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	<title>JI Genève &#187; Textes</title>
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	<description>Les Jeunes Identitaires genevois</description>
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		<title>Citoyen de nulle part</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Aug 2011 23:37:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JI Genève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le mot « cosmopolite », qui signifie « citoyen du monde » (étant formé des deux mots grecs cosmos et politês), est en lui-même une subreption, car toute cité implique un dedans et un dehors, une relation d&#8217;inclusion-exclusion : le monde ne saurait être une cité. « Défend tes lois comme tu défends tes murailles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-large wp-image-2346" title="carteancienne" src="http://www.jigeneve.com/wp-content/uploads/carteancienne-1024x873.jpg" alt="" width="464" height="395" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le mot « cosmopolite », qui signifie « citoyen du monde » (étant formé des deux mots grecs cosmos et politês), est en lui-même une subreption, car toute cité implique un dedans et un dehors, une relation d&#8217;inclusion-exclusion : le monde ne saurait être une cité. « Défend tes lois comme tu défends tes murailles », disait Héraclite ; s&#8217;il n&#8217;y a plus de « murailles », ou de frontières, la cité disparaît, et avec elle le civisme. Le soi-disant « cosmopolite » ne peut être citoyen du monde, il n&#8217;est citoyen de nulle part, et il ne se réclame du monde que pour nier ses devoirs envers la cité.</p>
<p>Henry de Lesquen, texte intégral <a href="http://www.polemia.com/pdf_v2/cdlh2009.pdf">ici</a></p>
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		<title>La démesure et l&#8217;avenir de notre civilisation</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Jul 2011 15:37:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JI Genève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[
&#8220;La charité peut et doit aimer dans tous les pays tout ce qui est condition du développement spirituel des individus, c’est-à-dire, d’une part, l’ordre social, même s’il est mauvais, comme étant moins mauvais que le désordre, d’autre part, le langage, les cérémonies, les costumes, tout ce qui participe au beau, toute la poésie qui enveloppe [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter" title="Cathédrale Saint Pierre Genève" src="http://img94.imageshack.us/img94/5471/cathdralesaintpierre.jpg" alt="" width="450" height="318" /></p>
<p style="text-align: justify;">&#8220;La charité peut et doit aimer dans tous les pays tout ce qui est condition du développement spirituel des individus, c’est-à-dire, d’une part, <strong>l’ordre social, même s’il est mauvais, comme étant moins mauvais que le désordre</strong>, d’autre part, le langage, les cérémonies, les costumes, tout ce qui participe au beau, toute la poésie qui enveloppe la vie d’un pays.</p>
<p style="text-align: justify;">(…) La vie moderne est livrée à la démesure. <strong>La démesure envahit tout : action et pensée, vie publique et privée. De là, la décadence de l’art. Il n’y a plus d’équilibre nulle part.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(…) L’illusion constante de la Révolution consiste à croire que les victimes de la force étant innocentes des violences qui se produisent, si on leur met en main la force, elles la manieront justement. Mais sauf les âmes qui sont assez proches de la sainteté, les victimes sont souillées par la force des bourreaux. Le mal qui est à la poignée du glaive est transmis à la pointe. Et les victimes, ainsi mises au faîte et enivrées par le changement, font autant de mal ou plus, puis bientôt retombent.</p>
<p style="text-align: justify;">(…) <strong>Tu ne pourrais pas être né à une meilleure époque que celle-ci où on a tout perdu</strong>. A près l’écroulement de notre civilisation, de deux choses l’une : où elle périra tout entière comme les civilisations antiques, ou elle s’adaptera à un monde décentralisé. <strong>Il dépend de nous de préparer l’avenir</strong>.&#8221;</p>
<p style="text-align: justify;">Simone Weil, <em>La Pesanteur et la Grâce</em>, 1948.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>   <br />
<a href="http://www.autre-jeunesse.com/simone-weil-le-deracinement-et-lavenir-de-notre-civilisation/" target="_blank">Lire l&#8217;article entier</a></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Un symbole de liberté!</title>
		<link>http://www.jigeneve.com/2011/06/un-symbole-de-liberte/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Jun 2011 14:16:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JI Genève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[
Ce mercredi 1er juin avait lieu à Genève la commémoration du débarquement des confédérés au Port-Noir, en 1814. Mais que représente cette date aujourd&#8217;hui?
Le début du XIXe siècle voit Genève annexée dans le jeune empire français de Napoléon. Les citoyens et habitants de notre cité doivent alors subir enrôlement forcé, crise économique et destructions des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter" title="Port Noir" src="http://img155.imageshack.us/img155/8958/181403.jpg" alt="" width="450" height="289" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ce mercredi 1<sup>er</sup> juin avait lieu à Genève la commémoration du débarquement des confédérés au Port-Noir, en 1814. Mais que représente cette date aujourd&#8217;hui?</p>
<p style="text-align: justify;">Le début du XIXe siècle voit Genève annexée dans le jeune empire français de Napoléon. Les citoyens et habitants de notre cité doivent alors subir enrôlement forcé, crise économique et destructions des symboles de leur identité. Heureusement, les défaites napoléoniennes à Leipzig permettent aux Genevois de revendiquer leur indépendance le 1er janvier 1814. Cinq mois plus tard, deux garnisons provenant de Fribourg et de Soleure débarquent au Port-Noir symbolisant l&#8217;amitié et le soutien des confédérés. Ce geste se concrétisera un an après avec l’entrée du Canton de Genève dans la Confédération Helvétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est certes bien venu d&#8217;évoquer cette histoire, mais encore faut-il en comprendre la signification. Les Genevois refusèrent l&#8217;impérialisme français pour choisir la liberté parmi les Helvètes. Tout au long de l’occupation napoléonienne, ils préservèrent l&#8217;esprit d&#8217;indépendance au sein de leurs foyers. Les familles conservaient les armoiries de la ville et enseignaient à leurs enfants les chants et traditions que l&#8217;empire essayait tant bien que mal d&#8217;effacer. Notre classe politique serait bien avisée de méditer sur les motivations, aspirations et volontés durant cette période avant de se gargariser d’un « tout international » et de tourner en rond à propos des logements. Ils feraient mieux de se rappeler qu’à l&#8217;époque, les Genevois avaient un foyer où préserver la tradition!<br />
   </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alexandre</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
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		<title>Le vrai courage</title>
		<link>http://www.jigeneve.com/2011/05/le-vrai-courage/</link>
