ne l’auraient les Grecs actuels de vendre le Parthénon. »

Appréciation personnelle :

Le plaisir est vraiment intense à la lecture, cet homme a un don. Si vous aimez souligner les belles tournures de phrases ou les idées percutantes, je vous avertis que presque tout ce recueil risque d’être marqué au crayon ! Vladimir Volkoff, le père de la désinformation, a là un successeur de choix. Slobodan Despot est un homme brillant dont les interventions télévisuelles, les textes et les livres n’ont le défaut que de leur rareté.

Ivan

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