C’EST QUE LE DÉBUT, D’ACCORD D’ACCORD
Categorie(s) : Actualités, par JI Genève
Billet d’humeur.
Nous avons appris en début de semaine que la famille du requérant d’asile débouté mort le 17 mars dernier à l’aéroport de Zürich lors de son renvoi a touché 50000 francs. Le Nigérian est décédé suite à un arrêt cardiaque, il souffrait d’une maladie du cœur quasi-indétectable tant que le patient est en vie. L’ambassade du Nigeria avait alors demandé à l’Office Fédéral des Migrations une contribution aux frais de transport et de funérailles du défunt. S’étant exécuté, le gouvernement a justifié sa décision par « un geste humanitaire réalisé dans une situation exceptionnelle » et s’est défendu de tout acte de dédommagement. Il est question d’une « solution acceptable pour les deux parties » qu’il a fallu trouver. (*)
Certes, 50000 francs suisses ne pèsent pas lourd dans le budget de la Confédération. Certes, il ne pourrait s’agir ici que d’une situation exceptionnelle. Mais le problème n’est pas là. Il ressort avant tout une démonstration de faiblesse du Conseil Fédéral dans le domaine de la politique migratoire. En effet, cette décision fait figure de symbole important. Comment ce « geste humanitaire réalisé dans une situation exceptionnelle » va-t-il être perçu par ceux qui désireraient s’introduire par voie d’asile, ou même clandestinement, en Suisse ? Telle est la vraie question que tout politique devrait se poser lors de prise de décision en matière migratoire.
Or, peut-on encore considérer un gouvernement comme crédible lorsqu’il commence à négocier au sujet d’une situation initialement illégale, à savoir une situation irrégulière d’un ressortissant d’un pays étranger ? Même si il ne s’agit que du transport et des funérailles du clandestin, il apparaît que le Conseil Fédéral aurait eu une attitude plus ferme si il avait vraiment l’intention de régler ces problèmes d’immigration une bonne foi pour toute. Eveline Widmer Schlumpf déclarait par ailleurs qu’elle n’était pas opposée à ce que les clandestins se voient ouvrir des places d’apprentissage. Il faut rappeler aussi que leur nombre avoisine les 100’000 au sein de la Confédération. Dés lors, n’importe quelle personne désirant s’établir durablement en Suisse sait désormais qu’elle a plus de chances que les lois votées par le peuple à ce sujet ne le laisseraient croire.
Si le Conseil Fédéral commence à plier sur une telle affaire, on ne peut que se montrer sceptique quant à ses motivations pour remédier à une situation qui dans les pays voisins se montre déjà des plus catastrophiques. Ce n’est pas en se montrant aussi fébrile que l’on pourra endiguer ce fléau qu’est l’immigration clandestine, qui par ailleurs a été la vraie responsable de cette mort tragique, et aussi de beaucoup d’autres. Elle est surtout l’une des causes majeures de l’afflux massif dans toute l’Europe de populations extra-européennes avec les conséquences que nous lui connaissons. C’est ainsi qu’à travers cette affaire, c’est toute la question de l’attention portée par les élites politiques aux problèmes concrets de notre pays qui ressort. Cette fébrilité est à l’image de la capacité de notre gouvernement actuel à défendre nos intérêts. On peut alors se questionner sur sa réelle légitimité. D’autant plus qu’en ces temps de crise, il préfère dépenser l’argent du contribuable pour des clandestin alors qu’il prône au même temps de serrer la visse aux jeunes ayant de la peine à trouver des emplois.
Pablo
(*) Sources: romandie.com et tsr.ch






