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		<pubDate>Sat, 21 May 2011 18:15:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JI Genève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[
    
La peur et le vrai courage: l&#8217;exemple spartiate
   
Le Spartiate, tout nous laisse le supposer, passait pour courageux parce qu’il ne pouvait pas faire autrement. Dans la phalange soudée comme un bloc, comment reculer, poussé par le rang suivant ? Il ne perdait pas de vue non plus le supplice infligé aux déserteurs, indépendamment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong><img class="aligncenter" title="Spartiates" src="http://imagik.fr/uploads/414531" alt="" width="450" height="300" /></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>    </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>La peur et le vrai courage: l&#8217;exemple spartiate</strong><strong><br />
   </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le Spartiate, tout nous laisse le supposer, passait pour courageux parce qu’il ne pouvait pas faire autrement. <strong>Dans la phalange soudée comme un bloc</strong>, <strong>comment reculer</strong>,<strong> poussé par le rang suivant ?</strong> Il ne perdait pas de vue non plus le supplice infligé aux déserteurs, indépendamment de la honte pour beaucoup, d’accomplir un acte vil. En outre, tout était prévu pour l’exciter au combat :  l’hydromel alcoolisé avant l’assaut,  les chants belliqueux obligatoirement hurlés à plein poumons, le vrillement des oreilles par les flûtes obsédantes, enfin le contact avec l’ennemi qui brandissait son glaive, l’instinct de conservation et le déclenchement de tous les réflexes acquis au cours des années d’entrainement. Peut-être aussi pensait-il, l’hoplite, à la récompense décernée aux braves, l’ilote, à son éventuel affranchissement et le mal-aimé à une gloire fêtée dans les bras d’une femme éblouie. Tout cela pouvait faire des héros, sans comptés ceux fabriqués par le dieu hasard, quand le guerrier surpris de se voir attribuer des lauriers qu’il n’a pas mérités, profitant d’un concours de circonstances mal interprétées. Mais qu’importe ! La guerre et ses troubadours ont besoin de héros et l’on fait toujours bonne mesure.</p>
<p style="text-align: justify;">Laissons le Spartiate sur son piédestal, car des héros, des vrais, il y en avait en Laconie comme ailleurs, semblables à Léonidas aux Thermopyles combattant jusqu’à la mort avec trois cents de ses meilleurs guerriers. Si le triomphe est réservé à l’exceptionnel, dans les rangs<strong> il y avait aussi de ces petits combattants qui font les grandes nations. Le vrai courage</strong>,<strong> c’est quand la peur tord le ventre du soldat</strong>,<strong> qu’il monte à l’assaut quand même et en chantant</strong>. Nous pouvons être certains qu’à Sparte, ceux-là étaient innombrables.<br />
  </p>
<p>Jean Marcillac, auteur des <em>Egaux spartiates</em> (1975)<br />
   </p>
<p><a href="http://www.autre-jeunesse.com/la-peur-et-le-vrai-courage-lexemple-spartiate/" target="_blank">Source</a></p>
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		<title>Libye : démocrates ou djihadistes ?</title>
		<link>http://www.jigeneve.com/2011/04/libye-democrates-ou-djihadistes/</link>
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		<pubDate>Sat, 02 Apr 2011 08:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JI Genève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[

Avant  d’intervenir militairement en  Libye, peut-être eut-il été sage de  s’interroger sur la véritable nature des  insurgés et du CNT (Conseil  national de transition) qui les fédère. Un  rapport[1] présenté en 2007 devant la prestigieuse académie militaire de West  Point  aux Etats-Unis, nous apprend en effet que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter" title="Partisan de Benghazi" src="http://www.interet-general.info/IMG/jpg/Libya-Benghazi-28fevrier2011-6.jpg" alt="" width="450" height="310" /></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Avant  d’intervenir militairement en  Libye, peut-être eut-il été sage de  s’interroger sur la véritable nature des  insurgés et du CNT (Conseil  national de transition) qui les fédère. <strong>Un  rapport</strong>[1]<strong> présenté en 2007 devant la prestigieuse académie militaire de West  Point  aux Etats-Unis, nous apprend en effet que la Cyrénaïque,  épicentre de la révolte  contre le colonel Kadhafi, fut un des  principaux foyers de recrutement des  combattants islamistes engagés en  Irak.</strong> Des documents saisis à Sinja, le long de  la frontière syrienne au  mois d’octobre 2007 et qui contiennent une liste de 600  combattants  membres d<em>’al Qu’aida</em> ou  se réclamant de cette nébuleuse,  indiquent ainsi que 112 d’entre eux étaient  Libyens, les trois-quarts  originaires de Cyrénaïque.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette région  présentant la particularité d’abriter une importante densité de <em>djihadistes</em>,  la question primordiale  était donc de savoir quels liens éventuels ces  derniers entretiennent avec les  insurgés et avec le CNT. Cette  interrogation était d’autant plus légitime que  les noms de plusieurs  des 30 membres de cet organisme  sont tenus secrets,  officiellement pour des  raisons de « sécurité ». N’eut-il donc pas été  prudent d’attendre d’avoir les  réponses à ces questions avant de  reconnaître le CNT comme <strong><span style="text-decoration: underline;">seul et unique</span></strong> représentant du  « peuple libyen » insolitement ramené par Nicolas Sarkozy à ses seules  composantes cyrénaïques ?</p>
<p style="text-align: justify;">Un  minimum de  culture historique aurait de plus permis de savoir que la  Cyrénaïque a une  tradition islamiste ancienne remontant à l’époque de  la confrérie sénoussiste et  que la région a toujours été en conflit  tribalo-religieux avec la Tripolitaine.  Depuis sa prise de pouvoir en  1969, le colonel Kadhafi a eu du mal à s’y imposer  et les  fondamentalistes qui y sont légion l’ont toujours considéré comme une   sorte de Nasser libyen, ce qui, pour eux est le comble de l’abomination.  Les  militants islamistes et notamment ceux se revendiquant de la  nébuleuse <em>al Qu’aida</em> combattent en effet tous les  Etats  musulmans, en premier lieu ceux qui peuvent avoir une coloration   nationaliste, car, à leurs yeux, ils empêchent la reconstitution du  califat  transnational auquel ils aspirent.<span id="more-2238"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les Etats-Unis et la  Grande Bretagne ont, hier, soutenu les <em>Frères musulmans</em> contre le colonel  Nasser ; aujourd’hui, rejoints par la France, ils  cherchent à faire tomber  Kadhafi. Il ne reste donc qu’à espérer que  cela ne se fera pas au profit de la  <em>Jama-ah al-libiyah al-muqatilah</em> ou  Groupes armés libyens (<em>Libyan Islamic  Fighting Groups </em>- LIFG), organisation s’étant déclarée en 2007 comme la  branche locale d’<em>al Qu’aida</em> avant de  s’affilier à <em>Aqmi</em> (<em>al Qu’aida au Maghreb islamique</em>).   L’inquiétude est légitime car la LIFG recrute au sein des alliances  tribales de  Cyrénaïque auxquelles appartiennent également les membres  du  CNT.</p>
