Eric Werner – Ne vous approchez pas des fenêtres
Categorie(s) : Textes, par JI Genève
Auteur : Eric Werner
Titre de l’ouvrage : Ne vous approchez pas des fenêtres (Indiscrétions sur la nature réelle régime).
Date de parution, éditeur, nombre de pages : 2008, Xenia, 140 pages
Sujet : analyses cyniques, lucides et souvent assez drôles qui prennent pour prétexte des brèves ou des dialogues avec des personnages réels pour certains et inventés pour d’autres. L’ouvrage embrasse des thèmes aussi variés que la culture, le terrorisme, l’immigration, la religion ou l’hypocrisie ambiante.
Résumé :
Ce livre a pour fil rouge le double langage des protagonistes. Car, selon l’auteur, il a deux langages fort différents qu’il nous convient de distinguer. Celui qui est employé en société, composé de phrases toutes faites, passe-partout et politiquement correctes et l’autre plus libre, tenu principalement entre amis ou en famille.
Le fossé existant entre ce qui peut être dit en publique et ce qui doit reste dans la sphère privé s’élargit, avec le temps, de plus en plus. Le contrôle social, la peur du qu’en dira-t-on, les menaces planantes sur la sphère professionnelle ainsi que l’autocensure entrent directement en conflit avec les valeurs démocratiques du libre débat et de la liberté d’expression.
Dans ces nouvelles apparaissent plusieurs acteurs représentatifs tels que l’ethnologue, qui d’ailleurs préface l’ouvrage, ou le lecteur, le grand inquisiteur, l’auteur, le philosophe, l’étudiante, l’épouvantail, l’usurpateur, le sceptique et l’avocate. Que le lecteur s’amuse en devinant à quelle personnalité connue fait allusion l’auteur parmi cette galerie humaine.
Notre dictature « soft » ou démocratie-fiction (au choix) ne fait guère illusion aux yeux des gens. Tout ce que vous voyez, les autres aussi le voient très bien. Par contre ils ne tiennent par à ce que cela se sache. Carnaval hypocrite au milieu d’un climat de peur et d’une chape de plomb qui est pourtant bien réelle.
Citation(s) :
” On sait que la criminalité coûte cher, mais parallèlement aussi, ce qu’on oublie parfois, elle fait vivre beaucoup de monde. Les criminels eux-mêmes, bien sûr, mais pas seulement. Un grand nombre d’autres personnes encore. ” (page 133)
” L’islam n’est pas pour la censure, il veut simplement mettre hors-la-loi ceux qui le critiquent. C’est très différent. ” (page 37)
” On ne t’interdit pas exactement de sortir de chez toi, tu en as tout à fait le droit. Mais tu en prends seul la responsabilité. C’est à tes risques et périls. Pourquoi ne veulent-ils pas que je sorte de chez moi ? demanda le Collégien. C’est très simple, dit le Colonel. Moins tu bouges, mieux ils te contrôlent. Ils font donc en sorte que tu bouges le moins possible. ” (page 25)
” Quelle est la différence entre l’avant guerre civile et la guerre civile proprement dite, demanda le double ? La frontière n’est pas clairement délimitée, dit l’Auteur. Simplement, à un moment donné, on se rend compte qu’elle est franchie. ” (page 134)
Appréciation personnelle :
L’approche de l’auteur est assez originale. Aborder les grands problèmes de notre société par l’ironie, l’esprit et avec beaucoup d’humour fait toujours un bien fou. Faire comprendre certains enjeux avec ce style décapant et caustique est on ne peut plus efficace.
Une lecture agréable, mais un peu brève. C’est là un livre rafraîchissant au possible et un plaisir qu’il serait dommage de bouder.
Ivan






















