Les contre-démocrates, par Laurent Ozon
Categorie(s) : Actualités, Textes, par JI Genève
« Je suis scandalisé, […] c’est une réaction d’intolérance. »
Bernard Kouchner, lundi 30 novembre 2009, RTL
« C’est un vote de violence. »
Michel Rocard, lundi 30 novembre, Radio Classique
Le référendum helvétique sur les minarets a, une fois de plus, fait ressurgir une opposition de plus en plus franche entre les partisans de deux légitimités contradictoires. Les démocrates, dont nous sommes, considèrent que la démocratie est une source de légitimité, certes imparfaite, mais incontournable. Les contre-démocrates pensent que leur idéologie est source de légitimité politique et prime sur le choix exprimé par le peuple.
L’idéologie à la mode, celle qui prétend décréter le bien, le beau et le bon, c’est le « Oneworldisme », l’idéologie « Open », vecteur de la volonté de domination de la nouvelle classe mondiale. Le bras armé moral de cette idéologie, ce sont les droits de l’homme, un système de pensée qui prétend fonder la dignité humaine et ses modes d’expression sur la seule appartenance à une catégorie zoologique, « l’humanité », plutôt que sur l’histoire, la culture, les modalités d’expression de celle-ci. Cette idéologie s’attaque ainsi aux droits existants des hommes libres et enracinés, dont celui de choisir, en toute responsabilité et liberté, ce qui lui semble bon, pour lui et pour les siens. Bref, tout ce qui fait de l’être humain un sujet de droit concret.
Comme l’écrivait Alain de Benoist : « Un régime démocratique tient […] sa légitimité du consentement du peuple, celui-ci étant généralement exprimé par le vote. En dernière analyse, la démocratie est le régime qui consacre la souveraineté du peuple. A l’inverse, le discours des droits de l’homme se donne d’emblée comme certitude morale universelle, censée s’imposer partout du seul fait de son universalité. Sa valeur de vérité ne dépend donc pas d’une ratification démocratique. Mieux encore, il peut s’y opposer. »
Nous sommes donc bien à un tournant historique. La super-classe mondiale, la majorité des politiciens, médias et faiseurs d’opinions sont aujourd’hui tombés de toute évidence dans le camp de la contre-démocratie (1). Le peuple est dangereux, la démocratie est dangereuse ? Qu’à cela ne tienne, ils ont entrepris de changer le peuple en favorisant la colonisation de peuplement et ont entrepris de s’attaquer logiquement au dernier recours d’expression du peuple : la démocratie directe.
Nous voulons rendre au peuple la maîtrise de son destin et son droit légitime à avoir prise sur les institutions qui prétendent avoir prise sur lui et sa famille. Ce n’est que justice. Le moment est venu de défendre la tradition démocratique en Europe face aux menées liberticides des contre-démocrates.
Laurent Ozon, président de Maison commune
(1) La contre-démocratie. La politique à l’âge de la défiance, par Pierre Rosanvallon, Seuil, 2006.























Le 4 décembre 2009 à 11:11
Tout à fait d’accord avec vous. Cependant si je puis me permettre relisez le livre de Rosanvallon. Il n’est pas approprié à l’usage que vous en faites. En plus il se complète avec le second volet, “La légitimité…” L’auteur devient plus explicite quant à sa vision de la démocratie. C’est une idéologie civique qui s’appuie sur une pseudo expertise de l’histoire et la pensée politique moderne. Rosanvallon fait partie de cette classe qui se range d’elle même dans une “démocratie de compétence”, mondialisée. Celle-ci est de plus en plus ouvertement embarrassé par le système électorale. Le système électorale n’est jamais, dans l’esprit de Rosanvallon, que la résurgence païenne du territoire national ; opposé à la raison et de l’expertise émancipée. C’est-à-dire mondialisé. Il le le dit lui-même (Voir l’article dans Le Monde du 26 mai 2009). Relisez plutôt les cours de M. Foucault, Sécurité, territoire, population, notemment la leçon du 1er mars 1978. a partir de la page 202, Foucault décrit ce qu’il nomme la “contre-société”, et le phénoméne des “contre-conduites”. Rosanvallon a manifestement plagié l’idée à Michel Foucault. Relisez cette leçon vous verrez…
Le 6 décembre 2009 à 10:52
Je reproduis ici le texte pertinent d’un ami professeur de théologie neutre et assez apolitique. Son texte se base sur l’analyse, voire la psychanalyse du “phénomène religieux” façon “bagarre de clocher – oups pardon de minarets” qui secoue la république et le monde en ce moment. Pour ceux que cela intéresse…. Amicalement,
J’ai suivi vos reflexions et reactions concernant le vote suisse au sujet des “minarets” et si vous me le permettez je tente d’y ajouter aussi mon poivre-sel sur l’affaire. Avant tout, il ne faut pas oublier que le facteur “religion” (y compris l’atheisme) conditionne la vie et le comportement de milliards de personnes sur la planete. De ce fait ce n’est pas une affaire avec laquelle on peut jouer. Il ne faut pas essayer de raisonner sur les differentes formes de religion car cela depasse la raison. Il ne faut rechercher des criteres logiques, car il n’y a pas une logique commune en matiere de religion. L’enfant est conditionne des son jeune age en formant sa propre logique et sa propre sensibilite. Il y a une logique musulmane, juive, chretienne etc, sans que cela signifie que les gens entre eux sont plus intelligents ou meilleurs ou pires les uns par rapport aux autres.