<p style="text-align: justify;">A  l’issue de cette  guerre déclenchée hâtivement et quoiqu’il puisse  advenir du colonel Kadhafi,  qu’il soit tué ou qu’il parte pour l’exil,  comment s’organisera la Libye de  demain ? La Tripolitaine et la  Cyrénaïque se combattront-elles, se  partageront-elles le pouvoir ou  bien l’une l’emportera t-elle sur  l’autre ?Le  pire n’est certes  jamais certain, mais gouverner étant prévoir, nous  aimerions pouvoir croire que  les autorités françaises ont véritablement  pris en compte l’hypothèse de  l’apparition de guerres tribales et  claniques, comme en Somalie. Ont-elles  également bien évalué le risque  islamiste en Cyrénaïque, éventualité qui  ouvrirait un espace inespéré  pour  <em>Aqmi</em> qui prospère déjà plus au sud dans  la  région du Sahel ? Il est permis d’en douter tant cette guerre aux motifs   officiellement éthiques apparaît à la fois improvisée et sans but  réel.</p>
<p style="text-align: justify;">Bernard Lugan</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Joseph  Felter ; Brian Fishman (2007) « Al Qua’ida’s Foreign Fighter in   Iraq : A First Look at the Sinja  Records”. West Point, US Military  Academy,  december 2007.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bernardlugan.blogspot.com/2011/04/libye-democrates-ou-djihadistes.html" target="_blank">Source</a></p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		<title>Face aux risques du nucléaire, quelles réponses apporter?</title>
		<link>http://www.jigeneve.com/2011/03/face-aux-risques-du-nucleaire-quelles-reponses-apporter/</link>
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		<pubDate>Wed, 23 Mar 2011 07:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JI Genève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[
Nous ne pouvons rester insensibles aux évènements qui se déroulent au Japon depuis une dizaine de jours. Si le pire semble avoir été évité, l’accident nucléaire qui a eu lieu aura des conséquences sanitaires importantes. Je tiens à saluer ici le courage et la discipline de fer du peuple japonais qui malgré l’enchaînement des catastrophes, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="Centrale de Fukushima" src="http://fr.novopress.info/wp-content/uploads/2011/03/Fukushima.jpg" alt="" width="450" height="301" /></p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne pouvons rester insensibles aux évènements qui se déroulent au Japon depuis une dizaine de jours. Si le pire semble avoir été évité, l’accident nucléaire qui a eu lieu aura des conséquences sanitaires importantes. Je tiens à saluer ici le courage et la discipline de fer du peuple japonais qui malgré l’enchaînement des catastrophes, naturelles puis humaines, a su rester uni et ordonné comme seul un peuple homogène en est capable.<br />
Les vieux démons nucléaires qui avaient frappé par deux reprises le Japon en 1945 se sont de nouveau réveillés, sans réussir pour autant à altérer la force morale des Japonais.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que les scientifiques européens réfléchissent aux défaillances qui ont mené à cette catastrophe, j’invite nos responsables politiques à imaginer les conséquences sociales d’un tel évènement en France… Les émeutes qui ont eu lieu dans les zones cosmopolites de la Nouvelle Orléans en 2005 suite à l’ouragan Katrina peuvent nous en donner un aperçu réduit.</p>
<p style="text-align: justify;">Concernant l’accident en lui-même, nous voyons un certain nombre d’acteurs politiques tomber dans le sentimentalisme en demandant des mesures de restriction immédiates. Sentiments et politiques ne font jamais bon ménage.<strong> Une décision politique ne peut pas, ne doit pas se prendre impulsivement, mais au contraire être réfléchie, discutée, mesurée. On remarque que les décisions précipitées, fermes, définitives et irrévocables sont souvent des croyances issues d’une idéologie et non de la réalité.<br />
</strong>Le nucléaire n’est pas bon ni mauvais en soi. Le nucléaire serait même, aujourd’hui, moins dangereux que nombre de nos usines chimiques qui tuent bien plus de travailleurs (utilisation de produits cancérigènes-mutagènes-reprotoxiques, accidents du travail) ou de riverains (AZF) que nos centrales nucléaires. Pour autant la France n’est pas à l’abri de ce type d’accident et de source interne je peux affirmer que l’état de nos centrales se détériore.<strong> La recherche de profit et l’appel à la sous-traitance quasi systématique font augmenter le nombre d’incidents et diminuent fortement la sûreté nucléaire</strong>. Une centrale ne doit pas être une machine à fric, et la sous-traitance doit rester exceptionnelle.<span id="more-2223"></span></p>
<p style="text-align: justify;">J’attire également l’attention de nos dirigeants politiques sur la nature d’une centrale nucléaire. Une centrale n’est pas un moteur qu’il suffit d’éteindre en appuyant sur un bouton. Une centrale nucléaire c‘est une immense machine qui, une fois arrêtée, demande un suivi de plusieurs siècles ! Si la composition ethnique et culturelle de la population française continue d’évoluer avec l’inertie des ces trente dernières années, les <em>« Français »</em> de 2100 sauront-ils s’occuper de nos déchets radioactifs d’aujourd’hui ?<br />
Nous comprenons que politique, science et sociologie sont intimement liés. Nous devons regarder la question nucléaire d’un point de vue multi disciplinaire, sans tabou et sans politiquement correct.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelles vont-être maintenant les conséquences politiques de cet accident ? Faut-il, comme certains écologistes le souhaitent, sortir du nucléaire ?<br />
Remplacer le nucléaire par les énergies carbone n’est pas une solution gagnante. De même, un simple calcul de rendement énergétique montre que les énergies renouvelables ne peuvent répondre à la demande sans cesse croissante en énergie. Il est donc mensonger de dire que nous pourrions continuer à vivre et consommer comme nous le faisons aujourd’hui après une sortie totale du nucléaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais nous ne devons en aucun cas tomber dans l’angélisme vis-à-vis du nucléaire qui reste une technologie dangereuse et épuisable. Les minerais radioactifs sont des consommables, comme le pétrole. Un jour nous manquerons d’uranium, c’est-à-dire de combustible nucléaire. Nos sociétés capitalistes se sont engagées dans une course folle à la recherche des ressources naturelles de notre planète. C’est l’augmentation de cette pression sur nos ressources énergétiques qui provoquera l’augmentation des catastrophes et accidents (nucléaires ou pas). Pousser des centrales nucléaires dans leurs retranchements ou forer la terre à la recherche de gaz de schiste ne nous fera pas gagner cette course à toujours plus de consommation d’énergie qui est perdue d’avance. La population humaine est de plus en plus nombreuse (on parle de 10 milliards d’êtres humain en 2050) et la consommation d’énergie par être humain augmente également d’année en année. Cette double croissance ne peut durer indéfiniment dans un monde fini.<br />
