Le retour des naturalisations facilitées

Categorie(s) : Actualités, par JI Genève

A peine six ans après la claque que le peuple Suisse avait infligé à la classe politique en rejetant les naturalisations facilitées, les partis de l’establishment soutiennent un nouveau projet, légèrement maquillé. Ce retour, nous le devons à une initiative parlementaire déposée en novembre dernier par la Conseillère Nationale socialiste Ada Marra.

Consciente de la probabilités élevée d’une nouvelle défaite cuisante en votation, la coalition progressiste tente de rassurer la population. Il ne agirait aucunement du même projet, on  insiste donc lourdement pour le démontrer sur le millimètre de différence existant avec le texte refusé en 2004. En effet, la nouvelle version ne permet pas de naturalisation automatique puisque pour obtenir la nationalité il suffirait en faire la demande. Une différence de taille…

Il est également prévu une autre mesure destinée à faire passer plus facilement la pilule : pour qu’un étranger obtienne la nationalité il faut que  «leurs grands-parents et leurs parents entretiennent des liens étroits avec la Suisse».  En réalité, pas de quoi nous rassurer quand on sait à la manière dont nos politiciens actuels considèrent le patriotisme : supporter l’équipe nationale de football et manger une fois par année de la fondue.

Cette nouvelle farce a le mérite de nous confirmer la malhonnêteté de la classe dirigeante qui bien a vite oublié le tremblement de terre du 29 novembre. Moins de 3 mois après ce signal fort, le bon sens appellerait pourtant à aller vers un durcissement des critères de naturalisation. Malheureusement, il suffit de se pencher une minute sur leur argumentation visant à défendre le projet pour se conforter dans l’idée que le fossé entre le peuple et son «élite» n’est pas près d’être comblé. Car selon elle «la naturalisation facilitée va au contraire favoriser l’intégration des étrangers de la troisième génération dans la société helvétique. Elle va les inciter à mettre au service de la communauté leur potentiel créatif, économique ou culturel».

Cette déclaration est à mettre dans le contexte du mercredi 17 février, jour des deux ans de la déclaration d’indépendance de l’état fantoche du Kosovo. Une journée qui a vu déambuler à la sortie de nombreuses écoles genevoises des jeunes Albanais agitant de manière provocante des drapeaux de l’Albanie. Comme quoi, même pour un Albanais du Kosovo vivant en Suisse, les racines ne s’oublient pas. Grâce à la bénédiction de la bande des quarte, demain, les enfants de ces véritable chances pour la Suisse viendront “mettre au service de la communauté leur potentiel créatif, économique ou culturel”. Sauf si un referendum salvateur venait à calmer cette volonté d’ouverture de plus en plus forcenée d’une classe politique indigne de notre pays.

Benjamin

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