Le seul terrain commun d’entente entre les humains c’est le respect et la tolerance mutuelle qui s’exprime par la liberte de conscience, tenant compte du principe que ma liberte s’arrete la ou commence la tienne.
Dans le cas qui nous interesse, une de plus grandes stupidites de la droite, c’etait de provoquer une reponse oui/non! Mais toutes les questions ne peuvent pas avoir une reponse oui/non! Si tu me demandes p.ex. “As-tu arrete de battre ta femme”? en repondant “non” cela signifie que je continue a la battre et en repondant “oui” cela signifie qu’au moins auparavant je la battais. En realite je n’ai jamais battu ma femme et je n’ai pas l’intention de le faire. Pourquoi donc je devrais repondre a ta question pernicieuse oui/non et tomber dans le piege que tu m’as tendu?
Avec l’Islam il faut faire attention aux points suivants. L’Islam est plus jeune du Christianisme de sept siecles. Encore il est reste, dans sa majorite, dans son besoin d’expansionisme et son attitude est caracterise encore par le “zele du converti”. Encore hier le colonnel Kadhafi faisait de la propagande pro-islamique en disant aux Chretiens a la television : “On vous a menti! Jesus-Christ n’a pas ete crucifie”! Seigneur! De quoi je me mêle?
Si moi, ou plutot un chef d’etat chrétien, se montrait a “Al zazira” et il disait : “On vous a menti! Mahomet n’est pas monte au ciel”! Vous vous imaginez le tole? Vous vous imaginez les sactions qui seraient prises par les etats arabes contre ce pays?
E si un chef d’etat musulman se permet d’etre agressif contre une autre religion, imaginez vous les pauvres felah integristes et sans culture!
L’Islam est encore dans sa crise “moyenâgeuse” et sa période de la “sainte Inquisition”! Il n’a pas encore acquis l’âge et la maturité pour un dialogue d’égal a égal, un dialogue de réciprocité. Oui pour des minarets a Lausanne mais aussi oui pour les eglises avec leurs clochers a la Mecque! Il est encore au stade de l’enfant gâté qui veut s’approprier de tout sans rien donner.
Vous vous souvenez du tabac qu’ils avaient fait pour la question des “carricatures de Mahomet”! Voudriez vous que je vous montre moi des carricatures blasphematoires du Christ ou de la Vierge Marie par les Islamistes?
En plus il y a quelque chose de plus important encore. Si je parle a un chef religieux chretien je pourrais exiger de lui de se limiter aux exigences de sa religion sans se meler de la politique. La philosophie et les bases du Christianisme me permettent d’exiger cela car les deux pouvoirs : spirituel et temporel sont separes (du moins theoriquement).
Ceci est impensable pour l’Islam. Selon la philosophie de leur système, religion et politique sont confondues. Mahomet etait un homme politique, les Califes assumaient simultanement les deux pouvoir religieux et politique, le schisme entre Sihites et Sunites est un schisme politique etc. Dire donc a un Muzzein qu’il devrait se limiter a faire “ses paters” dans sa mosquée sans s’occuper de la politique, il vous regarderait avec des yeux tout ronds d’etonnement. L’Islam est encore reste dans l’etat de la “Théocratie” comme autrefois les Juifs, les Byzantins etc.
Parlant donc de quatre cent mille musulmans en Suisse ne causent pas des problèmes, ce n’est pas une raison suffisante pour moi, pour ne pas etre prudent. Les pilotes qui se sont jetes contres les tours jumeles du 11 novembre, etaient des personnes tout a fait normaux, tres instruits et équilibrés, mais il arrive le moment ou le conditionnement religieux prend le dessus. Au moment donne je ne sais donc pas ces 400.000 de la Suisse comment ils seront manipulés et manoeuvrés religieusement et politiquement par ceux qui de loin tirent les ficelles. Les Turco-cypriotes avant s’entendaient a merveille avec les Grecs-Cypriotes. Ils avaient vecu des siecles ensemble, les musulmans mangeaient du porc et buvaient du vin en fêtant les fêtes chrétiennes avec les Grecs. Mais quand un autre état islamique a voulu se meler et semer la zizanie (et ceci depuis fort longtemps auparavant) les choses sont devenus tragiques (sans vouloir minimiser la responsabilite des Grecs).
A mon humble avis donc, cette initiative etait tout simplement inutile, idiote et stupide. La Suisse devrait continuer sur sa propre lancée de son histoire et de sa civilisation. Tout en assurant la liberté de conscience pour chacun de ses habitants, il faut carapacer la notion de l’état laique, sauvegarder ses propres us et coutumes et ses couleurs locales.
Une pagode est tres jolie. Mais du fait qu’elle soit belle, jolie et magnifique en Thailande, ce n’est pas une raison pour en construire une a Plain-Palais! Vous savez que les autorisations avaient ete donnees pour la construction de l’Eglise Russe, de la Synagogue ou le Temple Maconique (transforme en église par la suite), ces batiments ont ete construits hors la ville. C’est après que la ville prit de l’extension que ces bâtiments se sont trouvés dans l’aglomeration. Les choses sont évolué naturellement et en douceur. Aujourd’hui p.ex. vous voyez ou elle est construite l’eglise Arménienne? Demain l’eglise Arménienne se trouvera au milieu d’une agglomération, mais aujourd’hui ne constitue pas une agression.
Une législation donc intelligente actualisée qui conserverait la couleur locale de la Suisse serait un bon moyen tres efficace de limiter l’agressivité d’une civilisation étrangère, sans se montrer agressif ou intolerant.