Pour limiter la fréquence des accidents, qui ne manquera pas de s’accélérer dans les prochaines années, et se préparer à la fin des énergies consommables nous devons dès maintenant organiser la décroissance énergétique à venir et retrouver ainsi notre équilibre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le localisme est l’une des premières réponses à apporter. <strong>Réalisable dès aujourd’hui, la relocalisation progressive des activités économiques et humaines limiterait la consommation d’énergie de manière significative.</strong> Le retour à la fabrication de biens « durables » est une deuxième piste à explorer. Enfin, nous devons réaliser une véritable révolution intellectuelle en Europe et dans le reste du monde : <strong>la croissance n’est plus synonyme de progrès ; la consommation n’apporte pas le bonheur</strong> ; le local doit reprendre le pas sur le global et l’indifférencié.</p>
<p style="text-align: justify;">L’accident nucléaire de Tchernobyl en 1986 est vu comme le symptôme d’une URSS décadente, faible et défaillante. L’accident de Fukushima est aujourd’hui le révélateur de la vulnérabilité de nos sociétés modernes. Nous devons préparer la fin du modèle libéral-consommateur tel qu’il a été appliqué tout au long du 20<sup>ème</sup> siècle afin que le 21<sup>ème</sup> siècle ne soit pas celui des crises et catastrophes à répétition.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Arnaud Gouillon<br />
 </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://fr.novopress.info/80786/face-aux-risques-du-nucleaire-quelles-reponses-apporter-par-arnaud-gouillon/">Source</a></p>
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		<title>La dignité des Européens</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Mar 2011 13:51:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JI Genève</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
    
La dignité du peuple japonais et le réveil de l&#8217;homme européen
         
Au royaume de la fleur et de l’acier, les rivières de feu ont tout emporté… Ou presque. Comme hier l’Occident sous la conduite américaine, au sortir de la Second Guerre mondiale, la vague meurtrière du tsunami n’a pas entamé l’âme des Japonais, fils [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong><img class="aligncenter" title="Une Autre Jeunesse" src="http://www.autre-jeunesse.com/wp-content/themes/autrejeunesse/img/autrejeunesse_top.png" alt="" width="450" height="162" /></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>    </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>La dignité du peuple japonais et le réveil de l&#8217;homme européen</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>         </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au royaume de la fleur et de l’acier, les rivières de feu ont tout emporté… Ou presque. Comme hier l’Occident sous la conduite américaine, au sortir de la Second Guerre mondiale, la vague meurtrière du tsunami n’a pas entamé l’âme des Japonais, fils des <em>Bushi</em>, moines de la voie de l’épée dont les vertus irriguent encore la nation du Soleil écarlate. « <em>Parties sur quelle mer, quelle terre / je l’ignore. / Elles demeurent invisibles, / les nobles âmes / gardiennes du pays</em> » (<a href="http://www.amazon.fr/S%C3%A9-oto-chant-Imp%C3%A9ratrice-Michiko-Japon/dp/2915369062/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1300494868&amp;sr=8-2">poême de l’impératrice Michiko</a>). L’âme du peuple japonais, elle, est éternelle : elle demeure plus que jamais visible au milieu du chaos. Elle nous rappelle, à tous les égards, l’âme européenne. <strong>Pour un Européen, la conduite actuelle des Japonais n’est pas si mystérieuse et impénétrable</strong> que les journalistes et les faiseurs d’opinion veulent bien le dire. Et pour cause : leurs anticorps sont aussi les nôtres…</p>
<p style="text-align: justify;">Les Japonais donnent une « <em>leçon de sang froid</em> » aux Occidentaux selon le géographe Philippe Pelletier (<a href="http://www.leparisien.fr/tsunami-pacifique/les-japonais-nous-donnent-une-lecon-de-sang-froid-16-03-2011-1361180.php"><em>Le Parisien</em></a>, 16 mars). C’est ce que l’on peut lire dans la presse à propos du « <em>fatalisme actif</em> » de la société nippone (<a href="http://www.lepoint.fr/"><em>Le Point</em></a>, 17 mars). Pour J-F Sabouret, chercheur au CNRS et spécialiste du Japon, « <em>les Japonais sont formés, rompus à résister, à supporter à se taire</em> ». A la question de savoir si les Japonais sont matérialistes, il répond qu’ils le sont « <em>tout autant que nous</em> » mais que leur « <em>culture profonde ne l’est pas</em> ». De plus, ils sont « <em>viscéralement attachés à cette terre étroite, ils n’ont pas de pays de rechange </em>». Doit-on en conclure que notre « culture profonde », à nous autres Européens, ne nous arme pas assez contre un tel cataclysme ? Ce serait faire fausse route.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien qu’affectée par le cancer prométhéen répandu par la foi cartésienne en la « <em>maîtrise</em> » et en la « <em>possession</em> » de la nature, <strong>l</strong><strong>a</strong> « <strong>culture profonde </strong>»<strong> des Européens</strong> <strong>demeure tout autant armée que celle des Japonais pour faire face à des bouleversements inattendus.</strong> N’a t-on pas hérité des vertus stoïciennes par l’entremise des Romains, premiers Empereurs d’Europe, qui avaient fait leur la vieille morale de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9non_de_Citium">Zénon de Citium</a> et la philosophie d’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pict%C3%A8te">Epictète</a>, qui se voulait efficace « comme un poignard » pour l’homme soumis aux tempêtes de la vie ? L’<em>enkheiridion</em> (le poignard) voué à transpercer les frontières des cénacles de lettrés pour irriguer et affermir les cœurs des candidats au <em>vrai</em> bonheur n’a t-il pas guidé celui des Césars ?<span id="more-2218"></span></p>
<p style="text-align: justify;">L’empereur philosophe Marc-Aurèle exprime la subtile quintessence de ce « <em>fatalisme actif </em>» dans ses <a href="http://www.amazon.fr/Pens%C3%A9es-pour-moi-m%C3%AAme-Marc-Aur%C3%A8le/dp/2080700162/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1300589313&amp;sr=8-1"><em>Pensées</em></a><em> </em>: « <strong><em>tout ce qui arrive est nécessaire et utile au monde universel dont tu fais partie </em></strong>(…) <em>Le bien est ce que comporte la nature universelle et ce qui est propre à sa conservation</em>. <em>Or, ce qui conserve le monde, ce sont les transformations des éléments, aussi bien que celles de leurs combinaisons. <strong>Que cela te suffise et te serve de principes</strong>. Quant à ta soif de livres </em>[comprendre par là la soif de connaissances scientifiques]<em>, rejette-la, afin de ne pas mourir en murmurant, mais véritablement apaisé et le cœur plein de gratitude envers les Dieux. </em>(…) <strong><em>Tout faire</em></strong><em>,</em><strong><em> tout dire et tout penser en homme qui peut sortir à l’instant de la vie</em></strong>. (…) <em>Si l’on envisage la mort en elle-même, et si on en écarte les fantômes dont elle s’est revêtue, il ne restera plus autre chose à penser, sinon qu’elle est une action naturelle. Or <strong>celui qui redoute une action naturelle est un enfant</strong></em> ». Et puisque l’on peut mourir à tout moment, il ne faut pas vivre ses derniers instants en épicurien et, à l’inverse, « <em><strong>tenir </strong></em>[<strong>sa vie</strong>] <strong><em>à l’écart de toute irréflexion</em></strong><em>, <strong>de toute aversion passionnée qui t’arracherait à l’empire de la raison et de tout ressentiment à l’égard du destin</strong></em> ». Maitrise de ses émotions, acceptation sereine du destin, de la mort et des cycles de la vie : si l’on gratte le vernis superficiel de la modernité, on se rend vite compte que ces vertus cardinales sont aussi européennes.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Jean-Marie Bouissou, spécialiste du Japon, autre chose explique l’attitude japonaise : « <em>un cataclysme n’est jamais la fin du monde, parce que <strong>la culture japonaise ne connait pas la fin du monde</strong></em> » (<a href="http://www.2424actu.fr/actualite/japon-un-calme-etonnant-du-peuple-japonnais-2300095/#read-2300095">France 3</a>, 16 mars). <a href="http://books.google.fr/books?id=jd-YQqAhS7sC&amp;pg=PA566&amp;lpg=PA566&amp;dq=japon+homog%C3%A9n%C3%A9it%C3%A9+ethnique&amp;source=bl&amp;ots=h_iN2PErrj&amp;sig=3-vMx-mVYZd5fj11DgUXQCE48HI&amp;hl=fr&amp;ei=6JKDTen-NYuF5AbmqL3BCA&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;ct=result&amp;resnum=4&amp;ved=0CCsQ6AEwAw#v=onepage&amp;q=japon%20homog%C3%A9n%C3%A9it%C3%A9%20ethnique&amp;f=false">Pour Alain de Benoist</a>, les Japonais, « <em>au lieu de le dramatiser, s’abandonnent au cours de la vie et respectent la volonté autonome du monde</em> ». Mais <strong>ce naturalisme et sa vision cyclique des choses</strong>, <strong>antidote à l’angoisse millénariste de l’apocalypse</strong>, <strong>sont-ils si exotiques pour nous autres Européens</strong> ? Non, en rien. Les Grecs, dont nous descendons, voyaient « <em>la progression du monde comme un cycle et ont donc une conception cyclique du temps</em> » (Philippe Nemo, <a href="http://www.amazon.fr/Quest-ce-que-lOccident-Philippe-Nemo/dp/2130546285/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;qid=1300576557&amp;sr=8-2"><em>Qu’est-ce que l’Occident ?</em></a>). <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Giulio_Cesare_Vanini">Lucilio Vanini</a>, au 17ème siècle, exprimera la même chose à sa manière : « <em>Achille assiégera Troie à nouveau ; les mêmes religions, les mêmes cérémonies renaîtront ; l’histoire humaine se répète ; il n’est rien qui n’ait déjà été </em>». Le libertin italien a raison d’évoquer l’Iliade, on peut notamment y lire : « <em>comme naissent les feuilles, ainsi font les hommes :<strong> une génération naît à l’instant où une autre s’efface</strong></em> » (chant VI). C’est l’« <em>Eternel retour </em>» (Philippe Nemo). L’artiste polyvalent et animateur de radio <a href="http://www.radio-canada.ca/par4/esp/temps.html">Jacques Languirand explique</a> que <strong></strong>« <em>cette conception du temps cyclique est apaisante en ce qu’elle explique la répétition des gestes : il s’en dégage une grande sagesse </em>». Au 19ème siècle, le philosophe <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_Bachelard">Gaston Bachelard</a> ajoutera son couplet à cette mélodie éternelle : « <em>je ne vis pas dans l’infini, parce que dans l’infini on est pas chez soi</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais s’il y a bien une chose dont les Européens peuvent se targuer de posséder en propre, et que les Japonais n’ont pas, c’est <strong>cette culture de l’effort individuel et</strong> <strong>héroïque</strong>,<strong> accompli par la personne humaine et glorifié comme tel</strong>,<strong> irréductible au groupe social auquel elle se rattache</strong>. Car il y a quelque chose qui ressemble à l’abolition de la personnalité dans la discipline sociale des Japonais, quelque chose qui apparait comme « grégaire » pour les fils d’Homère que nous sommes, habitués à voir glorifiée dans notre littérature « <strong><em>l’individualité enracinée</em></strong><em>,</em><strong><em> et non l’individualisme qui en est la perversion</em></strong> ». En effet, les romanciers européens « <em>placent l’individualité des personnages au centre du récit, ce que l’on ne trouve dans la tradition d’aucune autre civilisation</em> » (<a href="http://www.dominiquevenner.fr/#/la-bible-des-europeens/3228811">Dominique Venner</a>). Quant à la pensée grecque, avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/X%C3%A9nophon">Xénophon</a> entre autre, elle « <em>croit dans le rôle des individualités dans la vie sociale et dans l’histoire</em> » et sera concrétisée par les juristes romains qui « <em>ont dessiné les frontières du </em>mien <em>et du </em>tien », ayant ainsi « <em>inventé l’homme lui-même, c’est-à-dire la personne humaine individuelle, libre, ayant une vie intérieure, un destin réductible à aucun autre</em> ». Le mot « personne » lui-même vient du latin <em>per-sona</em>, du nom du masque équipé d’un porte-voix que portaient les acteurs au théâtre, ce qui donnera <em>persona</em>, c’est-à-dire « personnage » (Philippe Nemo, <a href="http://www.amazon.fr/Histoire-id%C3%A9es-politiques-lAntiquit%C3%A9-Moyen/dp/2130538169/ref=sr_1_4?ie=UTF8&amp;qid=1300583654&amp;sr=8-4"><em>Histoire des idées politiques dans l’Antiquité et au Moyen-Âge</em></a>). Alors que <a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1908_num_9_1_7054?_Prescripts_Search_tabs1=standard&amp;">pour H. Ten Kate</a>, anthropologue suisse du 20ème siècle naissant, « <em>l’un des caractères les plus typiques de l’âme japonaise est son impersonnalité </em>» et le « <em>tout-puissant esprit de troupeau</em> ».  Or, <strong>face aux désastres</strong>, <strong>il faut aussi des héros</strong>, <strong>pas seulement des fourmis</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ces « fourmis » ont <strong>une qualité décisive</strong> : <strong>leur homogénéité ethnique</strong>. Quand on observe à quel point notre société multiculturelle est multi-raciste et violente en « temps de paix », on n’ose imaginer le déchaînement de comportement tribaux et agressifs auquel on serait livré face à une telle catastrophe… Par ailleurs, il est des hommes comme <a href="http://www.theatrum-belli.com/archive/2006/07/19/mishima-la-renaissance-du-samourai.html">Yukio Mishima</a> qui, fidèles à la voie des Samouraï, ont donné, par la mise scène de leur propre mort selon le rite traditionnel du <em>seppuku</em>, un exemple d’esthétisme et d’humanisme viril qui incarne le tragique européen de manière tellement soignée qu’ils n’ont rien à envier à leurs voisins de l’ouest.  Car ces fourmis savent se faire frelons. Par son acte grandiose, après avoir lancé son appel tonitruant au réveil de la race yamato, Mishima a, sans le savoir, rappelé aux Européens un pilier fondamental de leur identité, eux qui, d’Achille au Cid en passant par Lancelot, ont célébré plus que quiconque le devoir d’héroïsme. Puisse leur dignité actuelle dans l’adversité inciter les Européens à redevenir eux-mêmes. Et puisque le chemin est long et semé d’embuches, un bon guide s’impose :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>« <em>Agis sans mauvais gré, sans mépris de l’intérêt commun, sans irréflexion, sans tirer par côté. Qu’aucune recherche ne pare ta pensée. Parle peu, et ne t’ingère point dans de multiples affaires. En outre, que le Dieu qui est en toi protège un être mâle, vénérable, un citoyen, un Romain, <strong>un chef qui s’assigne à lui-même son poste</strong>, <strong>tel un homme enfin qui attendrait</strong>, <strong>sans lien qui le retienne</strong>,<strong> le signal pour sortir de la vie</strong>, n’ayant besoin ni de serment ni de personne pour témoin. C’est ainsi qu’on acquiert la sérénité, l’art de se passer de l’assistance d’autrui, l’art de se passer de la tranquillité que les autres procurent. <strong>Il faut donc être droit</strong>, <strong>et non pas redressé</strong>.</em></p>
<p><em><strong>En moins de dix jours tu paraîtras un dieu à ceux qui maintenant te regardent comme un fauve ou un singe</strong>.</em> »<br />
        <br />
Marc-Aurèle, <a href="http://www.amazon.fr/Pens%C3%A9es-pour-moi-m%C3%AAme-Marc-Aur%C3%A8le/dp/2080700162/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1300589313&amp;sr=8-1"><em>Pensées pour moi-même</em></a></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>    <br />
Julien Langella</strong></p>
<p style="text-align: justify;">   <br />
<a href="http://www.autre-jeunesse.com/la-dignite-japonaise-et-le-reveil-de-lhomme-europeen-mishima-homere-dominiquer-venner-identite-identitaire/">Source</a></p>
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		<title>Philibert Berthelier, un héros genevois!</title>
		<link>http://www.jigeneve.com/2011/02/philibert-berthelier-un-heros-genevois/</link>
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		<pubDate>Sun, 27 Feb 2011 16:50:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JI Genève</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Beaucoup ne connaissent guère de l’histoire de Genève que la Réforme qui en fit la Rome du protestantisme. C&#8217;est oublier la lutte des Genevois pour leur liberté et plus particulièrement celle d&#8217;un Genevois d&#8217;adoption, qui précéda la venue du froid et dur Calvin.
Cet homme, c&#8217;est Philibert Berthelier. Né à Virieu-le-Grand en Savoie vers 1462, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2172" title="berthelier" src="http://www.jigeneve.com/wp-content/uploads/berthelier.jpg" alt="" width="333" height="500" /></p>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup ne connaissent guère de l’histoire de Genève que la Réforme qui en fit la Rome du protestantisme. C&#8217;est oublier la lutte des Genevois pour leur liberté et plus particulièrement celle d&#8217;un Genevois d&#8217;adoption, qui précéda la venue du froid et dur Calvin.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet homme, c&#8217;est Philibert Berthelier. Né à Virieu-le-Grand en Savoie vers 1462, il était issu d&#8217;une grande famille de tanneurs qui possédait de nombreuses terres et propriétés, y compris une demeure à Genève pour leur commerce.</p>
<p style="text-align: justify;">La fuite de Philibert vers Genève fut causée par les querelles familiales entre son suzerain Rêné le Bâtard dont il était l’écuyer et la belle-sœur de celui-ci : Marguerite d&#8217;Autriche. En effet, elle s&#8217;appropriait toutes ses terres et tous ses biens, y compris ceux des Bertheliers! La seule manière de conserver ses biens était l’acquisition du titre de bourgeois de Genève.</p>
<p style="text-align: justify;">Philibert Berthelier arriva dans une Genève en plein tourment, Charles III succéda au paisible Philibert II en 1504 et il s&#8217;avèrera être le plus cruel des ducs de Savoie envers les Genevois. Très rapidement Berthelier rejoignit les rangs des patriotes et défenseurs des franchises de la cité, comme Levrier et Tacon. L&#8217;ancien écuyer, formés sous de grands capitaines, ayant fait la rude campagne de Naples et de Milan et bravement gagné ses éperons sous la Bannière de France, su très rapidement s&#8217;imposer parmi les patriotes. Il fut nommé en 1505 capitaine de la compagnie des archers.<span id="more-2171"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Philibert fut le premier à dénoncer la faiblesse et la lâcheté des syndics de Genève qui cherchaient à amadouer le duc Charles III. Pendant que ses camarades cherchaient à mettre en place une combourgeoisie avec Fribourg, il s&#8217;attela à créer une résistance parmi le peuple et commença avec une confrérie rassemblant la jeunesse de la cité, la confrérie St-Georges. Philibert réussi à canaliser leur courage juvénile et de les faire servir la cause de l&#8217;indépendance.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout cet élan de patriotisme et l&#8217;intervention des Messieurs des Ligues Suisses firent mettre au pas le duc, un temps du moins. Le duc chercha d&#8217;une manière perverse à s&#8217;approprier la riche cité par d&#8217;autres biais, mais l&#8217;élan des &#8220;Enfants de Genève&#8221; de Berthelier gagna la bourgeoisie et les syndics de la cité et ensemble la cité réussi à contrecarrer les projets du duc.</p>
<p style="text-align: justify;">Malheureusement, tout bascula lorsque le duc réussit à faire nommer évêque un membre de sa famille grâce à son influence politique auprès du Pape. Genève fut très amère de cette décision et chercha à renforcer ses liens avec Fribourg. En 1517, l&#8217;évêque fit accuser Philibert d&#8217;avoir comploté contre lui et ce dernier partit se réfugier à Fribourg avec des Eidguenots (confédérés) de Genève dans une tentative d’obtenir le soutient de la ville. Les Fribourgeois proposèrent de renouveler leur combourgeoisie avec Genève, mais un conflit éclata dans la cité entre Mamelus (pro-savoyards) et les citoyens genevois accompagnés des Eidguenots. Ceci retarda le renouvellement mais n’empêcha pas les syndics de Genève d’acquitter Berthelier.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, l&#8217;évêque viola la loi en faisant arrêter par ses partisans le patriote genevois. Berthelier refusa de répondre face aux juges de l&#8217;évêque qui usurpaient le pouvoir des syndics. Le patriote est jeté dans un cachot de la tour de l&#8217;Ile ; sur le mur il écrit ce verset: &#8220;Non moriar sed vivam et narrabo opera Domini&#8221; : &#8220;Je ne mourrai point mais je vivrai et raconterai les oeuvres du Seigneur.&#8221;</p>
<p style="text-align: justify;">Le 23 août 1519 fut décapité, sa tête clouée à un poteau placé au Pont d&#8217;Arve et son corps suspendu par une chaîne de fer au gibet de Champel. A sa mort, les syndics de Genève cédèrent sous la pression de Charles III en acceptant de déléguer certains de leurs pouvoirs à des Mamelus. Parmi la jeunesse persista cet esprit de résistance qui conduira les fils de Berthelier à s’opposer à la tyrannie de Calvin.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons choisi de présenter cet homme, né Savoyard et mort patriote Genevois, car son combat représente en partie le notre. Ce héros a réussi à soulever la jeunesse de notre cité face à la lâcheté de ses dirigeants. Il a réussi à créer un élan de résistance qui assura la souveraineté de Genève pendant plus de 10 ans. Cette histoire nous montre qu&#8217;il existait une Genève courageuse et éprise de liberté, une cité forte défendue par ses citoyens. Une image bien loin de celle que voudraient donner certains de nos politiciens.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alexandre</strong></p>
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		<title>Pour ceux qui douteraient encore de la démocratie directe</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Feb 2011 20:23:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JI Genève</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Rationalité supérieure de la démocratie directe
 
Il s’agit de savoir pourquoi la démocratie directe a donné empiriquement de bons résultats partout où elle est appliquée (Suisse, Liechtenstein, USA, Italie, Allemagne).
Cette question a été traitée brillamment par des spécialistes, surtout américains, allemands et suisses. Il s’agit ici de faire connaître aux Français, devant le silence des medias, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Rationalité supérieure de la démocratie directe</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit de savoir pourquoi la démocratie directe a donné empiriquement de bons résultats partout où elle est appliquée (Suisse, Liechtenstein, USA, Italie, Allemagne).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette question a été traitée brillamment par des spécialistes, surtout américains, allemands et suisses. Il s’agit ici de faire connaître aux Français, devant le silence des medias, les arguments développés dans plusieurs universités étrangères et appuyés sur de nombreuses preuves empiriques.</p>
<p style="text-align: justify;">Thomas Cronin, ancien professeur à Princeton et professeur à l’université du Colorado montre que <strong>les électeurs sont souvent hors d’état de contrôler leurs élus</strong> : « 58% sont incapables de dire s’ils sont d’accord avec ce que leurs représentants ont voté au congrès pendant la dernière législature » ; par contre, une étude sur le Colorado montre que 78% des votants sont bien informés sur les enjeux lors de référendums populaires. <strong>De nombreuses études ont été faites sur les sources d’information des votants et ceux-ci sont mieux informés sur les sujets concrets de référendums que sur les programmes électoraux des partis.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2148"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Mais d’autres études, notamment de Hans Herbert von Arnim en Allemagne et de John Matsusaka de l’Université de South California à Los Angeles montrent que la démocratie directe permet de meilleures décisions pour quatre raisons essentielles :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>- La démocratie directe permet un contrôle plus grand des citoyens sur leurs délégués en pouvant remettre en cause leurs décisions fréquemment et pas une seule fois tous les 4 à 6 ans lors des réélections. De plus, les lobbies (intérêts particuliers) sont puissants au parlement et influencent gouvernement et parlementaires alors qu’ils ont beaucoup moins d’influence sur le peuple. Enfin, les hauts fonctionnaires rédigent les lois plus que les élus : double délégation par conséquent qui éloigne d’autant les rédacteurs du peuple.</li>
<li>- Elle permet des décisions plus responsables car le citoyen vote en secret donc en toute liberté alors que le député à l’assemblée vote publiquement et doit rendre compte devant les chefs de son parti politique et les lobbies. Le citoyen vote pour son avenir et celui de ses enfants et non en fonction d’impératifs de carrière à court terme. La démocratie représentative est « court-termiste ».</li>
<li>- La démocratie directe permet d’utiliser l’information dispersée chez les citoyens et pas la seule information concentrée rassemblée par les experts. C’est le même phénomène en économie où le marché apporte les informations dispersées chez tous les acteurs alors qu’en économie planifiée, il y a perte d’informations car les experts ne peuvent avoir accès aux informations « vécues » (existentielles). Hayek a écrit des pages définitives sur cette question.</li>
<li>- La démocratie directe permet une meilleure compétition, pas seulement entre les partis. Elle met en compétition les citoyens et les élus, mais surtout en réalité les rédacteurs des ministères et les conseillers juridiques privés. Cette compétition stimule l’innovation. De plus, l’initiative populaire permet d’échapper à la loi d’Anthony Downs (Brookings Institution) qui montre que pour conquérir l’électeur médian, les partis ont tendance à se ressembler de plus en plus. La démocratie directe permet de rétablir la compétition en mettant l’ordre du jour des projets rejetés par les chefs de partis (proposition antifiscale n°13 aux USA ou bien initiative sur les minarets en Suisse par exemple pour prendre des exemples très médiatisés).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">En améliorant les processus de délégation et de responsabilisation, en permettant de mieux diffuser l’information et en stimulant la compétition, la démocratie directe permet donc de prendre des décisions plus rationnelles en accord avec les citoyens, contrairement à ce qui est souvent prétendu.</p>
<p style="text-align: justify;">On dit que la démocratie directe est sujette à des mouvements de foule : c’est inexact puisque entre la collecte des signatures et le référendum, il peut se passer trois ans de débats alors qu’un vote d’une Assemblée peut intervenir très vite dans un climat hyper émotif. Ce sont des votes d’assemblées et non des référendums qui ont permis l’accession au pouvoir, puis aux pleins pouvoirs de Hitler ou de Mussolini.</p>
<p style="text-align: justify;">La science économique notamment montre que la démocratie directe associée à la démocratie représentative comme en Suisse conduit à des décisions plus rationnelles qu’une démocratie purement représentative, laquelle délègue beaucoup de ses pouvoirs à des bureaucraties (ministères ou pire encore : « offices et hautes autorités »). En outre, elle permet de redonner la parole au peuple.</p>
<p style="text-align: justify;">Yvan BLOT<br />
Président de Agir pour la Démocratie Directe<br />
Janvier 2011</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.polemia.com/article.php?id=3484" target="_blank">Source</a></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>L’arme d’ordonnance à la maison, marque de civilisation</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Jan 2011 20:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JI Genève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>
		<category><![CDATA[Traditions]]></category>

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		<description><![CDATA[Article très intéressant au sujet de la votation fédérale du 13 février. Celle-ci porte sur une initiative des milieux de gauche qui en cas d&#8217;acceptation interdira à chaque soldat suisse de garder son arme à la maison. Ce texte précise les véritables enjeux de cette votation, et les raisons pour lesquelles il faudra voter non.
   
L’initiative «Pour la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Article très intéressant au sujet de la votation fédérale du 13 février. Celle-ci porte sur une initiative des milieux de gauche qui en cas d&#8217;acceptation interdira à chaque soldat suisse de garder son arme à la maison. Ce texte précise les véritables enjeux de cette votation, et les raisons pour lesquelles il faudra <strong>voter non.</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>   </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’initiative «Pour la protection face à la violence des armes», sur laquelle nous voterons le 13 février, est une nouvelle bataille dans la guerre d’usure menée depuis vingt ans contre l’armée suisse. La présence du «Groupement pour une Suisse sans armée» à la tête des organisations de soutien à l’initiative ne laisse aucun doute à ce sujet. Néanmoins, on nous la présente, dans un brouillard de statistiques tronquées et constamment changeantes, comme si son but principal était d’empêcher le suicide par arme à feu. Le débat est ainsi détourné de son véritable objet au profit d’un leurre sentimental, probablement pour s’attacher l’électorat féminin.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est du suicide, on peut répondre que les moyens ne créent pas la fin. Ce n’est pas la détention d’un fusil à la maison qui donne au désespéré l’envie de se tuer. Et s’il veut le faire, ce n’est pas l’absence d’un fusil d’assaut qui l’en empêchera.</p>
<p style="text-align: justify;">A cette objection majeure, M. Jacques de Haller, président de la Fédération des médecins helvétiques et, surtout, candidat socialiste au Conseil national, oppose le fait que l’arme est à portée de main et prête à l’emploi: cette immédiateté empêche le malheureux qui aurait juste un coup de blues de prendre un temps de réflexion peut-être salutaire. L’argument est dépourvu de pertinence puisque le soldat ne garde plus ses munitions à la maison. Tout le monde le sait, sauf M. de Haller et, bien entendu, Mme Ariane Dayer, qui a repris l’argument sur le ton de l’évidence dans son éditorial du <em>Matin Dimanche</em> du 9 janvier.<span id="more-2136"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Encore une fois, ce qui est en question, ce n’est pas le suicide, c’est le statut du milicien suisse, c’est la légitimité de la défense armée face à la violence.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’idéaliste, la violence et le mal, c’est la même chose. Il voit la violence comme une tache sur une nature humaine foncièrement pacifique. Un peu de bonne volonté et quelques bonnes lois permettront de la nettoyer. Selon lui, la violence est appelée à disparaître au fur et à mesure que les moyens de la violence disparaîtront. Ce sont les armées qui font les guerres, supprimons-les et l’humanité vivra en paix! Que des Hutus dépourvus d’armée et munis de simples machettes aient massacré des centaines de milliers de Tutsis, cela ne l’impressionne pas: «Supprimons les machettes», répond-il. Car l’idéaliste n’apprend jamais rien. Toute la réalité du monde a moins d’existence que la moindre de ses idées.</p>
<p style="text-align: justify;">L’erreur de fond des partisans de l’initiative est d’identifier absolument la violence et le mal. La violence n’est pas un mal en tant que telle, mais seulement en tant qu’elle est une force débridée. La violence, c’est la force, mais séparée des autres vertus, la justice, la prudence et la tempérance.</p>
<p style="text-align: justify;">La force est un bien. La force est au fond de toute pensée, de toute action, de toute création. Il ne faut pas tenter de supprimer la violence, on supprimerait la force du même coup. Il faut la rectifier, la maîtriser par l’éducation, par les usages et par le droit.</p>
<p style="text-align: justify;">S’il y a une chose que l’armée nous a appris à maîtriser, c’est bien le fusil d’assaut. Il ne s’agit pas seulement du tir proprement dit, mais de tout ce qui se passe avant et après: l’arme est toujours sur soi, sous bonne garde ou sous clef; elle est toujours considérée comme chargée; on ne vise jamais une personne, même si l’on sait que l’arme est déchargée; on ne met pas le doigt sur la détente tant que le dispositif de visée n’est pas sur le but; le fusil doit toujours être propre, le canon sans tache ni piqure; on entre dans le stand de tir avec le magasin à la main; on dégraisse le canon pour éviter d’enfumer celui qui tire à côté de vous; après le tir, «retrait des cartouches face aux cibles!» ; alignement pour le contrôle du retrait des cartouches par l’officier; enfin, «je vous rends attentifs à l’ordre fédéral sur la munition», formule un brin mystérieuse qui signifie qu’on doit rendre au magasin les cartouches qui restent et qu’on risque gros à en conserver sur soi. Un de nos lieutenants suisses-allemands ne connaissait du français que cette phrase, qu’il prononçait avec enthousiasme à chaque occasion. Le formel, répété des centaines de fois au cours de l’école de recrues, fait du maniement précautionneux du fusil un comportement naturel, un rituel qu’il est pratiquement impossible de transgresser. <strong>Cette éducation à l’arme est sans doute la protection la meilleure contre les abus et les dérapages.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une civilisation se mesure à sa capacité de maîtriser la violence et, plus encore peut-être, aux formes qu’elle donne à cette maîtrise. <strong>Le fait que le soldat suisse soit considéré comme apte à conserver chez lui son fusil d’assaut exprime la confiance que les autorités et la population ont en lui. Nous ne craignons pas d’y voir un symbole de civilisation et, dans sa suppression, une régression vers la barbarie.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est un symbole efficace. Il rehausse le soldat à ses propres yeux: celui-ci n’est pas simplement une portion de chair à canon, mais un citoyen soldat, responsable en permanence de son armement. Cette détention paisible d’un moyen de mort, exorbitante aux yeux du reste du monde, confère quelque chose d’aristocratique au statut du soldat de milice.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut confier une arme au soldat suisse sans craindre qu’il ne devienne un voleur ou un assassin, sans craindre qu’il ne fomente un pronunciamiento. Les exceptions existent, on nous le dit assez. Elles restent rarissimes et confirment la règle. On en réduira le nombre en précisant les critères du recrutement et en renforçant encore l’éducation à l’arme durant les périodes de service.</p>
<p style="text-align: justify;">Le symbole n’est pas moins efficace à l’extérieur: le fusil à la maison manifeste – et entretient – une relation étroite entre l’armée et la population. Cette symbiose est en soi une qualité, parfois décisive, pour l’armée d’un petit Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est tout cela que nous perdrons définitivement si, trompés par l’argumentation vicieusement sentimentale du GSSA, le peuple et les cantons décident de supprimer l’arme à la maison. <strong>Il faut voter et faire voter non.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">OLIVIER DELACRETAZ</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.commentaires.com/suisse/l’arme-d’ordonnance-a-la-maison-marque-de-civilisation" target="_blank">Source</a></p>
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